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République du Congo

Plusieurs critiques sur le CHU de Brazzaville fusent sur les réseaux sociaux

Le CHU de Brazzaville critiqué par les populations pour mauvaise prestation, le 5 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

La mort de Borgia Samba, journaliste de la télévision nationale, a provoqué plusieurs critiques sur internet, illustrant les mauvaises prestations du CHU de Brazzaville.

Décédé des suites d'un AVC, le journaliste Borgia Samba a passé trois jours aux soins intensifs du CHU, et les populations indexent l'incompétence des médecins et l'absence du plateau technique médical de ce plus grand hôpital du pays.

Depuis la mort de Borgia Samba, directeur de l'information de la télévision nationale, des suites d’un AVC, les commentaires fusent sur les réseaux sociaux, dénonçant la mauvaise prise en charge des malades au CHU.

"Le CHU-TUE n'a pas pu sauver Borgia Samba", dit un poste sur Facebook qui a suscité des dizaines de commentaires, alors qu'une vidéo montrant la grande insalubrité du CHU, circule toujours sur la toile.

Charlin Kinouani du mouvement Ras-le-Bol dénonce qualifie le CHU de Mouroir, le 4 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Charlin Kinouani du mouvement Ras-le-Bol dénonce qualifie le CHU de Mouroir, le 4 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)


Le CHU de Brazzaville vient de passer 28 mois sans subvention et connaît beaucoup de faiblesse. Ceci provoque de l'indignation des usagers. "Le CHU est devenu un mouroir, les Congolais y meurent comme des mouches. Le CHU est la dernière étape de nos hôpitaux, malheureusement on va là-bas pour trouver la mort", déplore Charlin Kinouani, dont le mouvement, Le Ras-le-bol, a organisé des sit-in devant cet établissement hospitalier pour dénoncer ces pratiques.

De son côté Alphonse, la quarantaine révolue, témoigne des circonstances difficiles dans lesquelles il a perdu sa femme au CHU. "En août 2018, ma femme a été brusquement attaquée par un AVC. C'est à ma surprise générale que je constate qu'ils n'ont rien. Ils n'ont pas de respirateur, la salle de réanimation ne fonctionne quasiment pas, parce que parfois il manque d'oxygène et c'était le cas ce jour-là", témoigne-t-il.

Alphonse poursuit : "Ils ont fait une longue ordonnance qui allait dans les 200.000 francs CFA. Je suis allé acheter les médicaments dans une pharmacie voisine, car la pharmacie du CHU n'a même pas un cachet d'aspirine. A mon retour, mon épouse était déjà décédée".

Pour administrer une thérapeutique de choc au plus grand centre hospitalier du pays avec ses 700 lits et près de 2000 agents, les autorités ont confié la relance du CHU à une équipe d'experts canadiens. Mais, huit mois après, l'intersyndicale du CHU qui dénonce plusieurs griefs, trouve que la direction n'améliore pas la situation de l'hôpital .

"Qu'on nous donne deux subventions à l'hôpital et qu'il n'y ait pas de respirateur où on prend en charge les malades d'AVC. Depuis huit mois, et j'insiste, la situation du CHU ne fait que dépérir, ne fait que se désagréger. C'est ce que nous dénonçons. Nous ne sommes pas contre la venue des Blancs, non ! Nous ne sommes pas contre la venue des Canadiens", indique Victor Bienvenu, président de l'Intersyndicale du CHU de Brazzaville.

Sylvain Villiard, DG du CHU de Brazzaville, a trois ans pour sauver cet hôpital (VOA/Arsène Séverin)
Sylvain Villiard, DG du CHU de Brazzaville, a trois ans pour sauver cet hôpital (VOA/Arsène Séverin)


Et pourtant, le Canadien Sylvain Villiard, directeur général du CHU dit que les choses commencent à bouger. Encore un peu de temps et suffisamment d'argent, les Congolais vivront la rénovation, dit-il

"Nous allons améliorer la situation à la hauteur de l'argent qui nous est donné, et nous dans les prochaines étapes nous allons aménager l'accueil, car quand vous arrivez ici, l'accueil n'est pas trop bon", promet-il.

Les syndicats s'opposent également, dans un communiqué, à l'octroi d'un éventuel crédit de 12 milliards de francs CFA, que le CHU sollicite auprès de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale, BDEAC. Une démarche que ne comprend pas Sylvain Villiard.

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L'ex-président congolais Yhombi Opango est mort du coronavirus en France

Monument de Jacques Joachim Yhombi Opango à Brazzaville, le 30 mars 2013. (Photo: Junior D. Kannah/AFP)

L’ancien président Jacques Joaquim Yhombi Opango, qui a dirigé le Congo-Brazzaville entre 1977 et 1979, est décédé lundi en France des suites du Covid-19 à l'âge de 81 ans, a indiqué sa famille à l’AFP.

"Mon père, l’ancien président Yhombi Opango, est mort ce lundi après-midi à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine près de Paris. Il a été bien victime du Coronavirus", a déclaré au téléphone à l’AFP son fils, Jean-Jacques Yhombi Opango.

La télévision publique, Télé-Congo, a confirmé l’information dans son journal du soir à 20H00 (19H00 GMT).

Son état de santé s’était dégradé ces derniers temps le contraignant à vivre loin du Congo, en France notamment, selon sa famille.

Originaire de la Cuvette (nord), Jacques Joachim Yhombi Opango était né en 1939.

Cet officier avait été porté à la tête du pays juste après l’assassinat du président Marien Ngouabi (1968-1977), à l'époque où l'ex-colonie française était alignée sur l'Union soviétique.

Il ne dirigera le pays que pendant deux ans avant d’être évincé par le président Denis Sassou Nguesso, originaire de la même région que lui, qui cumule 35 ans de pouvoir depuis lors, avec une parenthèse de cinq ans entre 1992 et 1997. Emprisonné après son éviction, M. Yhombi Opango a été libéré peu avant la conférence nationale de 1991 qui a ouvert le pays au multipartisme.

Il fonde alors le Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD). Candidat malheureux à la présidentielle de 1992, il s’allie au président élu Pascal Lissouba dont il devient le Premier ministre entre 1994 et 1996.

Il s’exile en France quand éclate la guerre civile en 1997 qui va permettre le retour du président Sassou Nguesso aux affaires avec l’aide des troupes angolaises.

Son exil a pris fin en 2007 et depuis il vivait à cheval entre la France et le Congo.

Un premier cas de Covid-19 enregistré en dehors de Kinshasa

Un premier cas de Covid-19 enregistré en dehors de Kinshasa
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Fait rarissime, un dimanche sans assemblée de prière à Brazzaville

la cathédrale de Brazzaville vide, le 21 mars 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Le Congo-Brazzaville a vécu dimanche sa première journée sans réunion de prière. Les autorités, qui avaient décidé de la fermeture de tous les lieux de culte, viennent également de fermer les frontières.

Le 22 mars était un dimanche calme, sans son de cloche ni chants de chorale, encore moins les habituels cris d'adoration ou bruits de tam-tam. Un fait rarissime. Depuis la confirmation de cas de coronavirus dans le pays, le gouvernement a décidé de fermer les lieux de culte.

A la Cathédrale du Sacré-Cœur de Brazzaville, la plus ancienne cathédrale d’Afrique centrale toujours en activité, les fidèles catholiques, en préparation de la fête de Pâques, expriment leur émoi face à cette situation inédite.

"Nous sommes frustrés parce qu'en pleine période de Pâques​, nous étions sensés adorer Dieu et prier", déplore un fidèle qui traîne devant la cour de la cathédrale.

Impossible d'y entrer.

"C'est complètement fermé, et cela dérange tout le monde. De temps en temps, on constate que les gens viennent même si c'est fermé. Moi je suis un maître de chants, je propose de la musique aux chrétiens et j'aime le silence de cet endroit", témoigne un autre fidèle.


Devant la chapelle du Ministère de la Voie du Salut, au quartier Moungali, aucune âme. Le pasteur a donné des consignes que les fidèles suivent avec rigueur.

"Mon pasteur, qui a compris le message gouvernemental, le respecte, et nous a demandé de faire avec lui la prière au téléphone. De temps en temps, quand j'ai un problème qui me dépasse, j'appelle mon pasteur, il prie pour moi", explique Laudes Martial Mbon, fidèle de cette église.

Même constat à Grand Ravin, au quartier Makelekele, où l'on retrouve les adeptes du Kingunza, un culte initiatique qui retrace ses origines à l'Egypte antique.

"Pas de culte, les paroisses sont fermées tel que c'est dit par le gouvernement", explique Antoine Malela Mayinga, le pasteur général de cette dénomination, plus connue sous le nom de l'Église Unie du Saint-Esprit au Congo​. "Nous avons laissé la latitude aux responsable des paroisses de s'organiser, mais en tenant compte des mesures qui sont prises par l'Etat et de la note circulaire que nous avons envoyée dans nos paroisses. Ils doivent aller vers les chrétiens, mais pas en grand nombre", précise-t-il.

"Ce qui nous manque, c'est l'ambiance habituelle, c'est la façon dont nous célébrons nos cultes selon notre liturgie. Mais en fait aussi, cela ne nous manque pas, parce que nous avons des illustrations dans la Bible qui nous indiquent que nous pouvons, dans certaines circonstances, vivre la Pâques de cette manière", souligne le pasteur Edouard Moukala, président de l'Église évangélique du Congo.


La classe politique saisit la gravité du moment et met de côté ses dissensions pour rallier la nation congolaise.

Samedi, la présidente de la Fédération de l'opposition congolaise, Claudine Munari, a appelé toutes les forces vives à soutenir l'action du gouvernement dans la lutte contre le coronavirus. Une trêve rendue nécessaire par l'urgence sanitaire en cours. "Les autres problèmes demeurent", clarifie-t-elle.

Le Congo compte désormais quatre cas confirmés de coronavirus, selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les autorités ont procédé à la fermeture de toutes les frontières. Le quatrième cas a été détecté à Pointe-Noire, la cité pétrolière du pays.

Les autorités congolaises ont réquisitionné des centres de santé à Brazzaville, à Pointe-Noire et à Oyo (Nord) pour la prise en charge des malades du COVID-19.

Aurlus Mabélé, père fondateur du soukous, est mort du coronavirus

Des sapeurs congolais à Brazzaville, le 16 mars 2014. Aurlus Mabélé était l'une des figures de proue du mouvement de la sape. (Photo: Junior D. Kannah / AFP)

Le chanteur congolais connu sous le sobriquet d'Aurlus Mabélé a succombé du coronavirus à Paris. Il avait 67 ans.

De son vrai nom Aurélien Miatsonama, cet artiste né au quartier Poto-Poto de Brazzaville est considéré comme l'un des pères fondateurs du soukous, musique au rythme dansant dérivée de la rumba congolaise.

"Mon papa est mort ce matin du coronavirus ... Merci d’honorer sa mémoire," a écrit Liza Monet, la fille du défunt, sur ses comptes Facebook et Twitter.

"C’est une grande légende du Soukouss que le peuple congolais perd aujourd’hui. Je suis inconsolable et effondrée," écrit-elle.

Co-fondateur du célèbrissime groupe Loketo, Aurlus Mabélé était l’une des sommités du monde artistique africain. Il a vendu plus de 10 millions d’albums tout au long de sa carrière illustre.

Artiste polyvalent, il était aussi l’un des porte-étendards du mouvement des sapeurs du Congo-Brazzaville, rivalisant parfois avec des mouvements venus de la République démocratique du Congo voisine dont le défunt Papa Wemba était l'une des figures de proue.

Sa musique au rythme très saccadé a fait danser l’Afrique, l’Europe mais aussi les Caraïbes.

Il s’est produit dans plusieurs des salles mythiques de l’Europe aux côtés d’une myriade d'autres stars, comme Diblo Dibala ou Kanda Bongo Man, originaire de l'autre rive du fleuve Congo.

Écoles et églises fermées à Brazzaville, les commerçants augmentent les prix

Un marchand opportuniste de masques, au marché Total de Bacongo, à Brazzaville, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)

Avec l'annonce d'un troisième cas de contamination de coronavirus en République du Congo, les autorités ont adopté une série de mesures visant à stopper la propagation de la maladie. Il s'agit de la fermeture des écoles et des lieux de culte, des bars et certains restaurants.

Sur le terrain, ces mesures sont appréciées différemment par les Brazzavillois et chacun y va à sa façon. Par exemple, alors que les écoles devraient être fermées jeudi matin, des centaines d'élèves se sont retrouvés devant leurs établissements.

"L'école concentre à elle seule plus d'un tiers de la population congolaise. Elle est donc très exposée à la propagation et à la contamination du coronavirus. La décision du gouvernement est donc bien arrivée", soutient Ernest Blanchard Dimi, un parent d'élève.

Hubert Kokolo, un autre parent d'élève, est aussi d'accord: "Il fallait les mettre à l'abri, parce que la propagation du coronavirus n'attendra pas la fin des compositions".

Mais Sidoine Mouboubou, enseignant à l'université Marien Ngouabi, s'inquiète du chambardement du calendrier universitaire. "Dans certains établissements de l'université Marien Ngouabi, notamment à la faculté des lettres où je suis, il y a la session qui avait déjà commencé. A ce niveau, il y aura un coup. Il faut créer les conditions de sorte que les cours soient rattrapés dès que la mesure sera levée", espère l'universitaire.


Les deux nouveaux cas détectés à Brazzaville sont un Congolais de 46 ans et un Américain de 37 ans, tous deux en provenance de Paris, en France.

Dans un tweet, l'ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Todd Haskel, a annoncé qu'il s'était mis en quarantaine de 14 jours, pour avoir été plus fois en contact avec le sujet américain qui est son collaborateur.

Le premier cas confirmé le dimanche dernier est un conseiller du Premier ministre Clément Mouamba qui à son tour a été testé négatif. Le cas confirmé est actuellement en soins au CHU de Brazzaville.

Par ailleurs, de nombreuses mesures d'hygiène ont été rappelées par les autorités sanitaires.

Dans les rues de Brazzaville, les populations prennent tout ce qui est nécessaire : masques, cache-nez, serviettes, gel hydro-alcoolisé. Le tout pour le bonheur des commerçants qui n'hésitent pas d'augmenter les prix. Les commerçants évoquent la rareté de produits dans le commerce en gros.

Mais les consommateurs se plaignent.

"Les gels désinfectants sont passés de 1500 à 3000 voire 4500 francs CFA. Il y a aussi les seaux pour se laver les mains, fabriqués en RDC par une société de plastics que nous achetions à 2500 francs CFA, aujourd'hui le prix a presque doublé. S'il faut ajouter à cela notre budget pour acheter ces produits, cela pèse quand même", se plaint Alphonse Ndongo.

Dans les rues de Brazzaville, chacun se protège comme il peut, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)
Dans les rues de Brazzaville, chacun se protège comme il peut, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)

"Le gouvernement devrait prendre des mesures contre ces commerçants véreux", lance Dimitri Sobeckela, père de famille. "C'est inadmissible et irresponsable pour ces commerçants qui ne pensent qu'à leur bénéfice, alors que ce n'est pas une situation de gaieté où on espère tirer profit", ajoute-t-il.

En séjour dans le nord du pays depuis deux semaines, le président Denis Sassou N'Guesso a mis en place une task force, dirigée par le ministre d'Etat chargé de l'économie, Gilbert Ondongo.

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