Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Moyen-Orient

Vingt et un civils dont dix enfants tués dans des bombardements sur Idleb en Syrie

Tirs israéliens sur Damas en Syrie le 20 novembre 2019.

Au moins 21 civils dont dix enfants ont été tués mercredi en Syrie dans un bombardement du régime de Bachar al-Assad et des raids aériens de son allié russe sur la province d'Idleb (nord-ouest), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Quinze civils, dont six enfants, ont été tués et une quarantaine blessés par un missile sol-sol tiré par les forces du régime et qui a touché un camp de déplacés informel près du village de Qah, dans le nord de la province d'Idleb, à proximité de la frontière avec la Turquie, selon l'OSDH.

Un correspondant de l'AFP a pu voir des secouristes éteindre des incendies, provoqués par le bombardement sur les tentes en plein coeur du camp.

Par ailleurs, les "avions militaires russes" ont visé la ville de Maaret al-Noomane, dans le sud d'Idleb, selon l'OSDH, qui a fait état de "six civils tués dont quatre enfants". Il y a des blessés qui se trouvent pour certains "dans un état critique" et le bilan pourrait être revu à la hausse, d'après le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane.

Un photographe collaborant avec l'AFP a pu voir un secouriste sortir des décombres le corps sans vie et blanc de poussière d'une fillette, déposée dans une ambulance.

La région d'Idleb est dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

Elle échappe toujours dans sa vaste majorité au régime syrien, tout comme des secteurs adjacents des provinces d'Alep, de Hama et de Lattaquié.

Ces zones abritent aussi plusieurs autres groupuscules jihadistes ainsi que des rebelles affaiblis.

L'OSDH, qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, détermine les auteurs des raids à partir du type d'avion utilisé, du lieu de la frappe, des plans de vol et des munitions utilisées.

Entre fin avril et fin août, Idleb et ses environs ont été pilonnés sans interruption par l'armée syrienne, appuyée par l'aviation russe. Près d'un millier de civils ont péri durant cette période, selon l'OSDH, tandis que plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU.

Une trêve a été annoncée fin août par Moscou, mais l'OSDH fait depuis état de bombardements sporadiques, qui ont tué des dizaines de civils.

Le 22 octobre, Bachar al-Assad a effectué sa première visite dans la province depuis le début de la guerre en 2011, affirmant que la bataille d'Idleb était la clé pour y mettre fin.

Le conflit syrien a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.

Toutes les actualités

Afghanistan: Trump annonce de nouvelles négociations

Afghanistan: Trump annonce de nouvelles négociations
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:02 0:00

Troubles en Iran : des vidéos émergent sur le Net, révélant l'ampleur de la répression

Manifestation à Téhéran en Iran le 16 novembre 2019.

Des vidéos de manifestants en sang et de tireurs perchés sur des toits ont émergé avec le retour progressif d'internet en Iran, coupé pendant des troubles qui ont entraîné l'une des répressions les plus brutales de la République islamique, selon des analystes.

Déclenchées le 15 novembre par l'annonce d'une hausse du prix de l'essence, les manifestations, violentes par endroits, se sont rapidement étendues à plusieurs dizaines de localités.

Mais l'accès des protestataires au monde extérieur via internet a été tout aussi rapidement coupé par les autorités, selon NetBlocks, qui surveille la liberté d'accès à internet et a fait part d'une interruption quasi-totale durant au moins une semaine.

Pendant ce blackout, la répression a été "plus brutale" que lors de précédents mouvements de contestation en Iran, affirme à l'AFP Kamran Matin, chercheur en relations internationales à l'université du Sussex (Grande-Bretagne).

"Toutes les vidéos que j'ai vues avant la coupure d'internet montrent que l'intervalle entre le début des rassemblements et les +tirs pour tuer+ était très court".

Fin novembre, le guide suprême Ali Khamenei a affirmé que son pays avait mis en échec "un complot dangereux" orchestré principalement par les Etats-Unis et Israël, ennemis jurés de Téhéran.

Mais, dans le sillage du retour progressif d'internet, des vidéos provenant de la centaine de sites théâtres de manifestations ont commencé à circuler, donnant une autre version des faits.

- Images tremblantes -

Sur ces images tremblantes, l'on peut voir des forces de sécurité tirant à bout portant sur des manifestants désarmés ou les frappant à coups de bâtons, tandis que des corps ensanglantés jonchent le sol.

Des cris d'effroi et des slogans retentissent contre l'appareil sécuritaire et la classe dirigeante, dénonçant l'inflation et le fort taux de chômage.

Dans une vidéo filmée à Téhéran, dont Amnesty International a garanti l'authenticité, des membres des forces de sécurité surgissent de l'arrière d'un bâtiment et tirent sur des manifestants.

Une autre montre plusieurs hommes armés vêtus d'un uniforme noir tirant sur des gens du toit d'un bâtiment gouvernemental à Javanroud, dans la province de Kermanshah (ouest).

Pendant les manifestations, stations-service, commissariats, centre commerciaux, mosquées et bâtiments publics ont été incendiés ou attaqués, selon les médias locaux.

Au moins "208 personnes" ont été tuées dans la répression, a affirmé lundi Amnesty, selon qui le "bilan réel" est même "vraisemblablement supérieur".

L'Iran a qualifié de "mensonges absolus" ces bilans fournis par des "groupes hostiles". Les autorités iraniennes n'ont confirmé la mort que de cinq personnes --quatre membres des forces de l'ordre tués par des "émeutiers" et un civil--, et annoncé environ 500 arrestations dont 180 "meneurs".

A l'inverse, le président américain Donald Trump, qui a fait de l'Iran une de ses bêtes noires, a évoqué mardi "peut-être des milliers et des milliers" de morts.

Dans ce contexte, reconstituer les faits par le visionnage des vidéos, même avec une vérification scrupuleuse, reste un défi.

Car selon Nick Waters, du site d'investigation Bellingcat, des images d'anciennes manifestations pourraient circuler parmi celles des troubles de novembre.

"Actuellement, il y a beaucoup de contenu diffusé en même temps, ce qui rend la vérification difficile", et il "manque des informations sur le contexte".

"On ne voit pas l'image d'ensemble", dit pour sa part l'auteure canado-iranienne Nazila Fathi. "On ne voit que ce qui est devant l'objectif de la caméra, donc c'est difficile de dénombrer. Combien de gens sont présents? Comment ont-ils été incités à participer? (...) Il y a beaucoup d'hypothèses".

- Peur de représailles -

Selon Amnesty, les familles de victimes ont été "averties de ne pas parler aux médias".

Certaines ont néanmoins pris le risque, à l'instar de celle de Pooya Bakhtiari, l'une des personnes dont la mort a été confirmée par des organisations de défense des droits humains.

Dans la vidéo filmée d'une morgue envoyée par cette famille à la militante Masih Alinejad basée aux Etats-Unis, on peut voir le corps sans vie de Pooya Bakhtiari, le visage apparemment atteint par balles.

Beaucoup d'Iraniens craignent de publier directement des vidéos et préfèrent les envoyer à des journalistes et militants à l'étranger, relève le chercheur spécialisé sur les droits numériques en Iran, Kaveh Azarhoosh.

Mais, pour beaucoup, la peur des représailles pousse au silence.

Selon le Comité pour la protection des journalistes basé à New York, le journaliste Mohammad Mosaed a été arrêté le 22 novembre en Iran après avoir contourné la coupure du réseau pour écrire sur Twitter: "Bonjour monde libre! (...). Des millions d'Iraniens sont privés d'internet. Vous nous entendez?"

D'après M. Azarhoosh, "les autorités ont compris que, pour contrôler les comportements en ligne, le contrôle du réseau ne suffit pas, il faut aussi instaurer un facteur peur dans la vie réelle".

15 civils tués dans des frappes aériennes sur Idleb en Syrie

15 civils tués dans des frappes aériennes sur Idleb en Syrie
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:00 0:00

Retour à Bethléem d'un fragment du berceau de Jésus

Retour à Bethléem d'un fragment du berceau de Jésus
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:00 0:00

Syrie: près de 100 combattants tués dans des combats à Idleb

En dépit de la trêve annoncée le 31 août, les combats au sol, d'abord sporadiques, se sont intensifiés ces dernières semaines en Syrie.

Les forces du régime syrien sont engagées lundi dans de violents affrontements avec des groupes rebelles et jihadistes dans la province d'Idleb, où le bilan de ces combats ces deux derniers jours est monté à 96, selon une ONG.

Les affrontements qui secouent cette province du nord-ouest de la Syrie dominée par les jihadistes sont les plus meurtriers depuis un fragile cessez-le-feu entré en vigueur fin août, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les combats font rage lundi à l'aube sur plusieurs axes au sud-est d'Idleb", a précisé l'Observatoire.

Ces dernières 48 heures, 51 membres des forces du régime et 45 combattants dans le camp adverse ont été tués, selon l'OSDH.

La province d'Idleb est dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. Cette région, et des secteurs adjacents des provinces d'Alep, Hama et Lattaquié, échappe toujours dans sa vaste majorité au régime.

Ces zones abritent aussi plusieurs autres groupuscules jihadistes et des rebelles affaiblis.

Entre fin avril et fin août, la région avait été pilonnée par l'armée syrienne, appuyée par l'aviation russe. Près d'un millier de civils ont péri durant cette période, selon l'Observatoire, et plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU.

En dépit de la trêve annoncée le 31 août, les combats au sol, d'abord sporadiques, se sont intensifiés ces dernières semaines. En outre, plus de 160 civils, dont 45 enfants, sont morts dans les bombardements depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon l'OSDH.

En octobre, le président syrien Bachar al-Assad a effectué sa première visite dans la province depuis le début de la guerre en 2011, affirmant que la bataille d'Idleb était la clé pour y mettre fin.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie par le régime de Damas, a fait a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés.

Avec AFP

Voir plus

XS
SM
MD
LG