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Centrafrique

Un accord paraphé à Khartoum, nouvel espoir de paix

Jean-Pierre Lacroix, deuxième à gauche, de l’ONU, et Smaïl Chergui, de l'Union africaine, accueillent les délégués pour les pourparlers inter-centrafricains, Khartoum, le 24 janvier 2019.

Le contenu de l'accord restait toujours inconnu mardi, le texte n'ayant pas été distribué aux journalistes présents à la cérémonie de paraphe.

Un accord de paix entre le pouvoir et 14 groupes armés qui contrôlent 80% du territoire de la Centrafrique a été paraphé mardi à Khartoum, relançant les espoirs de paix dans ce pays pauvre meurtri par des années de conflit.

Cet accord de paix, le huitième depuis 2012, avait été obtenu samedi après une dizaine de jours de négociations à Khartoum sous l'égide de l'Union africaine (UA).

Son contenu restait toujours inconnu mardi, le texte n'ayant pas été distribué aux journalistes présents à la cérémonie de paraphe. Il ne sera rendu public qu'après la signature proprement dite, prévue à Bangui dans les prochains jours, selon les autorités centrafricaines.

L'accord a été paraphé au nom du gouvernement centrafricain par le président Faustin Archange Touadéra, venu spécialement dans la capitale soudanaise, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le président soudanais Omar el-Béchir, dont le pays a accueilli les négociations, était présent à la cérémonie, ainsi que le président de la Commission de l'UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat.

Après avoir paraphé le texte appelé "accord de Khartoum", les représentants des 14 groupes armés, pour la plupart issus de l'ex-rébellion musulmane Séléka ou des milices antibalaka (antimachettes, qui affirment défendre les chrétiens), ont serré la main à MM. Touadéra et Béchir, devant plusieurs ambassadeurs et diplomates étrangers.

"L'accord de Khartoum ouvre la voie au retour de la paix dans notre pays, il est maintenant temps d'ouvrir une nouvelle page pour la Centrafrique", a déclaré le président Touadéra qui a lancé aux représentants des groupes armés: "rentrons ensemble à Bangui pour construire notre pays ensemble".

Parlant au nom des groupes armés, Herbert Gontran Djono Ahaba, également ministre de l'Energie, a estimé que "les difficultés commencent maintenant avec l'application de l'accord (...) crucial pour la paix".

A Bangui, Ambroise Saraga, un habitant de la capitale centrafricaine, s'est dit "très enthousiasmé" par la conclusion de ce nouvel accord de paix à Khartoum: "C'est ce que nous attendions, que deux parties qui ne s'entendent pas, se retrouvent autour d'une table".

Il a dit espérer que l'accord retiendrait ce que de nombreux Centrafricains avaient exigé lors de rencontres et forums récents, à savoir une "tolérance zéro" pour les auteurs de crimes et de violences.

Sept accords sans suite

Les négociations de Khartoum, lancées le 24 janvier, ont rassemblé les principaux chefs des groupes armés et une importante délégation gouvernementale.

En Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants en guerre depuis fin 2012, pas moins de sept accords de paix ont déjà été signés depuis, sans qu'aucun n'aboutisse au retour de la stabilité.

Les pourparlers de Khartoum ont à un moment été suspendus à cause de désaccords, en particulier sur la question de l'amnistie des responsables de crimes et d'exactions, réclamée par les groupes armés.

Sous la pression de ses partenaires occidentaux, Bangui a toujours refusé une amnistie des chefs de guerre dont plusieurs sont sous sanctions de l'ONU ou cités pour violations des droits de l'homme dans des rapports d'ONG. D'autres sont sous la menace d'un mandat d'arrêt.

Une Cour pénale spéciale (CPS) a été créée à Bangui pour juger les crimes commis dans le pays depuis 2003, mais son activité est limitée.

Outre l'amnistie, les groupes armés exigeaient aussi "la dissolution du gouvernement et la formation d'un gouvernement de sortie de crise" dont le Premier ministre serait issu de leurs rangs.

Ils réclamaient également la mise en place de patrouilles mixtes avec les Forces armées centrafricaines (Faca) pour sécuriser le territoire qui est en grande partie placé sous leur coupe.

Ancienne colonie française classée parmi les pays les plus pauvres au monde, la Centrafrique est cependant riche en diamants, or et uranium. Les groupes armés, qui contrôlent 80% du territoire, s'y affrontent pour le contrôle de ces richesses.

Ils s'opposent régulièrement aux quelque 12.000 soldats et policiers de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) qui tente en vain d'empêcher les violences.

Depuis un an, la Russie a fait une entrée remarquée en Centrafrique en livrant des armes aux Faca et en assurant la sécurité du président Touadéra.

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Trois mouvements rebelles déposent les armes dans l'ouest

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Au moins 5 morts dans des combats entre groupes armés dans le nord-est

Des soldats tanzaniens de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine patrouillent la ville de Gamboula le 6 juillet 2018.

Au moins cinq combattants ont été tués dans un accrochage entre miliciens de groupes armés près de Birao, dans l'extrême nord-est de la Centrafrique, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Des miliciens du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) ont tenté dimanche d'acheminer des caisses de munitions de chasse en provenance du Soudan, selon des sources humanitaires. Ils ont été arrêtés par des combattants du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) dans le village d'Amdafock, à 60km au nord de Birao.

"Nous avons interdit la circulation des armes et des munitions dans notre zone", a déclaré à l'AFP Abdoulaye Hissène, chef militaire du FPRC. Les éléments du MLCJ "voulaient traverser avec des cartons de munitions et ont été bloqués par nos agents. Du coup, ils sont partis se regrouper et sont venus nous attaquer sur des motos".

Une version contredite par Ali Abderamane, chef d'état-major du MLCJ : "Les éléments du FPRC ont tenté de dépouiller nos hommes alors qu'ils se rendaient au marché d'Amdafock", a-t-il affirmé à l'AFP.

Le bilan provisoire s'élève à 5 morts, dont 4 dans les rangs du FPRC, selon des sources humanitaires.

"Le FPRC tient toujours cinq de nos hommes en otage. S'ils ne sont pas libérés, nous répondrons. Il y aura des représailles", a menacé Ali Abderamane.

Malgré la signature d'un accord de paix de Khartoum, le 6 février, la situation sécuritaire reste particulièrement fragile dans le pays. Cet accord, signé par 14 groupes armés, prévoit notamment le désarmement des groupes qui mettent en coupe réglée les territoires en province.

Selon l'ONU, entre 50 et 70 violations de l'accord de paix sont rapportées chaque semaine.

Le 22 mai, au moins trente civils ont été tués par des éléments appartenant au groupe 3R, dans la région de Paoua, dans le nord du pays.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart de ses 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

20 millions d'euros de l'UE pour restaurer l'autorité de l'Etat

Les FACA lors d'une parade à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a officialisé vendredi le lancement de projets d'appui de l'UE à la restauration de l'autorité de l'Etat centrafricain, pour un montant de 20 millions d'euros.

Parmi ces projets, figurent la formation de 1.000 nouvelles recrues des forces armées centrafricaines par la mission de l'UE et la construction d'armureries et de sites de stockage, condition préalable à la levée de l'embargo sur les armes imposé au pays, a expliqué à la presse Mme Mogherini, en déplacement dans la ville de Bouar, dans l'ouest de la Centrafrique.

La rénovation du camp Leclerc de Bouar, destiné à devenir le quartier général des forces armées centrafricaines dans la zone ouest, est également prévue. Bouar a longtemps été une base de l'armée française dans le pays.

"Ici à Bouar nous pouvons voir les premières preuves tangibles de la paix. C'est ici que le désarmement a démarré et donné des premiers résultats, certes encore très timides, mais significatifs", a déclaré la diplomate de l'UE, accompagnée à Bouar par le président centrafricain Faustin-Archange Touadera.

Mme Mogherini et le président de la République ont ensuite participé à la première réunion du comité préfectoral de mise en oeuvre de l'accord de paix composé des représentants des autorités locales, de la société civile et des groupes armés de la zone.

L'accord de paix de Khartoum, signé en février, "a des chances concrètes de réussir", a-t-elle estimé.

Les principaux groupes armés, qui tiennent les territoires en province, n'ont pas encore désarmé.

La Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus miséreux au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka.

L'accord de paix de Khartoum est le huitième conclu depuis 2013.

Cette visite est la dernière étape africaine de la tournée internationale de Federica Mogherini qui s'est rendue au Burkina Faso, au Mali et au Niger, pays membres du G5 Sahel engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes de la région.

Nouvelles violences au PK5

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34 personnes tuées dans des affrontements entre groupes armés

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