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Mali

Manifestation contre l'insécurité et les "assassinats"

Manifestation à Bamako le 2 février 2012.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté lundi contre l'insécurité et les assassinats à Bandiagara, dans le centre du Mali, confronté aux violences intercommunautaires et aux attaques jihadistes, a indiqué un collectif d'associations de jeunes du pays dogon.

"Nous avons enregistré depuis la dernière visite du Premier ministre (Boubou Cissé, en août) une cinquantaine de cas d'assassinats", a déclaré à l'AFP le chef du Collectif des associations des jeunes du pays dogon (CAJPD), Adama Diongo, l'un des organisateurs de la marche, joint par téléphone.

"On ne comprend pas le mutisme du gouvernement. Est-ce que c'est pour montrer au monde entier que la situation est maitrisée, alors qu'elle ne l'est pas ? Nous sommes excédés !", a-t-il ajouté.

Les manifestants de Bandiagara, localité qui accueille des déplacés chassés de leurs villages par les violences dans le pays dogon, entre Mopti (centre) et la frontière avec le Burkina Fasso, réclament notamment de pouvoir "rentrer cultiver" leurs champs, selon une banderole déployée en tête de cortège.

Selon des photos publiées par des médias maliens, des manifestants portaient également des pancartes où l'on pouvait lire "Vive DANA", du nom du groupe armé dogon Dan Nan Ambassagou, officiellement dissous après le massacre d'Ogossagou le 23 mars (quelque 160 Peuls tués par des chasseurs dogons présumés), sans pour autant avoir cessé ses activités.

Dan Nan Ambassagou a affirmé le 5 septembre avoir été visé par des bombardements de l'armée malienne, qui a confirmé à l'AFP avoir "mené des opérations au centre pour assurer la sécurité des biens et des personnes", sans plus de détail.

"Nous sommes sortis pour demander l'arrêt total du désarmement forcé, protester contre les bombardements des camps de Dan Nan Ambassagou (et réclamer) la sécurisation du pays dogon et la mobilisation contre la faim", a déclaré à l'AFP une manifestante, Aminata Nantoumé.


Depuis l'apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé des "groupes d'autodéfense", dont Dan Nan Ambassagou est le plus organisé.

Des accords de cessation des hostilités ont été signés début août par des groupes armés peuls et dogons, lors de la visite du Premier ministre. Mais plusieurs accords semblables sont restés lettre morte par le passé et les violences se sont poursuivies ces dernières semaines, attribuées tant aux groupes jihadistes qu'aux milices d'auto-défense.

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Massacre au village d’Ogossagou Peul

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Un an après, une nouvelle attaque fait 21 morts dans un village martyr du Mali

Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, inspecte les dégâts après une attaque par des hommes armés contre des éleveurs peuls à Ogossagou, au Mali, le 25 mars 2019.

Vingt-et-un villageois ont été tués lors d'une attaque de nuit dans le village malien d'Ogossagou (centre), a annoncé le gouvernement, un an après le massacre de 160 Peuls attribué à des chasseurs dogon dans la même localité.

Les chasseurs dogon ont à nouveau été montrés du doigt par des responsables locaux sans que rien ne permette de corroborer indépendamment le caractère communautaire de l'attaque dans cette zone reculée frontalière du Burkina Faso. Les autorités ont, elles, été mises en cause en raison du retrait de l'armée de la localité quelques heures avant le carnage.

"On avait dit aux militaires de ne pas partir et ils sont partis. Ce qui a encouragé les chasseurs traditionnels à revenir", a dit un élu local s'exprimant sous le couvert de l'anonymat pour des raisons de sécurité.

Une trentaine d'hommes armés ont donné l'assaut dans la nuit de jeudi à vendredi, a dit à l'AFP le chef du village, Aly Ousmane Barry. Le village a été partiellement incendié, a-t-il rapporté au téléphone. Les stocks alimentaires ont été détruits et du bétail emporté, d'après des témoignages.

Vendredi, le chef du village a procédé au "décompte en présence des militaires et des services de santé. Nous avons 20 morts, certains étaient calcinés". Le gouvernement a fait état pour sa part de 21 morts.

D'autres villageois, dont le nombre diffère selon les sources, sont portés disparus.

Un détachement de l'armée a été dépêché pour traquer les assaillants, a dit le porte-parole du gouvernement dans un communiqué. La mission de l'ONU au Mali (Minusma) a dit avoir déployé une force de réaction rapide aussitôt qu'elle a été informée. Elle a aussi fourni un appui aérien afin de prévenir toute nouvelle attaque et évacuer les blessés.

Le gouvernement malien "continuera d'assurer la protection des populations", a dit son porte-parole, Yaya Sangaré.

Ogossagou avait pourtant été visée le 23 mars 2019 par une attaque qui avait coûté la vie à 160 civils. Attribuée à des chasseurs dogon, elle avait été le point culminant de violences intercommunautaires alors en cours dans le centre.

- Cycle de représailles -

Cette région est prise dans un tourbillon de violences depuis 2015 et l'apparition d'un groupe jihadiste emmené par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté parmi sa communauté, et rejoint le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda, dès sa création en 2017.

Les affrontements se sont multipliés entre les Peuls, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, qui pratiquent essentiellement l'agriculture. Ces dernières ont créé des groupes d'autodéfense en s'appuyant sur les chasseurs traditionnels dozos.

La principale association de chasseurs dogon, Dan Nan Ambassagou, avait été officiellement dissoute au lendemain du massacre à Ogossagou, mais elle n'a jamais cessé d'opérer.

Si le rythme des attaques d'envergure a ralenti, les actes de violences quotidiennes n'ont jamais cessé dans la région.

Outre ces exactions et représailles communautaires, le Mali est en proie à une poussée jihadiste qui, partie du nord, a atteint le centre du pays puis le Burkina et le Niger voisins. Dans cette spirale s'est inscrite une explosion de la criminalité de droit commun et du brigandage. Depuis 2012, les violences ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Quelque 500 civils ont été tués dans le centre rien qu'en 2019, année la plus mortelle pour les civils depuis 2012, selon l'ONG Human Rights Watch.

- Mondoro à nouveau attaqué -

L'armée malienne, quant à elle, a perdu des dizaines de soldats dans une succession d'opérations jihadistes ces derniers mois. Elle a procédé à un repositionnement de ses forces, s'exposant à l'accusation de livrer à elles-mêmes certaines populations civiles.

L'un de ses camps, Mondoro, déjà pris pour cible en septembre avec celui voisin de Boulkessi dans une double attaque qui avait fait 40 morts, a de nouveau été attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi. Un garde national a été tué, a-t-on appris de sources sécuritaires.

Mercredi, un militaire malien a également été tué dans une attaque jihadiste à Dialloubé, également dans le centre, a annoncé l'armée vendredi. Cinq jihadistes ont été tués, a-t-elle dit.

Le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, a relevé dans un communiqué que l'attaque d'Ogossagou survenait alors que l'armée malienne venait d'accomplir dans le Nord un acte d'affirmation de l'autorité étatique sur le territoire en revenant jeudi à Kidal, contrôlée par les ex-rebelles touareg.

"Il est urgent de briser cette spirale de la violence", a-t-il dit.

L’armée malienne enfin à Kidal après des années d’absence

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20 civils ont été tués morts dans l'attaque du village martyre d'Ogossagou

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