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Centrafrique

L'accord de paix doit être rendu public, plaide une ONG

Les présidents centrafricain Faustin-Archange Touadera et soudanais Omar el-Béchir après la signature d’un accord de paix entre le gouvernement de la RCA et 14 groupes armés à Khartoum, Soudan, le 5 février 2019.

Une ONG centrafricaine a demandé jeudi aux autorités de "porter à la connaissance du peuple" l'accord de paix conclu samedi à Khartoum, paraphé et signé cette semaine sans que son contenu ne soit dévoilé, suscitant interrogations et doutes.

Le Groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC) a demandé dans un communiqué "au gouvernement de porter à la connaissance du peuple les clauses de l'accord de Khartoum afin que ce dernier soit rassuré de ce que ses préoccupations soient prises en compte".

"A défaut, le GTSC appelle le peuple centrafricain à descendre massivement dans la rue pour exiger de l'élite dirigeante la publication de l'accord", ajoute le texte.

L'accord de paix conclu samedi entre les autorités et les groupes armés opérant en Centrafrique, a été paraphé mardi à Khartoum et signé mercredi à Bangui, mais son contenu n'a toujours pas été rendu public.

Dans un communiqué, le ministre centrafricain de la Communication, Ange Maxime Kazagui, reconnaît que les Centrafricains, "à juste titre (...) attendent de connaître les conclusions des pourparlers de Khartoum".

"Les négociations de Khartoum n'étaient pas secrètes, l'accord ne peut donc pas être secret", ajoute-t-il. Et s'il n'est pas encore rendu public, c'est, selon lui, pour "des questions de formalités de principe".

Sans préciser lesquelles, il a indiqué qu'il reste "quelques signatures qui seront apposées à Addis Abeba pendant le sommet de l'Union africaine" prévu les 10 et 11 février.

"Ensuite, l'accord sera publié dans les moindres détails, y compris ses annexes", a-t-il affirmé.

Cet accord, le 8e depuis le début de la crise centrafricaine en 2013, devrait permettre une "cessation de toute violence contre les civils", selon le président Faustin Archange Touadéra lors de la cérémonie de signature jeudi.

Les sept précédents accords de paix n'ont jamais été respectés et n'ont pas permis de mettre fin aux violences.

Mais la présence à Khartoum des chefs de 14 groupes armés, dont les plus importants, ainsi que la forte implication de l'UA, laisse espérer que celui signé mercredi sera cette fois bien appliqué.

La grande inconnue reste la façon dont y est abordée la question de l'amnistie pour les nombreux auteurs de crimes et de violences commis depuis des années en Centrafrique.

Rejetée par Bangui, elle était exigée par les chefs des principaux groupes armés dont plusieurs sont sous sanctions de l'ONU ou cités pour violations des droits humains dans des rapports d'ONG. D'autres sont sous la menace d'un mandat d'arrêt.

M. Kazagui souligne dans son communiqué "que les crimes graves seront pris en charge par la justice internationale".

Ancienne colonie française classée parmi les pays les plus pauvres au monde, la Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants, est cependant riche en diamants, or et uranium. Les groupes armés qui contrôlent la majorité du territoire s'y affrontent pour le contrôle de ces richesses.

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Trois mouvements rebelles déposent les armes dans l'ouest

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Au moins 5 morts dans des combats entre groupes armés dans le nord-est

Des soldats tanzaniens de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine patrouillent la ville de Gamboula le 6 juillet 2018.

Au moins cinq combattants ont été tués dans un accrochage entre miliciens de groupes armés près de Birao, dans l'extrême nord-est de la Centrafrique, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Des miliciens du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) ont tenté dimanche d'acheminer des caisses de munitions de chasse en provenance du Soudan, selon des sources humanitaires. Ils ont été arrêtés par des combattants du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) dans le village d'Amdafock, à 60km au nord de Birao.

"Nous avons interdit la circulation des armes et des munitions dans notre zone", a déclaré à l'AFP Abdoulaye Hissène, chef militaire du FPRC. Les éléments du MLCJ "voulaient traverser avec des cartons de munitions et ont été bloqués par nos agents. Du coup, ils sont partis se regrouper et sont venus nous attaquer sur des motos".

Une version contredite par Ali Abderamane, chef d'état-major du MLCJ : "Les éléments du FPRC ont tenté de dépouiller nos hommes alors qu'ils se rendaient au marché d'Amdafock", a-t-il affirmé à l'AFP.

Le bilan provisoire s'élève à 5 morts, dont 4 dans les rangs du FPRC, selon des sources humanitaires.

"Le FPRC tient toujours cinq de nos hommes en otage. S'ils ne sont pas libérés, nous répondrons. Il y aura des représailles", a menacé Ali Abderamane.

Malgré la signature d'un accord de paix de Khartoum, le 6 février, la situation sécuritaire reste particulièrement fragile dans le pays. Cet accord, signé par 14 groupes armés, prévoit notamment le désarmement des groupes qui mettent en coupe réglée les territoires en province.

Selon l'ONU, entre 50 et 70 violations de l'accord de paix sont rapportées chaque semaine.

Le 22 mai, au moins trente civils ont été tués par des éléments appartenant au groupe 3R, dans la région de Paoua, dans le nord du pays.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart de ses 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

20 millions d'euros de l'UE pour restaurer l'autorité de l'Etat

Les FACA lors d'une parade à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a officialisé vendredi le lancement de projets d'appui de l'UE à la restauration de l'autorité de l'Etat centrafricain, pour un montant de 20 millions d'euros.

Parmi ces projets, figurent la formation de 1.000 nouvelles recrues des forces armées centrafricaines par la mission de l'UE et la construction d'armureries et de sites de stockage, condition préalable à la levée de l'embargo sur les armes imposé au pays, a expliqué à la presse Mme Mogherini, en déplacement dans la ville de Bouar, dans l'ouest de la Centrafrique.

La rénovation du camp Leclerc de Bouar, destiné à devenir le quartier général des forces armées centrafricaines dans la zone ouest, est également prévue. Bouar a longtemps été une base de l'armée française dans le pays.

"Ici à Bouar nous pouvons voir les premières preuves tangibles de la paix. C'est ici que le désarmement a démarré et donné des premiers résultats, certes encore très timides, mais significatifs", a déclaré la diplomate de l'UE, accompagnée à Bouar par le président centrafricain Faustin-Archange Touadera.

Mme Mogherini et le président de la République ont ensuite participé à la première réunion du comité préfectoral de mise en oeuvre de l'accord de paix composé des représentants des autorités locales, de la société civile et des groupes armés de la zone.

L'accord de paix de Khartoum, signé en février, "a des chances concrètes de réussir", a-t-elle estimé.

Les principaux groupes armés, qui tiennent les territoires en province, n'ont pas encore désarmé.

La Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus miséreux au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka.

L'accord de paix de Khartoum est le huitième conclu depuis 2013.

Cette visite est la dernière étape africaine de la tournée internationale de Federica Mogherini qui s'est rendue au Burkina Faso, au Mali et au Niger, pays membres du G5 Sahel engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes de la région.

Nouvelles violences au PK5

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34 personnes tuées dans des affrontements entre groupes armés

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