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La présidence annonce l'interdiction d'un groupe chiite

Des chiites nigerians dans la rue le 14 mai 2018 à Abuja pour reclamer la libération de leur leader Ibrahim Zakzaky.

La présidence nigériane a annoncé dimanche l'interdiction du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), un mouvement chiite radical, après une série de manifestations meurtrières dans la capitale Abuja.

"Le gouvernement devait agir avant que la situation ne soit hors de contrôle, après avoir averti à de nombreuses reprises que les gens ne devaient pas se servir de la religion pour ne pas respecter les lois", a déclaré la présidence dans un communiqué.

Au moins six manifestants, un journaliste et un policier ont été tués lundi dans des violences qui ont éclaté pendant une marche organisée par l'IMN pour obtenir la libération de son leader Ibrahim Zakzaky.

Samedi, le journal Punch a affirmé qu'un tribunal d'Abuja avait autorisé le gouvernement à interdire le mouvement pour "terrorisme et activités illégales".

"L'interdiction du Mouvement islamique du Nigeria (IMN) n'a rien à voir avec l'interdiction aux nombreux chiites pacifiques et respectueux de la loi dans le pays de pratiquer leur religion", précise la présidence. Elle "vise à décourager la violence gratuite, le meurtre et la destruction volontaire de biens publics et privés".

Selon la présidence, "des extrémistes qui ne croient pas aux manifestations pacifiques et utilisent au contraire la violence et les incendies criminels ont pris le contrôle" de l'IMN, "semant la peur et sapant les droits des autres ainsi que des autorités constituées".

Les autorités doivent faire paraître l'ordonnance du tribunal au journal officiel et dans deux journaux pour qu'elle entre en vigueur, selon Punch.

L'IMN, né en tant que mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire inspiré par la révolution islamique en Iran, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

Son chef Ibrahim Zakzaky est détenu depuis décembre 2015 après que des violences avaient éclaté pendant une procession religieuse. L'armée avait tiré, faisant plus de 350 morts, pour la plupart des chiites non armés, selon des organisations de défense des droits humains.

Avant l'annonce de la présidence, un haut responsable de l'IMN, Yahiya Dahiru, a condamné dimanche la décision du tribunal, la qualifiant de "développement dangereux", au cours d'une conférence de presse à Abuja.

"Vous ne pouvez jamais stopper une idéologie, vous ne pouvez jamais stopper une idée, vous ne pouvez jamais stopper notre religion", a-t-il lancé, soulignant que les manifestations ne cesseraient pas tant que Zakzaky ne serait pas libéré.

Ces derniers mois, des violences ont éclaté à plusieurs reprises lors des marches quasi quotidiennes de l'IMN dans la capitale, alors que l'état de santé de Zakzaky soulève de plus en plus d'inquiétude.

Fin octobre, des partisans de l'IMN avaient manifesté en masse à Abuja et la répression violente de la manifestation avait fait 47 morts, selon l'IMN et les observateurs, six selon les autorités.

La police nigériane a promis cette semaine de réprimer les "manifestations violentes" du mouvement et une forte présence des forces de sécurité était visible dans la capitale.

Zakzaky et sa femme Zeenah Ibrahim sont en détention bien qu'un tribunal fédéral ait ordonné en 2016 leur remise en liberté.

Le gouvernement a refusé et a lancé de nouvelles poursuites pénales, notamment pour homicide volontaire, un crime susceptible d'être sanctionné par la peine de mort.

Avec AFP

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VOA60 du 18 juin 2021

VOA60 du 18 juin 2021
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Nouveau kidnapping de masse dans l’Etat nigérian de Kebbi

L'école de la ville de Yauri visée par une attaque des hommes armés, au Nigeria, le 18 juin 2021.

Dans les régions du nord-est et du nord ouest des centaines d’écoles ont fermé pour raison de sécurité.

Nouveau rapt dans une école publique de l’Etat de Kebbi dans le nord-ouest. Des hommes armés ont enlevé des élèves de l’internat de la ville de Yauri. Un policier a été tué lors d'un échange de tirs.

On ne sait pas encore combien d’élevés ont été enlevés mais des hommes armés ont envahi le Collège du gouvernement fédéral de Yauri jeudi. Les assaillants ont maîtrisé l'unité de police qui gardait l'école. Ils ont ensuite kidnappé les élèves et les enseignants.

"Pour Boko Haram, l’éducation occidentale n’est pas bonne. C’est pour cette raison qu’ils attaquent des écoles pour enlever des enfants. Je ne pense pas que cela est une bonne chose. Le gouvernement doit renforcer les mesures de sécurité", souligne Agwu Excel Anthony, une élève.

"Je demande au gouvernement de recruter plus de personnel de sécurité pour protéger les enfants. Aujourd’hui au Nigeria les enfants sont enlevés dans les écoles par les éléments de Boko haram et ça c’est pas bon", explique Ugonna, une autre élève.

Les autorités locales effectuent actuellement un contrôle pour déterminer le nombre exact de personnes portées disparues.

Dans le pays, c’est encore l’indignation comme le témoigne le père Malaki Nmadewest, principal de l’école Maria Boys College.

"La situation est alarmante. Et la question de la sécurité de toute nation doit être une priorité. Surtout pour les enfants et les femmes en grossesse. Mais c’est malheureux de voir que c’est le contraire qui se produit dans notre situation d’aujourd’hui".

Le Nigeria a connu une vague d'enlèvements dans des écoles ces derniers mois. Dans les régions du nord-est et du nord ouest des centaines d’écoles ont fermé pour raison de sécurité.

Ce nouvel incident survient après qu'un autre groupe d'hommes armés a enlevé quatre ressortissants chinois près de Lagos, dans le sud-ouest du pays.

Plus de 130 enfants enlevés dans une autre école coranique dans l'État du Niger le mois dernier sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs. Les autorités de l’Etat refusent tout versement de rançon pour leur libération.

L'ONU souhaite une approche combinant humanitaire, développement et sécurité du Sahel

Un groupe de filles du Niger attend l'arrivée d'un convoi des Nations Unies dans le village de Sabon Machi, dans la région de Maradi, au Niger, le 16 août 2018.

La région du Sahel, où l'opération française Barkhane va céder la place à une coalition internationale, requiert une approche coordonnée combinant humanitaire, développement et sécurité, a indiqué le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d'une "alliance internationale" associant des Européens.

Selon le dernier rapport du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) sur les déplacements dans le monde publié vendredi, environ 750.000 personnes ont été nouvellement déplacées au Sahel, "dans ce qui est peut-être la crise régionale la plus complexe au monde".

"La dynamique de la crise est donc négative", a déclaré le Haut Commissaire Filippo Grandi, dans un entretien à l'AFP.

"Regardez ce qui se passe au Nigeria par exemple; le Tchad traverse une transition politique difficile; le Mali continue d'être instable; le Burkina Faso et le Niger sont fragiles", a-t-il égrené.

Soulignant l'importance stratégique de cette région africaine pour l'Europe, M. Grandi a dit espérer qu'une "approche stratégique qui combine tout - l'humanitaire, le développement, l'investissement dans l'éducation et dans la prospérité économique, et le volet sécurité - pourra se faire de manière plus coordonnée."

"Ce qu'il faut au Sahel, c'est une combinaison de plusieurs interventions", a-t-il insisté.

Fin de l'opération Barkhane et exemple d'Afghanistan

Après huit ans de présence ininterrompue au Sahel, où sont aujourd'hui déployés 5.100 de ses militaires, la France veut désormais passer d'un statut de force en première ligne contre les jihadistes à celui de force d'accompagnement et d'appui (renseignement, drones, avions de chasse...).

La décroissance des effectifs militaires français s'opérera progressivement, avec un jalon à environ 3.500 hommes d'ici un an puis 2.500 personnes d'ici 2023, selon une source familière du dossier. Les commandos d'élite de la task force française "Sabre" devraient être maintenus pour poursuivre la traque des chefs jihadistes qui sévissent dans la région.

"Il est certain que les opérations militaires internationales visant à faire face à ces types de crises, comme l'opération française Barkhane ou les troupes américaines en Afghanistan, ne peuvent pas être maintenues éternellement. Je comprends cela", a affirmé Filippo Grandi.

"Le problème est que si, pendant que ces troupes sont présentes, les investissements appropriés ne sont pas faits pour répondre à tous les aspects de la crise, alors lorsque l'on retire les troupes, les causes de la crise sont toujours présentes et la crise peut repartir", a-t-il développé.

Et de conclure: "Ce qui signifie qu'après quelque années, d'autres troupes doivent être envoyées. C'est certainement ce qui nous préoccupe en Afghanistan", d'où les forces américaines vont se retirer.

Le président des Etats-Unis Joe Biden a décidé de retirer tous les soldats américains au plus tard le 11 septembre 2001, pour le vingtième anniversaire des attentats à New York et Washington, qui avaient provoqué l'intervention en Afghanistan.

Pour M. Grandi, le retrait américain risque de provoquer une augmentation de la violence dans le pays: "Nous nous y préparons".

Selon le HCR, 2,6 millions d'Afghans ayant fui leur pays vivaient fin 2020 à l'étranger.

Boko Haram confirme la mort de son chef historique et nomme un remplaçant

Le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, dans une capture d'écran prise le 2 janvier 2018 d'une vidéo.

Le groupe nigérian jihadiste Boko Haram a confirmé la mort de son leader historique, mort lors de combats avec le groupe rival Etat islamique en Afrique de l'Ouest, l'Iswap, a annoncé Bakura Modu, dit Sahaba, le nouveau chef présumé, dans une vidéo envoyée mercredi à l'AFP par des sources vérifiées.

Sahaba, important commandant de Boko Haram connu par les experts pour être basé sur le lac Tchad, demande à "Allah de bénir l'âme de Shekau", mort "en martyr" et accuse le chef de l'Iswap, "Abu Musab Al-Barnawi, cet agresseur pervers", de l'avoir tué.

Dans son message, prononcé en arabe et qui s'arrête de manière très abrupte au milieu d'une phrase sans raison apparente, celui qui se présente comme le nouveau chef de cette ancienne secte islamique transformée en mouvement jihadiste violent, appelle à se venger contre le groupe rival, qui a fait scission de Boko Haram en 2016.

La semaine dernière, l'Iswap avait annoncé la mort d'Abubakar Shekau, chef historique du groupe depuis la mort du fondateur Mohammed Yusuf en 2009, qui se serait fait exploser pendant des combats entre les deux groupes rivaux dans la forêt de Sambisa, dans le nord-est du Nigeria.

Cette annonce venait confirmer de nombreuses rumeurs donnant Shekau pour mort depuis le mois de mai.

L'Iswap, reconnu par le groupe Etat islamique, est né en 2016 d'une scission avec Boko Haram, auquel il reproche notamment des meurtres de civils musulmans.

Après être monté en puissance, il est désormais le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria, multipliant les attaques d'ampleur contre l'armée nigériane.

Depuis 2019, l'armée nigériane s'est retirée des villages et bases de petite importance, pour se retrancher dans des "supercamps", une stratégie critiquée car elle permet aux jihadistes de se déplacer sans entraves dans les zones rurales.

Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit a fait près de 36.000 morts et deux millions de déplacés.

L'inflation fait basculer 7 millions de personnes dans la pauvreté au Nigeria

Un bateau des services de ferry de l'État de Lagos quitte la jetée du terminal Five Cowries à Lagos, au Nigéria, le 10 février 2020.

Au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, l'inflation portée par une forte augmentation des prix des biens alimentaires a fait basculer environ 7 millions de personnes de plus dans la pauvreté, affirme un rapport de la Banque mondiale publié mardi.

La plus grande économie d'Afrique est entrée en 2020 en récession du fait de la pandémie et de la chute des prix du pétrole, sa principale ressource, avant de renouer avec une faible croissance début 2021.

"En 2020, l'économie nigériane s'est moins rétrécie (-1,8%) que ce qui avait été prévu au début de la pandémie (-3,2%). Mais bien que la croissance ait repris, les prix ont continué d'augmenter rapidement, affectant sévèrement les ménages nigérians", explique ce rapport.

"Pour la seule année 2020, la hausse des prix a poussé environ 7 millions de Nigérians sous le seuil de pauvreté", estime l'organisation financière, qui précise que "les prix des denrées alimentaires ont représenté plus de 60 % de l'augmentation totale de l'inflation".

Entre mars 2020 et mars 2021, les prix ont augmenté de 18,17% au Nigeria, selon le Bureau national des statistiques, soit le taux le plus important enregistré depuis quatre ans.

Selon le World Poverty Clock, qui utilise les données des Nations unies, du FMI et de la Banque mondiale, 41 % de la population nigériane, soit près de 87 millions de personnes, vivent avec moins de 1,90 dollar par jour.

"Le Nigeria fait face à des défis tels que l'inflation, le manque d'emplois et l'insécurité", note le directeur-pays de la Banque mondiale pour le Nigeria, Shubham Chaudhuri.

Le premier producteur de pétrole en Afrique subsharienne doit de toute urgence réduire l'inflation en promouvant une croissance inclusive et la création d'emplois, ainsi qu'en donnant accès à des financements aux petites et moyennes entreprises pour aider à compenser l'impact des prix élevés, plaide ce rapport.

Outre l'inflation, la hausse du chômage a laissé un tiers de la main-d'œuvre nigériane sans emploi à la fin de 2020, selon le bureau des statistiques.

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