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Moyen-Orient

Conflit syrien : les prorégime avancent à Idleb malgré l'avertissement turc

Les populations syriennes fuient l'avancée des forces armées dans la province d'Idleb, le 29 janvier 2020.

Les forces du régime syrien, soutenues par l'allié russe, ont progressé mercredi dans la région d'Idleb face aux jihadistes et rebelles, à la faveur d'une offensive qui a exacerbé les tensions avec la Turquie, a rapporté une ONG.

Le pouvoir de Bachar al-Assad a lancé en décembre son opération dans la province d'Idleb et ses environs, dans le nord-ouest du pays en guerre. Ses forces, recourant aux bombardements aériens et à l'artillerie, ont repris des dizaines de localités, poussant à la fuite un demi-million de personnes selon l'ONU.

Ces dernières 24 heures et avec le soutien de l'aviation russe, elles se sont emparées de plus de 20 villages et localités dans le sud de la province d'Idleb, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les forces gouvernementales se trouvent désormais à moins d'un kilomètre de la localité stratégique de Saraqeb, vidée de ses habitants après des semaines de bombardements destructeurs, d'après l'OSDH.

Elles encerclent quasi-entièrement la ville et sont déployées sur trois axes, au sud, à l'est et à l'ouest, selon la même source.

L'agence officielle syrienne Sana a confirmé l'avancée des forces gouvernementales.

Mardi soir, un responsable militaire syrien cité par Sana a affirmé que l'armée accordait à ses adversaires une "dernière chance" dans le secteur de Saraqeb, les invitant à déposer les armes.

Plus de la moitié de la province d'Idleb et certaines zones des régions voisines d'Alep, Hama et Lattaquié, sont dominées par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda). Des groupes rebelles y sont également présents.

Les Nations unies et plusieurs ONG ont appelé à la fin des hostilités dans une région qui abrite trois millions de personnes, dont la moitié ont déjà été déplacées d'autres secteurs du pays.

Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays soutient certains rebelles et a déployé des troupes dans le nord-ouest syrien, a adressé un ultimatum au régime syrien pour qu'il se retire des abords des postes d'observation turcs dans la province d'Idleb.

Le front d'Idleb représente la dernière grande bataille stratégique pour le régime, qui contrôle désormais plus de 70% du territoire national, selon l'OSDH.

La Syrie est ravagée depuis 2011 par un conflit qui a fait plus de 380.000 morts.

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Avertissement de Trump à l'Iran: Téhéran n'agit "qu'en légitime défense", répond Zarif

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif en Allemagne, le 15 février 2020.

L'Iran n'agit qu'en "légitime défense", a rétorqué jeudi le ministre iranien des Affaires étrangères, au lendemain d'une mise en garde du président américain Donald Trump en cas de nouvelle attaque contre les troupes américaines en Irak.

"Contrairement aux Etats-Unis --qui mentent, trompent, et assassinent--, l'Iran agit uniquement dans le cadre de la légitime défense", a écrit Mohammad Javad Zarif sur Twitter.

Mercredi soir, M. Trump avait assuré que son pays ne voulait "pas d'hostilités" avec les Iraniens. "Mais s'ils nous sont hostiles, ils vont le regretter comme jamais auparavant", avait-il ajouté.

"Ne soyez pas, ENCORE UNE FOIS, trompés par les bellicistes habituels", a affirmé le ministre iranien jeudi, ajoutant que "l'Iran ne commence pas les guerres, mais il donne une leçon à ceux qui le font".

Le président américain avait tweeté mercredi que "selon nos informations (...), l'Iran et ses protégés préparent une attaque sournoise contre des troupes américaines et/ou des installations en Irak", prévenant que "si cela a lieu, l'Iran paiera un prix très élevé".

M. Zarif a encore dit jeudi sur Twitter que l'"Iran a des AMIS: personne ne peut avoir des MILLIONS de +protégés+".

En janvier, des missiles tirés d'Iran ont fait une centaine de blessés sur la base aérienne irakienne d'Aïn al-Assad, où sont toujours postés des centaines de militaires américains.

Les tirs iraniens étaient une riposte à l'assassinat par les Etats-Unis sur le sol irakien du puissant général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis début janvier.

L'Iran a mis en garde les Etats-Unis mercredi contre le risque d'entraîner le Moyen-Orient dans une "situation désastreuse" en pleine crise du nouveau coronavirus, après le déploiement par Washington de missiles Patriot sur le sol de l'Irak voisin.

L'Iran, qui compte officiellement plus de 3.000 décès dus au nouveau coronavirus, est l'un des pays les plus touchés par la pandémie.

Dans ce contexte de pandémie, le président iranien Hassan Rohani a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient raté une "opportunité historique" de lever leurs sanctions contre Téhéran.

L'économie iranienne pâtit fortement des sanctions rétablies par les Etats-Unis après leur retrait unilatéral en 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien. Ces sanctions peuvent frapper toute banque ou entreprise commerçant avec Téhéran, y compris non-américaine, dès lors qu'elle opère en dollars ou a des activités aux États-Unis.

Trump met en garde l'Iran contre toute attaque visant des soldats américains en Irak

Le président des Etats-Unis Donald Trump à Washington le 31 mars 2020.

Le président des Etats-Unis Donald Trump a mis mercredi en garde l'Iran contre toute attaque visant des soldats américains en Irak.

"Selon nos informations (...), l'Iran et ses protégés préparent une attaque sournoise contre des troupes américaines et/ou des installations en Irak", a tweeté M. Trump. "Si cela a lieu, l'Iran paiera un prix très élevé", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tôt, Téhéran avait mis en garde Washington contre le risque d'entraîner le Moyen-Orient dans une "situation désastreuse" en pleine crise du nouveau coronavirus, après le déploiement par les Etats-Unis de missiles Patriot sur le sol irakien.

Yémen: la coalition antirebelles frappe Sanaa en représailles à des tirs de missiles

Des rebelles Houthis montent à l'arrière d'un camion de patrouille de police après avoir participé à un rassemblement houthi à Sanaa, au Yémen, le 19 février 2020. (Reuters / Khaled Abdullah)

La coalition militaire dirigée par l'Arabie Saoudite qui intervient au Yémen en soutien aux forces gouvernementales a mené lundi de multiples frappes aériennes sur Sanaa, la capitale aux mains des rebelles Houthis qui ont revendiqué de récentes attaques de missiles sur Ryad.

L'opération visait à "détruire des cibles militaires légitimes", dont des capacités balistiques des Houthis "qui menacent la vie des civils", a déclaré la coalition dans un communiqué publié par l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

Des habitants de Sanaa ont dit à l'AFP avoir entendu de multiples explosions après le début de la salve de bombardements menés par les forces de la coalition.

La chaîne de télévision Al-Masirah, sous contrôle des rebelles, a fait état d'au moins 19 frappes aériennes sur un certain nombre de cibles à Sanaa, notamment des bases militaires et une école militaire.

Cette opération intervient près de deux jours après que les forces de défense aérienne saoudiennes ont intercepté des missiles balistiques lancés samedi par les Houthis dans le ciel de Ryad et de Jazan, ville du sud-ouest de l'Arabie saoudite, proche du Yémen.

Ces attaques, qui ont légèrement blessé deux civils à Ryad, se sont produites alors que la capitale saoudienne est soumise à un couvre-feu partiel destiné à contenir la propagation du nouveau coronavirus. L'Arabie saoudite a enregistré officiellement 1.453 morts et huit décès dus à la maladie Covid-19.

L'escalade entre les belligérants intervient alors qu'ils avaient salué plus tôt l'appel de l'ONU à un "cessez-le-feu immédiat et mondial" pour faire face à la pandémie.

Le Yémen n'a enregistré aucun cas d'infection mais les ONG redoutent une catastrophe si la pandémie arrivait dans ce pays déjà soumis à la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

La coalition menée par Ryad intervient au Yémen depuis 2015 pour appuyer le gouvernement reconnu par la communauté internationale contre les rebelles Houthis qui, soutenus par l'Iran, se sont emparé de plusieurs parties du territoire dont la capitale Sanaa.

La guerre a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, d'après diverses ONG, et environ 24 millions de Yéménites, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'aide humanitaire, selon les Nations unies.

Menacé de famine, le pays est également régulièrement frappé par des épidémies comme la dengue ou le choléra en raison d'un système de santé aux abois et d'une pénurie d'eau potable.

En Irak, pas de sépulture pour les morts du coronavirus

Un cercueil est chargé sur un véhicule avant un enterrement, à Bassora, en Irak le 26 septembre 2018. (AP Photo/Nabil al-Jurani)

Le coronavirus a emporté son père et la peur de la contagion prive désormais Saad Malak d'une sépulture: en Irak, où la mort violente rôde pourtant depuis des décennies, les corps des victimes de la pandémie attendent dans des morgues, faute de terrain pour les enterrer.

Parce qu'ils se sont heurtés au refus des gestionnaires de cimetières et des habitants des alentours, Saad et son cousin Salem al-Chemmari ont dû se résigner à laisser le corps du vieil homme dans l'un des hôpitaux de Bagdad, dont les nombreuses morgues n'ont cessé d'accueillir des corps au fil des conflits sanglants du pays.

"Notre pays est si grand. Est-ce qu'il n'y a vraiment pas quelques mètres carrés vides pour enterrer ces corps?", lâche, en larmes, Saad Malak à l'AFP. "Cela fait une semaine que mon père est mort et nous n'avons toujours pas pu organiser ses funérailles ou l'enterrer".

Face à un virus qui a déjà tué 42 personnes et contaminé plus de 500 personnes --selon les chiffres officiels, sûrement bien en-dessous de la réalité en Irak pays de 40 millions d'habitants--, seuls quelques milliers ont été testés. Et la méfiance règne.

- Refus des tribus -

Dans un pays au système de santé indigent, les tribus, dont les coutumes font loi, refusent catégoriquement d'offrir des parcelles de terrain à ces morts infectés.

Il y a quelques jours, l'un de ces clans a forcé une délégation du ministère de la Santé qui tentait d'enterrer quatre victimes de la maladie Covid-19 dans une zone du nord-est de Bagdad, à faire demi-tour.

Les employés du ministère ont ensuite tenté leur chance ailleurs, au sud-est de la capitale. Là, des dizaines d'habitants en colère les ont aussi forcés à rebrousser chemin.

Le petit convoi n'a alors pas eu d'autre choix que de redéposer les quatre corps dans des tiroirs frigorifiés de la morgue d'où ils avaient été sortis.

M. Chemmari, lui aussi, a sorti le corps du père de Saad d'une morgue une fois. Escortés par la police, les deux hommes voulaient l'enterrer.

"Des hommes armés se présentant comme appartenant à une tribu nous ont menacés: +on brûle votre voiture si vous l'enterrez ici+", rapporte-t-il à l'AFP. "La présence de la police n'y a rien fait".

Car les habitants des environs ont peur. L'un d'eux, qui préfère ne pas donner son nom, affirme à l'AFP craindre "pour les enfants et les familles". "C'est pour ça que nous refusons les enterrements près de chez nous", dit-il.

- Enterrés à la maison -

Le ministre de la Santé, Jaafar Allaoui, a personnellement assuré qu'il n'y avait pas de risque de contagion par les corps mis en terre, mais en a appelé aux plus hautes autorités religieuses chiites pour qu'elles interviennent.

Le grand ayatollah Ali Sistani a prononcé un édit: chaque mort du coronavirus devra être enveloppé de trois linceuls et les autorités doivent faciliter les enterrements.

Mais aux portes des provinces de Najaf et Kerbala, les deux grandes villes saintes du sud de l'Irak, le ministère de la Santé ne peut imposer sa volonté aux autorités locales, assure un médecin.

Sous le couvert de l'anonymat, il affirme à l'AFP qu'au moins un corps en route pour être enterré à Najaf a été arrêté à l'entrée de la province, et des familles rapportent la même histoire à l'entrée de Kerbala.

Un comble dans un pays qui abrite l'un des plus grands cimetières du monde, Wadi Salam, à Najaf.

Faute de terrain, "un mari m'a dit +je vais enterrer ma femme chez nous+", rapporte le médecin à l'AFP.

"Et pour le moment, nous n'avons qu'une quarantaine de morts, mais que ferons-nous quand il y en aura beaucoup plus?", s'alarme-t-il.

Car l'inquiétude est grande que l'épidémie enfle en Irak --voisin de l'Iran où le virus a déjà fait plus de 2.500 morts-- en pénurie chronique de médicaments, de médecins et d'hôpitaux.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le pays compte 14 lits d'hôpital pour 10.000 habitants --contre 60 en France par exemple.

- Moyens dérisoires -

Et l'Irak, deuxième producteur de l'Opep, ne consacre que 1,8% de son budget à la santé. Pire, le ministre de la Santé a récemment accusé le Premier ministre démissionnaire de lui avoir refusé cinq millions de dollars.

Frappées de plein fouet par la chute des cours du pétrole, les autorités n'ont cessé de lancer des appels à contribution au secteur privé --quasi-inexistant en Irak-- et aux banques.

Mais en plus des hôpitaux détruits par la guerre, l'Irak doit aussi affronter la pandémie avec moins de médecins par habitants que la Libye, en plein chaos, car ils ont fui le pays par centaines face aux enlèvements et autres violences.

Redoutant des hôpitaux infectés ou incapables de faire face, des Irakiens tentent, avec les moyens du bord, de trouver des solutions.

Mortada al-Zoubeidi, ingénieur médical du sud de l'Irak, a par exemple construit une capsule transparente avec lit médicalisé, bouteille d'oxygène, climatiseur et même téléviseur, pour confiner les malades.

Les autorités, elles, ont décrété le couvre-feu total jusqu'au 11 avril et interdit les rassemblements, même pour les funérailles.

M. Chemmari, lui, attend toujours.

"Maintenant, la mort ne nous fait plus rien. Nous n'avons plus qu'un rêve: enterrer nos morts".

Fin d'une mutinerie dans une prison syrienne avec des détenus de l'Etat islamique

Une prison à Hasakeh dans le nord de la Syrie le 26 octobre 2019.

Les forces kurdes en Syrie ont mis fin lundi à une mutinerie de détenus accusés d'appartenance au groupe Etat islamique (EI), ayant eu lieu la veille dans une prison du nord-est du pays, ont-elles annoncé dans un communiqué.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé le retour au calme dans cette prison, précisant que les quatre détenus qu'il avait donnés pour fugitifs dimanche soir ont finalement été retrouvés dans l'établissement.

Les tensions ont éclaté dimanche dans la prison de Ghouiran, dans la ville de Hassaké (nord-est syrien), où sont détenus près de 5.000 prisonniers "de différentes nationalités" et soupçonnés d'affiliation à l'EI, selon l'OSDH.

"La situation dans la prison est totalement sous contrôle", ont indiqué lundi dans un communiqué les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition dominée par les combattants kurdes.

Le communiqué assure que des "terroristes de l'EI détenus" avaient réussi à arracher les portes de leurs cellules et à "prendre le contrôle du rez-de-chaussée de la prison".

Des forces anti-terrorisme rattachées aux FDS "sont directement intervenues, ont mis fin à la mutinerie et ont sécurisé le centre" de détention, selon le texte.

"Aucune évasion de détenus n'a eu lieu", assure le communiqué, alors que la veille, un porte-parole des FDS et un responsable anonyme avaient évoqué des fugitifs, sans donner leur nombre.

Un an après avoir proclamé le 23 mars 2019 l'éradication du "califat" de l'EI en Syrie, les forces kurdes détiennent toujours quelque 12.000 jihadistes dans plusieurs prisons du nord-est syrien, selon leurs statistiques.

Parmi eux, se trouvent des Syriens, des Irakiens mais aussi 2.500 à 3.000 étrangers originaires d'une cinquantaine de pays.

Si les Kurdes réclamaient au départ le renvoi vers leur pays d'origine des combattants étrangers, ils se sont résignés à l'idée de devoir les juger en Syrie, en raison des tergiversations des Occidentaux qui rechignent à rapatrier leurs ressortissants.

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