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Centrafrique

L'ONU enquête sur des tortures par des hommes armés russes

Des soldats français en patrouille à Bambari, en Centrafrique, le 15 mai 2015.

Des militaires ou mercenaires russes auraient torturé au couteau au moins un civil en République centrafricaine (RCA), selon un rapport des Nations unies qui ont lancé une enquête.

Selon le rapport de l'ONU, daté du 15 janvier, un homme originaire de Bambari (centre) aurait été arrêté sur le marché de cette ville après avoir été dénoncé par la foule comme appartenant aux milices des ex-Séléka, ce qu'il nie, assurant n'être qu'un simple commerçant.

Des militaires ou para-militaires russes l'ont emmené dans leur base à Bambari et l'y ont torturé pendant cinq jours, lui tailladant le dos au couteau et lui coupant un auriculaire.

Le rapport onusien est accompagné de photos montrant la main mutilée de l'homme, ainsi que son dos portant de nombreuses cicatrices.

Mardi à Bangui, l'homme qui dit s'appeler Mahamat Nour Mamadou, a affirmé avoir été "arrêté le vendredi 11 janvier, dans la rue", par des soldats des Forces armées centrafricaines (Faca).

"Ils m'ont emmené à la mairie où les Faca et les Russes étaient installés. Les Russes m'ont questionné, ils m'ont demandé si j'étais un Séléka, si j'avais des armes", a-t-il ajouté.

La Séléka est le nom d'une ancienne coalition de groupes armés qui, venus du nord du pays, ont renversé le président François Bozizé en 2013. Ce putsch, et la riposte de milices autoproclamées d'autodéfense qui a suivi, ont plongé le pays dans une profonde crise.

Bambari, ville stratégique du centre de la Centrafrique, a été ces derniers mois le théâtre d'affrontements entre des groupes armés et les autorités. Le groupe Unité pour la paix en Centrafrique (UPC, membre de l'ex-Séléka) est notamment présent en ville.

"Après (...) ils m'ont attaché les mains et m'ont couvert la tête avec un blouson, et ils m'ont boxé. Ensuite ils m'ont attaché pendant la nuit. Puis ils m'ont emmené dans leur base, à 8h du matin environ, le samedi", selon Mahamat Nour Mamadou.

"Ils m'ont torturé de 8h à 17h, ils m'ont frappé avec des chaînes, des matraques en fer, ils m'ont fait des entailles dans le pied avec un couteau, et aussi sur les bras et l'épaule. Ils m'ont cassé une dent avec une brique", a-t-il dit, ajoutant: "Il y avait seulement un interprète des Faca et plusieurs russes".

Selon lui, "ils ont pris un grand couteau et m'ont coupé le doigt, en plusieurs fois (une phalange après l'autre), ils m'ont entaillé d'autres doigts aussi, puis ils m'ont étranglé avec une chaîne. Ils m'accusaient d'être un Séléka".

Mahamat Nour Mamadou présente de profondes cicatrices et des contusions au niveau des jambes, des bras et des épaules, ainsi que des traces de liens au niveau des poignets et des chevilles, a constaté l'AFP. Un auriculaire est coupé et les autres doigts sont striés de cicatrices.

Il aurait eu la vie sauve, précisent les Nations unies, grâce à l'intervention des Forces de sécurité intérieure (FSI), qui lui ont porté secours et l'ont libéré le 15 janvier, ce qu'il a confirmé.

Selon le rapport, au moins 28 militaires ou mercenaires russes seraient présents à Bambari, dont un seul parlerait français.

Ils entretiennent des rapports étroits avec les Faca mais "ne communiquent pas avec la Gendarmerie, ni la police et encore moins la Minusca (mission de l'ONU en Centrafrique)", ajoute le rapport onusien.

Le 23 janvier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a dénoncé devant le Sénat français la présence en Centrafrique de mercenaires russes du groupe Wagner, groupe militaire privé suspecté d'appartenir à un homme d'affaires proche du Kremlin, Evgéni Prigojnine.

En juillet 2018, trois journalistes russes enquêtant sur la présence de Wagner en RCA ont été assassinés dans des circonstances troubles.

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Un groupe armé accuse Bangui de violer l'accord de paix

Un groupe armé accuse Bangui de violer l'accord de paix
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"Violation" de l'accord de paix avec le gouvernement, selon un groupe armé

Les FACA en entrainement à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Un des principaux groupes armés de Centrafrique a accusé le gouvernement de Bangui d'avoir violé l'accord de paix de Khartoum en déployant début mai ses troupes quelques heures dans la ville de Kaga-Bandoro, au centre du pays.

Le Conseil national de défense et de sécurité (CNDS), une formation militaire regroupant différents groupes armés de l'ex-Séléka, "s'oppose catégoriquement au déploiement des FACA (membres des forces armées centrafricaines) à Kaga-Bandoro" qui s'apparente selon lui, à "une violation de l'accord par le gouvernement", a indiqué son président Abdoulaye Hissène, dans un communiqué reçu lundi par l'AFP.

Le CNDS réaffirme toutefois toujours "adhérer pleinement" à l'accord.

Les Faca sont entrées le 5 mai à Kaga-Bandoro, une ville sous contrôle du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC).

Selon une ONG sur place, les forces du gouvernement sont venues en mission de reconnaissance en vue d'une installation prochaine.

Le commandement du MPC "n'était pas content, il n'était pas au courant" de leur venue, a précisé une autre ONG, sous couvert de l'anonymat.

Les militaires sont repartis quelques heures plus tard.

Interrogé par l'AFP, le gouvernement centrafricain n'avait pas encore réagi lundi en fin de matinée.

L'accord de paix a été signé début février à Bangui entre quatorze groupes armés et les autorités. Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, il est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013.

Il prévoit notamment la mise en place de patrouilles mixtes de militaires et de membres de groupes armés mises en place pour une "période initiale" de deux ans, en vue de rétablir la sécurité sur l'ensemble du territoire.

Plus de trois mois après l'accord, ces patrouilles mixtes ne sont toujours pas opérationnelles.

La Minusca "préoccupée" par les agissements d'un groupe armé dans l'ouest

La Minusca "préoccupée" par les agissements d'un groupe armé dans l'ouest
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La Minusca est "préoccupée" par les agissements d'un groupe armé dans l'ouest

Une patrouille de la Minusca à Bria, en Centrafrique, le 21 février 2017. (VOA/Freeman Sipila)

La Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) s'est dit "préoccupée" par les violations commises dans l'ouest de ce pays par un des groupes armés signataires de l'accord de paix conclu début février.

"La Minusca demeure préoccupée par la récurrence des violations du droit international humanitaire commises par le Front démocratique du peuple centrafricain (FPDC) dans la préfecture de la Nana Mambéré (ouest)", indique-t-elle mercredi dans un communiqué.

Le 22 avril 2019, des éléments du FPDC ont attaqué un village de l'ouest, où ils ont enlevé trois personnes, incendié deux véhicules ainsi que deux motos, "et maintiennent deux des victimes toujours en captivité", a expliqué la Minusca.

La Mission "rappelle aux leaders du FDPC que ces actes constituent des violations graves du droit international humanitaire et sont contraires à leurs engagements dans le cadre de l'Accord de paix dont ils sont signataires".

Début avril, une opération militaire avait été lancée par la Minusca dans la zone contre ce groupe implanté localement, mais sans influence nationale.

L'ONU reprochait au groupe armé d'avoir érigé des barricades sur la route nationale 1, la seule permettant d'approvisionner Bangui depuis le Cameroun, et d'avoir volé une dizaine de pick-up.

Le Premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada, avait alors "appelé à la raison" le FPDC. " (Nous) n'avons pas signé un accord de paix pour revenir à la guerre", avait-il déclaré.

Après la signature d'un accord de paix début février entre Bangui et 14 groupes armés, dont le FDPC, ce dernier avait érigé des barricades en signe de mécontentement vis-à-vis des autorités qui, selon lui, n'avaient "pas respecté" l'accord dans la formation du gouvernement.

Une réunion de suivi pour tenter de sauver l'accord avait eu lieu mi-mars en Ethiopie, où les différentes parties prenantes s'étaient entendues sur un nouveau gouvernement.

Si le leader du groupe, Abdoulaye Miskine, avait décliné le poste ministériel qui lui était destiné, l'un de ses proches avait été nommé "conseiller spécial" à la Primature et l'autre préfet de la Nana-Mambéré, région de l'ouest.

L'accord de Khartoum, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l'Union africaine, est le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

Une pénurie d'eau inquiétante à Bangui

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