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République du Congo

50.000 personnes sinistrées par les inondations dues aux pluies

Des grumes au bord du fleuve Congo, 7 octobre 2004.

Au moins 50.000 personnes ont été sinistrées par des inondations provoquées par des fortes pluies, le long du fleuve Congo, conduisant le gouvernement congolais à décréter "l'état de catastrophe naturelle et d'urgence humanitaire”.

"Les données, collectées par le ministère en charge de l'action humanitaire (...) précisent qu'environ 50.000 personnes, qui se trouvent dans les localités les plus impactées, à savoir celles situées le long du fleuve Congo, sont en état de détresse", a déclaré jeudi à la radio publique le ministre de la communication, Thierry Moungalla, rendant public un compte rendu du conseil des ministres.

Ces inondations ont occasionné des pertes en vies humaines, sans que les autorités ne précisent combien, ainsi que des dégâts matériels importants.

Dans sa livraison du jour, le quotidien pro-gouvernemental Les Dépêches de Brazzaville, a fait état de trois morts à la suite des pluies ces derniers jours dans la seule capitale.

"D'énormes pertes de moyens de subsistance des populations (plantations, bétail, volailles, réserves alimentaires) et la recrudescence de certaines maladies" ont été aussi enregistrés, a ajouté M. Moungalla.

"Compte tenu de l'ampleur de cette situation, le gouvernement de la République déclare l'état de catastrophe naturelle et d'urgence humanitaire dans les départements de la Likouala, de la Cuvette (nord) et des Plateaux. (Centre)", a annoncé le ministre de la communication.

Au nord-ouest de la République démocratique du Congo voisine, les autorités et les humanitaires ont annoncé le lancement vendredi "d'interventions massives" au profit de 300.000 personnes sinistrées par les inondations provoquées par la crue de la rivière Ubangi et des pluies.

Les deux Congo vivent depuis début octobre la grande saison des pluies qui ne connaîtra de répit que fin décembre, selon les prévisions des autorités de ces deux pays.

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Nouveau couac entre le FMI et Brazzaville

Des discussions sur le financement du développement en Afrique se déroulent à Brazzaville, le 10 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué vendredi qu'il reportait le versement de 44,7 millions de dollars à la République du Congo correspondant à la deuxième tranche d'un prêt négocié dans la douleur avec Brazzaville.

Le FMI demande à Brazzaville d'aller encore plus loin dans la lutte anti-corruption et le règlement de ses dettes.

Le déblocage de 44,7 millions de dollars (l'équivalent au cours du jour de 32,4 millions de "droit de tirage spécial", l'unité du FMI) est renvoyé au "premier trimestre 2020", a indiqué par mail à l'AFP le représentant résident du FMI à Brazzaville, Alun Thomas.

Confirmant une information de Radio France internationale (RFI), M. Thomas a confirmé que le FMI demandait à Brazzaville d'accélérer dans la lutte anti-corruption, comme prévu par les "conditions publiées pour le début du programme".

Le 11 juillet, après plus de deux ans de négociations difficiles, le FMI a indiqué qu'il accordait un prêt sur trois ans de 448,6 millions à Brazzaville, moyennant des réformes ("transparence dans la gestion des ressources publiques, spécialement dans le secteur pétrolier").

Le prêt du FMI doit relancer l'économie du pays pétrolier d'Afrique centrale plombée par la chute des prix du pétrole depuis 2014 de 100 à 50 dollars.

Le FMI veut "donner plus de temps aux autorités pour progresser dans leurs négociations sur la dette extérieure avec le secteur privé. Cet élément est essentiel pour restaurer la soutenabilité de la dette", a poursuivi le représentant du FMI.

"De plus, les autorités doivent payer les arriérés externes avec les pays bilatéraux", a-t-il ajouté.

Brazzaville avait caché une partie de sa dette au FMI, ce qui avait retardé les négociations.

Entre un tiers et 50% de la dette extérieure congolaise est détenue par la Chine, ce qui avait compliqué les tractations.

Une restructuration de la dette chinoise a été nécessaire avant que le FMI n'accepte de signer son accord de prêt.

Les Congolaises demandent l'interdiction des rites de veuvage

Les Congolaises demandent l'interdiction des rites de veuvage
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Les veuves dénoncent des rites rétrogrades et une tradition antisociale

Des femme s'organisent pour lutter contre les rites du veuvage, Brazzaville le 6 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Les femmes congolaises se plaignent du mauvais traitement dont elles sont victimes pendant les rites de veuvage. Elles estiment que leur dignité est souvent bafouée et demandent que les autorités mettent fin à cette situation, en interdisant ces pratiques dans le prochain Code de la famille.

Les pleurs et autres cris de déchirement pendant le décès de l'époux ne symbolisent pas seulement la douleur de la veuve, mais également et surtout la crainte de vivre le pire des moments de sa vie.

Le veuvage est un ensemble de rites et de dures épreuves que redoute la femme congolaise. Anne Marie Paule Bakana, veuve depuis quelques années, se souvient de durs moments passés pendant le deuil de son époux.

"On barricade la porte de ta chambre, tu ne peux pas te laver, tu ne peux pas manger à l'heure où tu as faim. Et puis pour l'inhumation de ton mari, on te demande beaucoup d'argent, entre 400.000 et 2 millions de francs CFA, surtout quand tu travailles. On dénonce ça", déplore-t-elle.

Très souvent, après le deuil du conjoint, la femme est mise dehors avec ses enfants. Une double douleur que dénonce également la veuve Berthe Makita. "On te met dehors avec les enfants. Mais qu'est-ce que va devenir cette famille dans la rue ?", témoigne la veuve.

Ces épreuves relevant de la tradition sont appliquées avec vigueur par les femmes contre les femmes. Madeleine Miankaba en témoigne : "Oui hélas, par les femmes ! Mais nous serons là à conscientiser les femmes, surtout nous qui sommes déjà veuves, celles qui vont venir et nos propres filles qui seront les veuves de demain. Il faut arrêter tout cela", plaide-t-elle.

Les veuves se plaignent de leur situation au Congo, Brazzaville, le 4 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Les veuves se plaignent de leur situation au Congo, Brazzaville, le 4 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Pourquoi dans une société moderne comme le Congo le poids de la tradition contraint encore les femmes à vivre un cauchemar qui remonte aux années 50 ?

Pour le professeur Auguste Miabeto, spécialiste des langues et traditions congolaises à l'université Marien Ngouabi de Brazzaville, "il y a une décantation des traditions qui doit se faire. Il y a des choses du passé qu'on ne peut plus récupérer. Les valeurs vivantes peuvent demeurer, mais les antivaleurs sont à écarter", souligne l'universitaire.

Pour aider les femmes à faire entendre leur voix, le CUDHOC, une ONG de défense des droits humains, a initié une démarche envers les autorités pour que le futur Code de la famille abolisse clairement ces traitements inhumains et dégradants.

Le président du CUDHOC, Gasparad Mienantima, indique que "l'objectif visé est de permettre à la veuve de connaître ses droits et qu'elle sache les défendre, ensuite elle doit s'investir pour sortir la veuve congolaise de ce que nous qualifions d'esclavage".

En attendant les réformes législatives, les pleurs qui s'élèvent dans les veillées mortuaires au Congo, traduiront toujours l'amertume d'une veuve maltraitée par sa belle-famille.

Plusieurs critiques sur le CHU de Brazzaville fusent sur les réseaux sociaux

Le CHU de Brazzaville critiqué par les populations pour mauvaise prestation, le 5 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

La mort de Borgia Samba, journaliste de la télévision nationale, a provoqué plusieurs critiques sur internet, illustrant les mauvaises prestations du CHU de Brazzaville.

Décédé des suites d'un AVC, le journaliste Borgia Samba a passé trois jours aux soins intensifs du CHU, et les populations indexent l'incompétence des médecins et l'absence du plateau technique médical de ce plus grand hôpital du pays.

Depuis la mort de Borgia Samba, directeur de l'information de la télévision nationale, des suites d’un AVC, les commentaires fusent sur les réseaux sociaux, dénonçant la mauvaise prise en charge des malades au CHU.

"Le CHU-TUE n'a pas pu sauver Borgia Samba", dit un poste sur Facebook qui a suscité des dizaines de commentaires, alors qu'une vidéo montrant la grande insalubrité du CHU, circule toujours sur la toile.

Charlin Kinouani du mouvement Ras-le-Bol dénonce qualifie le CHU de Mouroir, le 4 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Charlin Kinouani du mouvement Ras-le-Bol dénonce qualifie le CHU de Mouroir, le 4 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)


Le CHU de Brazzaville vient de passer 28 mois sans subvention et connaît beaucoup de faiblesse. Ceci provoque de l'indignation des usagers. "Le CHU est devenu un mouroir, les Congolais y meurent comme des mouches. Le CHU est la dernière étape de nos hôpitaux, malheureusement on va là-bas pour trouver la mort", déplore Charlin Kinouani, dont le mouvement, Le Ras-le-bol, a organisé des sit-in devant cet établissement hospitalier pour dénoncer ces pratiques.

De son côté Alphonse, la quarantaine révolue, témoigne des circonstances difficiles dans lesquelles il a perdu sa femme au CHU. "En août 2018, ma femme a été brusquement attaquée par un AVC. C'est à ma surprise générale que je constate qu'ils n'ont rien. Ils n'ont pas de respirateur, la salle de réanimation ne fonctionne quasiment pas, parce que parfois il manque d'oxygène et c'était le cas ce jour-là", témoigne-t-il.

Alphonse poursuit : "Ils ont fait une longue ordonnance qui allait dans les 200.000 francs CFA. Je suis allé acheter les médicaments dans une pharmacie voisine, car la pharmacie du CHU n'a même pas un cachet d'aspirine. A mon retour, mon épouse était déjà décédée".

Pour administrer une thérapeutique de choc au plus grand centre hospitalier du pays avec ses 700 lits et près de 2000 agents, les autorités ont confié la relance du CHU à une équipe d'experts canadiens. Mais, huit mois après, l'intersyndicale du CHU qui dénonce plusieurs griefs, trouve que la direction n'améliore pas la situation de l'hôpital .

"Qu'on nous donne deux subventions à l'hôpital et qu'il n'y ait pas de respirateur où on prend en charge les malades d'AVC. Depuis huit mois, et j'insiste, la situation du CHU ne fait que dépérir, ne fait que se désagréger. C'est ce que nous dénonçons. Nous ne sommes pas contre la venue des Blancs, non ! Nous ne sommes pas contre la venue des Canadiens", indique Victor Bienvenu, président de l'Intersyndicale du CHU de Brazzaville.

Sylvain Villiard, DG du CHU de Brazzaville, a trois ans pour sauver cet hôpital (VOA/Arsène Séverin)
Sylvain Villiard, DG du CHU de Brazzaville, a trois ans pour sauver cet hôpital (VOA/Arsène Séverin)


Et pourtant, le Canadien Sylvain Villiard, directeur général du CHU dit que les choses commencent à bouger. Encore un peu de temps et suffisamment d'argent, les Congolais vivront la rénovation, dit-il

"Nous allons améliorer la situation à la hauteur de l'argent qui nous est donné, et nous dans les prochaines étapes nous allons aménager l'accueil, car quand vous arrivez ici, l'accueil n'est pas trop bon", promet-il.

Les syndicats s'opposent également, dans un communiqué, à l'octroi d'un éventuel crédit de 12 milliards de francs CFA, que le CHU sollicite auprès de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale, BDEAC. Une démarche que ne comprend pas Sylvain Villiard.

Des populations victimes d'inondations attendent toujours l'aide du gouvernement

Un village au bord de l'Oubangui englouti par les eaux, à Brazzaville le 24 novembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Plus de 100.000 personnes victimes des inondations dans le nord du Congo continuent d'attendre l'assistance des autorités. Le gouvernement a lancé un appel à l'aide internationale, et le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé à apporter les premiers secours.

Ces inondations, dues aux récentes pluies diluviennes, touchent les départements de la Likouala, de la Sangha, de la Cuvette et des Plateaux, dans le nord du pays. Les autorités n'ont pas hésité à décréter l'état d'urgence dans ces régions.

100.000 personnes victimes des inondations en attente d'assistance
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Les rescapés des eaux, environ 100.000 personnes, sont dans la détresse. Au ministère en charge de l'Action humanitaire, on attend toujours l'argent pour intervenir, deux semaines après la catastrophe.

Le directeur général de l'Action humanitaire, Clément Essieke, à Brazzaville le 27 novembre 2019 (VOA/Arsène Séverin)
Le directeur général de l'Action humanitaire, Clément Essieke, à Brazzaville le 27 novembre 2019 (VOA/Arsène Séverin)


Clément Essieke, directeur général de l'Action humanitaire, parle des députés qui sont venus le voir pour trouver une solution aux plaintes des populations.

"Certains élus sont venus nous voir, ayant constaté que la réponse ne venait pas alors qu'on parle d'une inondation, un phénomène jamais vécu dans la zone depuis plus de 20 ans. Ils avaient l'impression que le ministère en charge de l'Action humanitaire ne faisait rien. Nous avons reçu plus de sept élus", indique le directeur de l'Action humanitaire, précisant que son département était toujours en attente d'argent pour se déployer.

Sur le terrain, les populations se sont réfugiés dans les forêts et sur quelques mottes de terre épargnées par les eaux.

Bernadette Ondze la députée de Makotimpoko plaide pour l'aide aux populations sinistrées, à Brazzaville le 24 novembre 2019 (VOA/Arsène Séverin)
Bernadette Ondze la députée de Makotimpoko plaide pour l'aide aux populations sinistrées, à Brazzaville le 24 novembre 2019 (VOA/Arsène Séverin)


Bernadette Ondze, une députée de Makotompoko, localité sous les eaux, affirme que les populations ont besoin d'une assistance. "Le district en lui-même, c'est plus de 25.000 personnes, et ajouter les déplacés de la RDC, nous sommes à 30.000 habitants. Eux aussi, ils ont besoin d'une assistance, et là, ils sont vraiment dans le doute", dit-elle.

Le gouvernement est à la recherche de l'argent pour intervenir. A son appel, certaines organisations internationales comme le PAM, l'UNICEF ou le HCR agissent.

Jean Martin Baeur, le représentant du PAM au Congo a visité les villages inondés le long de l'Oubangui, à Brazzaville le 27 novembre 2019 (VOA/Arsène Séverin)
Jean Martin Baeur, le représentant du PAM au Congo a visité les villages inondés le long de l'Oubangui, à Brazzaville le 27 novembre 2019 (VOA/Arsène Séverin)


Le PAM a déjà assisté près de 13.000 personnes, selon Jean Martin Beaur, son représentant.

"Nous avons réussi à ce jour à assister 12.800 personnes. Chaque jour ça change et la zone est très difficile d'accès. Il s'agit des villages qui sont construits au bord de l'Oubangui, des endroits pour pratiquer la pêche et les terres basses pour faire l'agriculture, malheureusement cette position a fait qu'ils ont été affectés par cette dernière inondation", témoigne-t-il.

Le présentant du PAM ajoute : "L'accès se fait par l'eau et ils se déplacent par pirogue pour venir aux 13 points de distribution que nous avons mis en place. Sur place, il y a le HCR, il y a le PAM, il y a des ONG, ce qui nous a permis de déclencher les premiers secours".

Ces inondations ne touchent pas que le nord du pays. Brazzaville et Pointe-Noire, les deux principales villes, sont également dans la zone d'expansion des crues. De nombreux dégâts humains et matériels sont à déplorer, mais ce n'est encore que le début de la saison pluvieuse qui va durer jusqu'en mai prochain.

Les réfugiés du Sudan du Sud peinent à se réinstaller après les inondations
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