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L'ONU trace la route vers une possible levée de l'embargo sur les armes

Les FACA en entrainement à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi à l'unanimité une résolution renouvelant pour un an l'embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, tout en traçant la route vers une possible levée de cette mesure avant la fin de l'année.

Rédigée par la France, qui assure entendre les demandes répétées de son ancienne colonie pour l'arrêt de cet embargo afin de mieux lutter contre les groupes armés contrôlant la majeure partie du pays, la résolution pose une série de conditions pour parvenir à cette perspective.

Cette résolution "marque une vraie ouverture" du Conseil, avec un processus pouvant "conduire à un assouplissement" de l'embargo, a fait valoir après le vote l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre. Evoquant les autorités centrafricaines, il a insisté: "Leur message a été bien entendu".

Il s'agit d'un "texte équilibré", qui "permettra d'alléger l'embargo", a relevé de son côté Kacou Houadja Léon Adom, son homologue de Côte d'Ivoire. "Il ne fait aucun doute que le Conseil de sécurité prend en compte les préoccupations du gouvernement centrafricain, notamment le besoin urgent de former et d'équiper les forces de sécurité" du pays, a-t-il ajouté.

La résolution évoque pour la première fois "l'intention" du Conseil de sécurité de revoir d'ici au 30 septembre l'embargo en vigueur depuis 2013, sur la base d'une évaluation des progrès réalisés en matière sécuritaire dans le pays.

Des "critères-clés clairs et bien identifiés" vont être définis d'ici au 30 avril sur "la réforme du secteur de la sécurité, le désarmement, la démobilisation, le processus de réintégration et de rapatriement (des combattants), la gestion des armes et munitions". Ils "permettront au Conseil de sécurité de revoir l'embargo sur les armes", précise la résolution.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres devra remettre avant le 31 juillet une évaluation sur l'application des futurs critères. Un rapport à rendre avant le 30 juin est également demandé aux autorités centrafricaines.

"Une perspective est ouverte" pour la fin de l'embargo, mais "sans engagement" à ce stade, souligne un diplomate sous couvert d'anonymat.

Depuis 2017, plusieurs exemptions à l'embargo sur les armes ont été accordées par l'ONU à la Russie, la Chine, les Etats-Unis ou la France, afin d'équiper notamment des unités de l'armée centrafricaine en voie de reconstitution.

L'ONU maintient en Centrafrique une force de paix de quelque 13.000 militaires et policiers. Ce pays a sombré dans la violence, alimentée par des luttes entre groupes armés musulmans et chrétiens, après le renversement en 2013 de l'ex-président François Bozizé.

Avec AFP

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Au moins 5 morts dans des combats entre groupes armés dans le nord-est

Des soldats tanzaniens de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine patrouillent la ville de Gamboula le 6 juillet 2018.

Au moins cinq combattants ont été tués dans un accrochage entre miliciens de groupes armés près de Birao, dans l'extrême nord-est de la Centrafrique, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Des miliciens du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) ont tenté dimanche d'acheminer des caisses de munitions de chasse en provenance du Soudan, selon des sources humanitaires. Ils ont été arrêtés par des combattants du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) dans le village d'Amdafock, à 60km au nord de Birao.

"Nous avons interdit la circulation des armes et des munitions dans notre zone", a déclaré à l'AFP Abdoulaye Hissène, chef militaire du FPRC. Les éléments du MLCJ "voulaient traverser avec des cartons de munitions et ont été bloqués par nos agents. Du coup, ils sont partis se regrouper et sont venus nous attaquer sur des motos".

Une version contredite par Ali Abderamane, chef d'état-major du MLCJ : "Les éléments du FPRC ont tenté de dépouiller nos hommes alors qu'ils se rendaient au marché d'Amdafock", a-t-il affirmé à l'AFP.

Le bilan provisoire s'élève à 5 morts, dont 4 dans les rangs du FPRC, selon des sources humanitaires.

"Le FPRC tient toujours cinq de nos hommes en otage. S'ils ne sont pas libérés, nous répondrons. Il y aura des représailles", a menacé Ali Abderamane.

Malgré la signature d'un accord de paix de Khartoum, le 6 février, la situation sécuritaire reste particulièrement fragile dans le pays. Cet accord, signé par 14 groupes armés, prévoit notamment le désarmement des groupes qui mettent en coupe réglée les territoires en province.

Selon l'ONU, entre 50 et 70 violations de l'accord de paix sont rapportées chaque semaine.

Le 22 mai, au moins trente civils ont été tués par des éléments appartenant au groupe 3R, dans la région de Paoua, dans le nord du pays.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart de ses 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

20 millions d'euros de l'UE pour restaurer l'autorité de l'Etat

Les FACA lors d'une parade à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a officialisé vendredi le lancement de projets d'appui de l'UE à la restauration de l'autorité de l'Etat centrafricain, pour un montant de 20 millions d'euros.

Parmi ces projets, figurent la formation de 1.000 nouvelles recrues des forces armées centrafricaines par la mission de l'UE et la construction d'armureries et de sites de stockage, condition préalable à la levée de l'embargo sur les armes imposé au pays, a expliqué à la presse Mme Mogherini, en déplacement dans la ville de Bouar, dans l'ouest de la Centrafrique.

La rénovation du camp Leclerc de Bouar, destiné à devenir le quartier général des forces armées centrafricaines dans la zone ouest, est également prévue. Bouar a longtemps été une base de l'armée française dans le pays.

"Ici à Bouar nous pouvons voir les premières preuves tangibles de la paix. C'est ici que le désarmement a démarré et donné des premiers résultats, certes encore très timides, mais significatifs", a déclaré la diplomate de l'UE, accompagnée à Bouar par le président centrafricain Faustin-Archange Touadera.

Mme Mogherini et le président de la République ont ensuite participé à la première réunion du comité préfectoral de mise en oeuvre de l'accord de paix composé des représentants des autorités locales, de la société civile et des groupes armés de la zone.

L'accord de paix de Khartoum, signé en février, "a des chances concrètes de réussir", a-t-elle estimé.

Les principaux groupes armés, qui tiennent les territoires en province, n'ont pas encore désarmé.

La Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus miséreux au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka.

L'accord de paix de Khartoum est le huitième conclu depuis 2013.

Cette visite est la dernière étape africaine de la tournée internationale de Federica Mogherini qui s'est rendue au Burkina Faso, au Mali et au Niger, pays membres du G5 Sahel engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes de la région.

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