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Nigeria

Quatre villageois tués par Boko Haram, des milliers fuient

Des maisons de boue ont été incendiées par des combattants islamistes de Boko Haram dans le village de Maiborti, à la périphérie de Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria, le 17 décembre 2018.

Des combattants du groupe jihadiste Boko Haram ont tué lundi quatre villageois à la périphérie de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno (Nord-est du Nigeria), ont indiqué des sources locales et sécuritaires.

Les insurgés, appartenant à la faction du groupe dirigée par le leader historique Abubakar Shekau, ont égorgé quatre personnes et en ont enlevé deux.

"Nous avons retrouvé les corps de quatre personnes, qui s'étaient rendues aux champs ce matin", a rapporté Ibrahim Liman, le chef des milices civiles, qui combattent Boko Haram aux côtés de l'armée, ajoutant que "leur gorge avait été tranchée".

Les habitants du village de Molai, d'où étaient originaires les victimes, avaient reçu un appel des combattants les informant du massacre. "Ils nous ont dit de venir chercher les dépouilles de nos frères", a raconté à l'AFP Usman Gana.

Deux autres villageois ont été enlevés et emmenés dans la forêt de Sambisa, l'enclave où sont retranchés les combattants de la faction de Shekau.

Les agriculteurs, pêcheurs ou coupeurs de bois, sont régulièrement tués en représailles par le groupe, qui les accusent de transmettre des informations sur leur position à l'armée nigériane.

D'autre part, des milliers de personnes continuaient toujours à fuir lundi la ville de Rann, dans le nord du Borno, à la frontière avec le Cameroun, après le retrait des troupes camerounaises et la peur de nouveaux affrontements.

L'armée camerounaise avait été déployée après l'attaque du 14 janvier, qui avait fait 14 morts. Boko Haram avait mis à sac une base de l'armée et mis le feu à la ville, où sont réfugiés plus de 35.000 déplacés.

"Les gens fuient en masse depuis que les Camerounais sont partis dimanche", a rapporté un déplacé, Walid Abdallahi, à l'AFP.

"Nous avons peur, car il n'y aura plus personne pour nous défendre, étant donné que les soldats nigérians sont en nombre totalement insuffisant", a-t-il expliqué.

Boko Haram attaque constamment les bases militaires dans le Nord-Est depuis le mois de juillet, faisant des dizaines voire des centaines de morts.

L'insurrection jihadiste, qui a débuté au Nigeria en 2009, a fait au moins 27.000 morts et provoqué une grave crise humanitaire avec 1,8 million de déplacés.

Avec AFP

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Des maisons de l'horeur provoquent l'indignation

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La découverte des maisons de torture au Nigeria

Ustaz Hussain Zakariyya, imam d'une mosquée d'Abuja, Nigeria, le 18 octobre 2019. (VOA/Gilbert Tamba)

Au Nigeria, les récentes découvertes de maisons de torture ont provoqué une indignation du président et promet des sanctions contre les écoles islamiques qui se sont transformées en centre de torture et d’abus des droits humains.

Pour une deuxième fois en un mois, la police a effectué des descentes dans des bâtiments où des centaines de garçons étaient détenus dans des conditions déplorables dans les Etats de Kaduna et Katsina dans le nord-est.

Les fondateurs de ces centres prétendaient tous enseigner le Coran et l'islam. Les activistes et les responsables religieux au Nigeria ont découvert avec effroi des images de torture dans les vidéos publiées sur les réseaux sociaux et dans les medias.

C’est le cas d’Hussein Zakaria premier Imam d’une mosquée qui ne cache pas sa déception.

"Je suis terriblement touché et attristé par ce que j’ai vu, les vidéos que j’ai regardé et des informations publiées sur ce qui s’est passé au Nigeria et particulièrement dans le nord et dans les Etats islamiques. L’islam est réellement contre la torture", explique-t-il.



Les victimes étaient de nationalités différentes, amenées par leurs parents pour apprendre le coran.

Mais pour l’activiste Auwal Ibrahim Musa Rafsanjani, le problème n’est pas la nationalité des victimes, il exige que le Nigeria dispose des lois et des pénalités pour les auteurs de tels crimes, il faut donc appliquer ces provisions de la loi du pays.

"Nous avons beaucoup de lois et des dispositions qui interdisent les traitements inhumains et particulièrement la torture. Donc tout ce que nous avons à faire est d’appliquer ces lois qui punissent les auteurs de crimes pareils. Et tout ceux qui seront coupables doivent faire face à la loi, dans le cas contraire beaucoup Nigérians seront victimes de crimes similaires", explique Auwal Ibrahim Musa Rafsanjani.

Près de 300 personnes avaient été retenues captives dans une école à Daura dans l’Etat de Katsina, ville natale du président Nigérian Muhammadu Buhari.

Le gouvernement affirme qu’il ne permettra pas l’existence des centres où des hommes et des femmes sont maltraités au nom de la religion.

À en croire le porte parole du président Garba Shehu une proposition de loi serait déjà au parlement fédéral sur la question.

"Je pense que quelque chose est déjà en cours à l'Assemblée nationale au moment même où je vous parle. Le président s’est exprimé sur ces problèmes, il y a juste quelques jours. Le président soutient entièrement la révision de nos lois. Toutes les lois du pays qui été adoptées pour lutter contre les violations des droits des enfants, des femmes et des Nigérians. Le président va apporter son soutien et ratifiera de telles législations pour qu’elles deviennent des lois du pays".

Le président Buhari a ordonné à la police d’identifier et de démanteler tous les centres où les droits humains sont bafoués dans tous Etats du pays.

La photographie à l’honneur à Abuja

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