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Nigeria

Une experte de l'ONU demande aux autorités de mettre fin aux exécutions extrajudiciaires

Agnès Callamard, rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires.

Une experte des droits humains de l'ONU a demandé lundi aux autorités du Nigeria de mettre fin aux exécutions extrajudiciaires perpétrées par les forces de sécurité.

Agnès Callamard, rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a demandé que les auteurs de ces actes en répondent devant la justice, dans un rapport préliminaire publié à l'issue d'une visite de douze jours au Nigeria.

"Chaque fois qu'une personne décède ou est gravement blessée alors qu'elle est détenue par la police, chaque exécution extrajudiciaire devrait faire l'objet d'une enquête impartiale menée par un organisme indépendant", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Abuja.

Les membres des forces de sécurité soupçonnées de ces actes devaient être suspendus pendant le temps de l'enquête et ceux dont la responsabilité est démontrée démis de leurs fonctions et jugés par la justice civile, a-t-elle souligné.

"Le gouvernement devrait publiquement condamner toutes les exécutions extrajudiciaires, y compris celles de voleurs armés présumés, et annoncer que leurs auteurs seront traduits en justice dans le cadre de procès équitables devant des tribunaux civils et sans recours à la peine de mort", a demandé l'experte de l'ONU.

Pendant son séjour au Nigeria, elle a notamment rencontré les autorités, des groupes de défense des droits de l'homme et des familles de victimes de violences.

Les forces de sécurité nigérianes sont régulièrement pointées du doigt par des associations de défense des droits de l'homme pour leurs excès, notamment dans la lutte contre les jihadistes de Boko Haram.

Des bandes criminelles sèment également la terreur, volant du bétail, brûlant des maisons, pillant de la nourriture et procédant à des enlèvements contre des rançons.

Les communautés rurales ont formé des milices d'autodéfense pour pallier le manque de policiers ou de militaires dans ces zones difficiles d'accès. Mais ces forces d'autodéfense sont elles-mêmes accusées d'exécutions extrajudiciaires de bandits présumés, ce qui exacerbe les violences.

Les autorités nigérianes ont aussi été critiquées pour leur répression brutale du Mouvement islamique du Nigeria (MIN, groupe chiite pro-iranien) et des séparatistes biafrais du mouvement des Peuples autochtones du Biafra (IPOB).

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Le Nigeria saisit des propriétés de plusieurs dirigeants du foot

Amaju Pinnick, 2e à gauche, est félicité après sa réélection comme président de la Fédération nigériane de football (NFF), à Abuja, Nigeria, 20 septembre 2018. (Twitter/The NFF)

L'Etat a décidé lundi la saisie d'une douzaine de propriétés de plusieurs hauts responsables de la Fédération nigériane de football, parmi lesquels le premier d'entre eux, son président Amaju Pinnick, dans la cadre d'une vaste enquête pour corruption.

Des agents de la commission indépendante anticorruption (ICPC) ont procédé à la saisie de douze propriétés dont la moitié appartiennent à Pinnick, incluant une résidence à Londres.

Cette saisie est le dernier épisode d'une enquête ciblant des hauts responsables de la Fédération nigériane de football (NFF), accusés du blanchiment de plusieurs millions de dollars, qui doivent être entendus par la justice le 26 septembre.

"Plusieurs officiels de la NFF font actuellement l'objet d'une enquête. Ce qu'ils possèdent est disproportionné par rapport à ce qu'ils sont censés gagner", a déclaré le porte-parole de l'ICPC, Rasheedat Okoduwa.

Les hauts responsables de la NFF, dirigée par Pinnick, sont actuellement sous le coup de trois enquêtes distinctes, et doivent répondre de 17 chefs d'accusation, allant de l'omission de déclaration d'actifs au détournement de 8,4 millions de dollars (7,5 millions d'euros) versés à la NFF par la Fifa.

Dans une autre enquête, Pinnick, le secrétaire général de la NFF Mohammed Sanusi et trois de ses comptables ont également été accusés par la justice d'un vol présumé de plus de 10 millions de dollars de subventions de la Fifa et de la Confédération africaine de football (CAF), destinées au développement du football dans le pays.

Au mois de juillet, la CAF avait exclu Pinnick de son poste de vice-président à cause des charges pesant contre lui. Le dirigeant nigérian et la NFF avaient alors nié les faits, parlant d'une "chasse aux sorcières".

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