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Boko Haram multiplie les rapts contre rançon dans le sud-est du Niger, proche du Nigeria

Des réfugiés fuyant la localité nigériane de Malam Fatori, près des frontières du Nigeria avec le Niger et le Tchad,passent devant une patrouille de soldats nigériens pour se rendre à Bosso, au Niger, le 25 mai 2015.

"Paysans ou commerçants, ici, personne n'est à l'abri d'un enlèvement par Boko Haram", prévient Lawan Boukar, un habitant de Diffa, région du sud-est du Niger où le groupe djihadiste nigérian multiplie les rapts contre rançon, entre autres exactions.

"Ces rapts sont le fait de Boko Haram", qui opère depuis 2015 dans cette région située à 1.500 km de Niamey et riveraine du Lac Tchad, un de ses repaires, à cheval entre le Niger, le Tchad et le Nigeria, assure à l'AFP un élu local.

Pour contrer les djihadistes nigérians, les autorités nigériennes ont décrété l'état d'urgence dès 2016, fermé des marchés, imposé un contrôle sur les ventes de carburant, des engrais et interdit la commercialisation du poisson et du poivron, privant les insurgés de ressources.

"Nous avons réussi à affaiblir Boko Haram avec les actions militaires mais aussi les mesures sécuritaires. Ils ont moins d'argent" tiré des rackets et de prélèvements forcés d'impôts et de taxes, avait expliqué un ministre à l'AFP.

Conséquence: "Ils ont changé leurs méthodes en raison de notre dispositif", avait-t-il poursuivi.

Pour renflouer les caisses, "ils enlèvent des gens et demandent des rançons", explique Moussa Tchangari, le responsable de l'ONG Alternative Espace Citoyen.

Un total de 179 personnes ont été enlevées depuis janvier 2019 dans des zones où les éléments de "groupes armés non étatiques" (dont Boko Haram) "sont très actifs", d'après les Nations Unies.

Les kidnappings sont souvent perpétrés de nuit dans des villages bordant la rivière Komadougou - frontière avec le Nigeria -, sur les îles ou sur les axes menant aux marchés, note un élu local.

"Ces enlèvements prennent des proportions inquiétantes pour les populations et les autorités", s'alarme Bako Mamadou, maire de Bosso, une commune théâtre de plusieurs enlèvements. Les rançons sont généralement versées en nairas (la devise du Nigeria) et peuvent "dépasser le million de francs CFA (plus de 1.500 euros)", détaille-t-il.

- les femmes particulièrement visées -

Pour Moussa Tchangari, ces demandes de rançon saignent les populations "à très faibles revenus", qui viennent déjà en aide à de milliers de déplacés et réfugiés fuyant les exactions de Boko Haram. "Ce sont les proches des victimes qui cotisent pour réunir les sommes exigées", explique-t-il.

Les habitants de Diffa sont surtout angoissés par la récurrence des rapts de femmes et de filles dont "certaines sont retenues définitivement" par leurs ravisseurs, rappelle le maire Bako Mamadou.

Sur 73 personnes enlevées au cours des cinq premiers mois de l'année, l'ONU a dénombré "13 femmes et 28 filles".

"Des parents fuient pour mettre leurs fillettes en lieu sûr", raconte Madou Adam, un habitant de Gueskérou, à la frontière entre le Niger et le Nigeria. Certains garçons kidnappés sont enrôlés comme combattants, les femmes épousées de force ou sont réservées "à des attentats-suicides", assure-t-il.

En 2018, des parlementaires de Diffa avaient demandé au gouvernement "d'agir vite" pour ramener les otages et "mieux sécuriser" leur région. Des ONG locales avaient également pressé le gouvernement nigérien "à rechercher et à libérer" les personnes enlevées.

Le rapt en juillet 2017 par Boko Haram de 39 personnes - 33 femmes et six garçons - avait provoqué une vive réprobation dans le pays. Quinze autres filles ont depuis été enlevées en novembre 2018.

"Les otages sont conduits dans les zones marécageuses du Lac Tchad, très difficiles d'accès, ce qui ne facilite guère les recherches", répond un responsable du gouvernorat de Diffa.

Le gouvernement "s'organise pour essayer de juguler ce problème", avait déclaré le ministre. Mais la donne se complique du fait qu'"il y a beaucoup de bandits aussi qui n'ont rien à voir avec Boko Haram mais se font passer pour eux."

Avec AFP

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L'Ivoirien François Zahoui n'est plus le sélectionneur du Niger

François Zahoui lors d'un match entre le Niger le Sénégal, Dakar, le 26 mars 2016.

L'Ivoirien François Zahoui n'est plus le sélectionneur du Niger, poste qu'il occupait depuis 2015, a annoncé mardi la Fenifoot, la Fédération nigérienne de football.

"François Zahoui a décidé de quitter son poste de sélectionneur de l'équipe nationale du Niger, c'est une séparation à l'amiable", a indiqué à l'AFP Ibrahim Tikiré, porte-parole de la Fédération.

"François Zahoui n'a aucun contrat (ndlr: en bonne et due forme) avec la Fenifoot, il a donc décidé d'aller chercher un horizon prometteur", a-t-il expliqué.

Le technicien ivoirien de 58 ans n'était pas parvenu à qualifier le Niger pour la Coupe d'Afrique des Nations 2019 et était la cible de critiques acerbes depuis une défaite 6-0 face à l'Egypte en septembre 2018.

François Zahoui avait succédé au Franco-Allemand Gernot Rohr qui avait démissionné en octobre 2014 pour cause de mauvais résultats, après avoir échoué à qualifier le "Mena", surnom de l'équipe du Niger, pour sa troisième CAN consécutive.

Deux véhicules du CICR braqués dans l'Ouest

Distribution d'eau potable et de vivres par le CICR à Bosso le 25 mai 2015.

Deux véhicules de la Croix rouge ont été volés par des hommes armés dans la région de Tillabéri, dans l'ouest du Niger, une zone instable frontalière du Mali et théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes, a annoncé vendredi à l'AFP le CICR.

"Deux véhicules du Comité international de la Croix rouge (CICR) ont été emportés mercredi dernier par des hommes armés, mais leurs occupants étaient rentrés saints et saufs chez eux", a indiqué à l'AFP un membre de la Croix rouge nigérienne à Niamey.

Le braquage a eu lieu vers Tongo Tongo, une zone frontalière du Mali où 28 soldats nigériens avaient été tués en mai 2019, alors qu'une attaque, en octobre 2017, y avait coûté la vie à quatre soldats américains et cinq militaires nigériens.

Dans cette même région de Tillabéri, des hommes armés avaient emporté le 2 mai deux véhicules de Médecins sans frontières (MSF) alors qu'une équipe mixte de MSF et du ministère nigérien travaillait dans un centre de santé de la localité de Weita Bangou.

Selon le ministère nigérien de l'Intérieur, un des véhicules de MSF avait été utilisé le 14 mai par des "terroristes" qui avaient tenté de prendre la prison de haute sécurité près de Niamey où sont écroués des jihadistes.

En outre, le 7 mai, six personnes armées venues à moto avaient fait irruption dans un camp onusien de réfugiés Maliens de Tabarey Barey (Tillabéri) et étaient repartis avec deux véhicules humanitaires, sans faire de victimes.

Les sinistrés des inondations se réfugient sur les hauteurs de Niamey

Des enfants transportent de la latérite sur un chariot pour construire des barrages afin d'arrêter les eaux du fleuve Niger à Niamey le 3 septembre 2019.

"Enfin, nous sommes arrivées !" se réjouissent Amina et Halima, deux habitantes de Niamey, en descendant de la camionnette qui les a conduites sur le site aménagé de Saguia, en périphérie de Niamey, où sont relogés des sinistrés des inondations provoquées par une crue exceptionnelle du fleuve Niger.

Il y a deux semaines, les autorités nigériennes ont décrété l'"alerte rouge", après que le niveau des eaux du troisième grand fleuve d'Afrique a atteint un seuil "jamais vu en plus de 50 ans".

Selon le dernier bilan officiel publié mardi, les inondations qui affectent tout le Niger depuis le début de la saison des pluies en juin ont fait 57 morts et plus de 130.000 sinistrés.

A Niamey même, les inondations ont déjà fait plus de 6.300 personnes sinistrées. A pied, à moto, sur des charrettes, en taxi ou à bord de véhicules affrétés par les autorités, les victimes des inondations ont afflué vers Saguia.

D'habitude interdit au public, ce terrain vague de l'armée nigérienne surplombe le fleuve. En 2012, il avait abrité 400 soldats maliens qui avaient fui une offensive de rebelles touareg dans le nord du Mali.

Depuis ces hauteurs, on aperçoit des habitations avalées par les eaux et des rizières englouties. Pour accéder au site, il faut être détenteur d'un "ticket" délivré dans les écoles qui ont servi de site de transit aux sinistrés, expliquent à l'AFP des gendarmes qui filtrent les arrivants, l'arme au poing.

A l'intérieur de l'immense camp, sapeurs-pompiers et ouvriers municipaux ont dressé des dizaines de tentes blanches offertes par les agences des Nations Unies et la Croix Rouge.

"Les gens une fois arrivés ici sont installés dans des tentes (...) et nous avons suffisamment de vivres pour eux", a affirmé à l'AFP le gouverneur de Niamey, Issaka Assane Karanta, rencontré sur le site.

Le groupe électrogène et le forage d'eau potable "ont été remis en état", des lampadaires seront bientôt installés et un cabinet médical est opérationnel "pour les soins d'urgence", assure-t-il. Quelque 122 ménages, soit 854 personnes, ont été installés et le site pourra à terme accueillir 1.200 sinistrés, selon lui.

"On nous a donné du riz, du mil, des moustiquaires, des couvertures et de l'eau potable", énumère Aïssa Salifou, qui se maquille sous sa tente, tête et épaules recouvertes d'un grand voile. "Les eaux nous ont surpris en plein sommeil, on a dû démolir des murs des maisons voisines pour nous exfiltrer", raconte cette résidente de Kirkissoye, un des quartiers les plus affectés.

- 'J'ai été chanceuse' -

Tout en surveillant sa marmite sur le feu, Fatouma Boubacar, une autre sinistrée de Kirkissoye, se dit soulagée : "Nous vivons dans les bas-fonds où nous avons été piégés par les eaux, ici c'est spacieux, bien aéré et surtout bien sécurisé". Arrivée il y a deux jours, Fatouma a repris son commerce de légumes, qu'elle exerçait avant la catastrophe.

"J'ai été chanceuse : à peine sortie de ma maison, le toit s'est effondré", raconte Ramatou Abdou, allongée dans un fauteuil, un cure-dent coincé entre les dents. "J'attends mon premier bébé dans un mois, je vais le prénommer +Saguia".

A l'ombre d'un arbre géant, une dizaine de nouveaux arrivants attendent l'achèvement de nouveaux abris pour les occuper. Loin des menaces du fleuve, des enfants ont reconstitué leur équipe de foot du quartier et courent derrière un ballon en chiffon, pieds et torse nus sous un soleil de plomb. A l'autre bout du camp, un gendarme, l'arme en bandoulière, met de l'ordre dans une file de gamins, qui attendent, assiettes à la main, de recevoir un repas chaud servi par une ONG.

"Nous tentons de vivre ici en attendant de voir ce que Allah nous réserve", résume, fataliste, Fatouma Boubacar.

Le niveau du fleuve a certes un peu baissé mais le gouverneur Karanta conseille aux riverains "la vigilance" et surtout "de s'éloigner du lit du fleuve".

La météo prévoit de nouvelles fortes précipitations jusqu'à la "mi-octobre".

Nouveau bilan des inondations

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57 morts et 130.000 sinistrés dans des inondations depuis juin

Une rue inondée par le fleuve Niger dans le quartier Saga de Niamey le 11 septembre 2017.

Les inondations qui affectent le Niger, y compris le Nord désertique, depuis le début de la saison des pluies en juin, ont fait 57 morts et plus de 130.000 sinistrés, selon le dernier bilan du gouvernement publié mardi soir.

"La situation des inondations à la date du 10 septembre 2019 est de : "57 décès" et "132.528 personnes sinistrées", soit "16.093 ménages", selon un communiqué du conseil des ministres nigériens.

En outre, les eaux ont détruit 12.241 maisons, décimé 851 têtes de bétail et englouti plus de 2.251 hectares de cultures, déplore le gouvernement.

La capitale Niamey est particulièrement touchée cette année par une crue exceptionnelle du Niger qui a déjà fait un total de 6.310 personnes sinistrées.

Les régions de Maradi (sud-est) et de Zinder (centre-sud) sont les plus durement affectées avec respectivement 25.040 et 39.060 sinistrés.

La région de Dosso (sud-ouest), très humide, a enregistré 11.231 sinistrés.

Le Nord désertique du pays a été inhabituellement affecté : 18.255 sinistrés ont été répertoriés dans la région d'Agadez.

Un précédent bilan publié le 2 septembre par le ministre nigérien chargé de l'Action humanitaire faisait état de 42 morts et 70.000 sinistrés, dont plus de 2.000 à Niamey.

La saison des pluies bat son plein au Niger. En dépit de sa courte durée - au plus trois mois - et de la faiblesse des précipitations, ce pays fait face depuis quelques années à des inondations, y compris dans les zones désertiques du Nord.

Un paradoxe dans cet Etat très sec où les mauvaises récoltes sont habituellement dues à la sécheresse.

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