Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Nigeria

30.000 personnes fuient Rann, occupée par Boko Haram

Des déplacés marchent dans le camp bombardé par erreur par l'armée nigérian, à Rann, Nigeria, le 17 janvier 2017.

Quelque 30.000 personnes ont fui Rann, dans le nord-est du Nigeria, pour échapper aux jihadistes du groupe Boko Haram qui ont pris le contrôle de la ville, a-t-on appris de sources concordantes mardi.

"Toute la population semble paniquée et a pris la fuite pour tenter d'échapper à la mort" en l'espace de 48 heures, a déclaré le porte-parole du HCR, Babar Baloch, au cours d'un point de presse à Genève.

La ville de Rann est située à la frontière avec le Cameroun, qui lutte également contre le groupe jihadiste dans l'extrême nord de son territoire.

La panique a été déclenchée par le retrait dimanche des troupes camerounaises qui y avaient été déployées après l'attaque du 14 janvier, qui avait fait 14 morts dans cette ville accueillant plus de 35.000 déplacés.

Lundi, les insurgés sont entrés dans Rann sans rencontrer de résistance, les soldats nigérians ayant décidé de se retirer à leur tour, anticipant une attaque de Boko Haram, selon plusieurs sources civiles.

"Les terroristes sont de retour à Rann. Ils sont arrivés hier", après le départ des soldats camerounais, a déclaré à l'AFP un milicien engagé aux côtés de l'armée contre Boko Haram.

"Nos troupes au sol sont également parties parce que leur nombre était très réduit (...). Ils ont rejoint la base militaire de Ngala, à 40 km", a-t-il ajouté sous couvert d'anonymat. "Les terroristes ont incendié la plupart des maisons en ville et ont pris des positions stratégiques".

Selon Walid Abdallahi, un civil ayant fui vers le Cameroun voisin, "il n'y a plus un seul habitant à Rann. La ville est actuellement sous le contrôle de Boko Haram qui est arrivé hier et a incendié les abris de fortune" des déplacés.

"Nous avons tous quitté la ville dès que les soldats camerounais sont partis car nous savions que nous étions vulnérables face à (une attaque) de Boko Haram", a-t-il dit, confirmant l'information selon laquelle les soldats nigérians avaient emboîté le pas aux Camerounais et laissé la ville sans défense.

- Besoin d'argent -

Plusieurs sources humanitaires ont également confirmé à l'AFP l'occupation de la ville par les insurgés.

"Les combattants tiendraient deux postes, l'un dans la ville et l'autre à la frontière (camerounaise), ils abattent tout homme qui essaie de traverser la frontière. Ils molestent les femmes et les libèrent ensuite", a raconté l'une de ces sources sous couvert d'anonymat.

Boko Haram attaque régulièrement les bases militaires dans l'Etat du Borno (nord-est) depuis six mois, faisant des dizaines voire des centaines de morts dans les rangs d'une armée qui semble épuisée et sous-équipée face aux assaillants.

L'insurrection jihadiste, qui a débuté dans le nord-est du Nigeria en 2009, a fait plus de 27.000 morts et provoqué une grave crise humanitaire.

A trois semaines du scrutin présidentiel au Nigeria, le bilan sécuritaire du président Muhammadu Buhari est très critiqué malgré les affirmations répétées selon lesquelles le groupe jihadiste est presque vaincu.

L'escalade des violences soulève en outre des questions sur la manière dont des élections peuvent être organisées dans ces zones touchées par les combats où plus d'1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers.

L'occupation de Rann par Boko Haram intervient alors que l'ONU a lancé mardi à Abuja un appel à financement de 848 millions de dollars (741 millions d'euros) pour des projets humanitaires dans le Borno et deux autres Etats du nord-est sur trois ans.

Un montant supplémentaire de 135 millions de dollars est nécessaire pour aider les 228.500 Nigérians réfugiés au Cameroun, au Tchad et au Niger voisins, selon l'ONU.

Quelque 260 travailleurs humanitaires ont été obligés de quitter trois collectivités locales dans le Borno à cause des combats entre les insurgés et l'armée.

Des milliers de déplacés ont dû fuir à plusieurs reprises les lieux où ils s'étaient réfugiés à la suite d'attaques et ne peuvent toujours pas rentrer chez eux. En moyenne, 4.500 personnes ont été déplacées chaque semaine au cours de l'année 2018, estiment les Nations unies.

"Les déplacements nouveaux et prolongés provoqués par le conflit continuent de perturber l'accès aux services de base et les moyens de subsistance de millions de personnes", a relevé mardi le coordinateur humanitaire des Nations unies au Nigeria, Edward Kallon.

Avec AFP

Toutes les actualités

Des maisons de l'horeur provoquent l'indignation

Des maisons de l'horeur provoquent l'indignation
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:36 0:00

La découverte des maisons de torture au Nigeria

Ustaz Hussain Zakariyya, imam d'une mosquée d'Abuja, Nigeria, le 18 octobre 2019. (VOA/Gilbert Tamba)

Au Nigeria, les récentes découvertes de maisons de torture ont provoqué une indignation du président et promet des sanctions contre les écoles islamiques qui se sont transformées en centre de torture et d’abus des droits humains.

Pour une deuxième fois en un mois, la police a effectué des descentes dans des bâtiments où des centaines de garçons étaient détenus dans des conditions déplorables dans les Etats de Kaduna et Katsina dans le nord-est.

Les fondateurs de ces centres prétendaient tous enseigner le Coran et l'islam. Les activistes et les responsables religieux au Nigeria ont découvert avec effroi des images de torture dans les vidéos publiées sur les réseaux sociaux et dans les medias.

C’est le cas d’Hussein Zakaria premier Imam d’une mosquée qui ne cache pas sa déception.

"Je suis terriblement touché et attristé par ce que j’ai vu, les vidéos que j’ai regardé et des informations publiées sur ce qui s’est passé au Nigeria et particulièrement dans le nord et dans les Etats islamiques. L’islam est réellement contre la torture", explique-t-il.



Les victimes étaient de nationalités différentes, amenées par leurs parents pour apprendre le coran.

Mais pour l’activiste Auwal Ibrahim Musa Rafsanjani, le problème n’est pas la nationalité des victimes, il exige que le Nigeria dispose des lois et des pénalités pour les auteurs de tels crimes, il faut donc appliquer ces provisions de la loi du pays.

"Nous avons beaucoup de lois et des dispositions qui interdisent les traitements inhumains et particulièrement la torture. Donc tout ce que nous avons à faire est d’appliquer ces lois qui punissent les auteurs de crimes pareils. Et tout ceux qui seront coupables doivent faire face à la loi, dans le cas contraire beaucoup Nigérians seront victimes de crimes similaires", explique Auwal Ibrahim Musa Rafsanjani.

Près de 300 personnes avaient été retenues captives dans une école à Daura dans l’Etat de Katsina, ville natale du président Nigérian Muhammadu Buhari.

Le gouvernement affirme qu’il ne permettra pas l’existence des centres où des hommes et des femmes sont maltraités au nom de la religion.

À en croire le porte parole du président Garba Shehu une proposition de loi serait déjà au parlement fédéral sur la question.

"Je pense que quelque chose est déjà en cours à l'Assemblée nationale au moment même où je vous parle. Le président s’est exprimé sur ces problèmes, il y a juste quelques jours. Le président soutient entièrement la révision de nos lois. Toutes les lois du pays qui été adoptées pour lutter contre les violations des droits des enfants, des femmes et des Nigérians. Le président va apporter son soutien et ratifiera de telles législations pour qu’elles deviennent des lois du pays".

Le président Buhari a ordonné à la police d’identifier et de démanteler tous les centres où les droits humains sont bafoués dans tous Etats du pays.

La photographie à l’honneur à Abuja

La photographie à l’honneur à Abuja
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:04 0:00

Muhammadu Buhari veut sévir contre les abus des écoles coraniques

Muhammadu Buhari veut sévir contre les abus des écoles coraniques
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:57 0:00

Igbo-Ora, la capitale mondiale des jumeaux

Igbo-Ora, la capitale mondiale des jumeaux
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:42 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG