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Retour volontaire d'ex-jihadistes de Boko Haram

Les maisons incendiées à Moskata lors d'une incursion de Boko Haram, dans l'extrême nord du Cameroun, le 17 août 2017. (Photo : Journal l'Oeil du Sahel)

Près de 200 anciens membres camerounais du groupe jihadiste nigérian Boko Haram sont volontairement rentrés dans leur pays depuis le Nigeria, ont annoncé les autorités jeudi.

Originaires du département du Mayo Sava, dans la région de l’Extrême-Nord, 187 ex-jihadistes sont pour la plupart rentrés à pied du Nigeria voisin et se sont rendus aux autorités des villes de Kolofata et Mémé.

Mercredi, ils ont été amenés à la base de la Force mixte multinationale (FMM) mise en place par le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger pour lutter contre Boko Haram, né au Nigeria, mais qui opère régulièrement dans ses pays frontaliers.

"Ils ne courent aucun danger, aucun risque, au contraire, tout sera mis en œuvre pour les resocialiser, leur inculquer l’esprit du patriotisme, du civisme", a déclaré le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari.

Un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des anciens jihadistes de Boko Haram a été mis en place pour leur permettre de reprendre une vie normale.

Un millier de ces ex-jihadistes sont rentrés au Cameroun depuis un appel en ce sens lancé il y a un an par le président Paul Biya, selon des sources militaires.

La semaine dernière, environ 200 d'entre eux, parmi lesquels des enfants de moins de 15 ans, avaient déjà été amenés au camp de la FMM de Mora.

Après des enquêtes pour tenter de s'assurer qu'ils ont définitivement rompu les liens avec Boko Haram, ces ex-jihadistes seront transférés dans la localité de Mowouré, dans l’Extrême-Nord, où un terrain de 13 hectares leur a été alloué.

Des habitants de Mora n'ont pas caché leur inquiétude, "car certains ex-combattants regagnent directement leurs familles et commettent des exactions ou des vols avant de (se) fondre dans la nature", s’est offusqué l'un d'eux, Ousmane Djouba.

L'Extrême-Nord est régulièrement la cible d'attaques de Boko Haram depuis plusieurs années. Si la fréquence des attaques jihadistes du côté camerounais a baissé ces derniers mois, elles restent nombreuses dans le nord-est nigérian.

Fin janvier, trois civils ont été tués lors de l'attaque d'une localité de l'Extrême-Nord, Manguirlda, imputée à des jihadistes de Boko Haram qui voulaient enlever des prêtres occidentaux.

Depuis son apparition il y a neuf ans, Boko Haram, actif dans les pays frontaliers du lac Tchad (Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad), a provoqué la mort d'au moins 20.000 personnes.

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Gestion forestière : opportunité pour les communautés rurales camerounaises

La ville de Bertoua, chef lieu de la principale région forestière du Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au Cameroun, un consortium d’ONG vient de mettre un document sur les procédures à la disposition des communautés rurales pour l'obtention de gestion des ressources fauniques, forestières de leurs localités respectives pendant au moins 25 ans.

Le document intitulé "Le plan de gestion simplifié" explique comment les communautés rurales doivent s’organiser sur le plan technique et financier pour avoir accès à la gestion de leur patrimoine.

Les communautés rurales reçoivent les procédures de gestion forestière
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Victorien Mba travaille depuis une quinzaine d’années auprès des communautés villageoises des localités de Lolodorf, Campo et Bipindi, situées dans la région du Sud.

Dans ces zones d’intervention, les communautés ont des difficultés à aménager et gérer leurs ressources forestières.

Victorien Mba, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Victorien Mba, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Victorien Mba, responsable de l’ONG "Appui pour la protection de l’environnement et le développement", explique que "si vous demandez à un sociologue de venir faire une étude socio-économique, pour un village qui a 9 km, il vous dira que cela va prendre tels nombre de mois. Et au cas où le montant de ses honoraires s’élève à 10 millions de francs CFA, du coup la communauté ne pourra pas payée".

Mais avec "Le plan simple de gestion", élaboré sous la coordination du centre pour l’environnement et le développement, le CED et les coûts financiers des études sont amoindris.

Victor Amougou, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Victor Amougou, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Une plus value qu’apprécie Victor Amougou, coordonnateur du Centre pour l’éducation, la formation, et l’appui de développement (CEFAID), une ONG basée à Yokadouma, dans la région de l’Est, la principale région forestière du Cameroun.

"La forêt communautaire bénéficie au départ des appuis multiformes des partenaires de la communauté. Une fois en exploitation, les partenaires s’en vont, mais les responsables de ces communautés et les membres font face aux difficultés techniques et financières pour pouvoir réviser ce plan simple de gestion".

C’est ainsi que certaines communautés villageoises du Cameroun ont abandonné des projets d’exploitation ou de gestion forestière dans la plupart des forêts communautaires.

Et pourtant, ces communautés pouvaient en assurer la gestion pendant 25 ans, selon la loi forestière camerounaise. Mais ce qui leur a fait défaut, c'est l’absence d’un plan simple de gestion.

"Ce document est élaboré sur des études portant sur les inventaires de la faune, de la flore et puis des produits forestiers non-ligneux dans un village et des enquêtes socio-économiques, assorti d’un plan de développement, avec un ensemble de cartes. Et ce plan simple de gestion est un document qu’on révise tous les cinq ans", précise Victor Amougou​.

Cette nouvelle aubaine pour les communautés rurales devrait aussi prendre en compte l’approche genre. Elisabeth Gelas, du Centre régional d’appui et de développement des initiatives femmes, basé à Yaoundé, souligne que "en matière de gestion des revenus les femmes ont un certain nombre d’activités à mener dans ce sens. Qu’on mette les femmes, qu’on mette les jeunes aussi pour que le plan simple de gestion puisse avoir son sens. Car les femmes ne sont pas assez outillées quand ce genre de projet arrive, les hommes sont au-devant de la scène".

Les pays du bassin du Congo dont fait partie le Cameroun, sont à la croisée de chemin dans la gestion de leurs terres et forêts. Un défi qui les interpelle à renforcer les capacités des communautés villageoises à gérer leur patrimoine.

Les artistes transforment les mauvaises herbes de la jacinthe d'eau en œuvres

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Les communautés rurales reçoivent les procédures de gestion forestière

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Des mannequins handicapés défilent au Cameroun

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Onze personnes ont été tuées par les djihadistes nigérians

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