Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

République du Congo

Les veuves dénoncent des rites rétrogrades et une tradition antisociale

Des femme s'organisent pour lutter contre les rites du veuvage, Brazzaville le 6 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Les femmes congolaises se plaignent du mauvais traitement dont elles sont victimes pendant les rites de veuvage. Elles estiment que leur dignité est souvent bafouée et demandent que les autorités mettent fin à cette situation, en interdisant ces pratiques dans le prochain Code de la famille.

Les pleurs et autres cris de déchirement pendant le décès de l'époux ne symbolisent pas seulement la douleur de la veuve, mais également et surtout la crainte de vivre le pire des moments de sa vie.

Le veuvage est un ensemble de rites et de dures épreuves que redoute la femme congolaise. Anne Marie Paule Bakana, veuve depuis quelques années, se souvient de durs moments passés pendant le deuil de son époux.

"On barricade la porte de ta chambre, tu ne peux pas te laver, tu ne peux pas manger à l'heure où tu as faim. Et puis pour l'inhumation de ton mari, on te demande beaucoup d'argent, entre 400.000 et 2 millions de francs CFA, surtout quand tu travailles. On dénonce ça", déplore-t-elle.

Très souvent, après le deuil du conjoint, la femme est mise dehors avec ses enfants. Une double douleur que dénonce également la veuve Berthe Makita. "On te met dehors avec les enfants. Mais qu'est-ce que va devenir cette famille dans la rue ?", témoigne la veuve.

Ces épreuves relevant de la tradition sont appliquées avec vigueur par les femmes contre les femmes. Madeleine Miankaba en témoigne : "Oui hélas, par les femmes ! Mais nous serons là à conscientiser les femmes, surtout nous qui sommes déjà veuves, celles qui vont venir et nos propres filles qui seront les veuves de demain. Il faut arrêter tout cela", plaide-t-elle.

Les veuves se plaignent de leur situation au Congo, Brazzaville, le 4 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Les veuves se plaignent de leur situation au Congo, Brazzaville, le 4 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Pourquoi dans une société moderne comme le Congo le poids de la tradition contraint encore les femmes à vivre un cauchemar qui remonte aux années 50 ?

Pour le professeur Auguste Miabeto, spécialiste des langues et traditions congolaises à l'université Marien Ngouabi de Brazzaville, "il y a une décantation des traditions qui doit se faire. Il y a des choses du passé qu'on ne peut plus récupérer. Les valeurs vivantes peuvent demeurer, mais les antivaleurs sont à écarter", souligne l'universitaire.

Pour aider les femmes à faire entendre leur voix, le CUDHOC, une ONG de défense des droits humains, a initié une démarche envers les autorités pour que le futur Code de la famille abolisse clairement ces traitements inhumains et dégradants.

Le président du CUDHOC, Gasparad Mienantima, indique que "l'objectif visé est de permettre à la veuve de connaître ses droits et qu'elle sache les défendre, ensuite elle doit s'investir pour sortir la veuve congolaise de ce que nous qualifions d'esclavage".

En attendant les réformes législatives, les pleurs qui s'élèvent dans les veillées mortuaires au Congo, traduiront toujours l'amertume d'une veuve maltraitée par sa belle-famille.

Toutes les actualités

Un ancien partisan de Sassou appelle à l'unité de l'opposition pour la présidentielle de 2021

Jean-Jacques Serge Yhombi Opango appelle à une candidature unique de l'opposition, Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Le vice-président du Rassemblement pour la Démocratie et le développement (RDD), Jean Jacques Serges Yhombi Opango, un ancien partisan du président Denis Sassou N'Guesso, appelle l'opposition à se mettre ensemble pour choisir choisir un candidat unique aux élections de 2021.

L'idée fait mouche au sein même de l'opposition qui ne s'est pas encore remise de ses divisions de la dernière présidentielle.

Jean Jacques Serges Yhombi Opango appelle à l'unité de l'opposition face à Sassou N'Guesso
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:44 0:00


Pour Yhombi Opango, il faut que les opposants parlent d'une seule voix et choisissent un candidat unique pour cette future élection présidentielle. Une équation difficile, mais à laquelle le vice-président du RDD croit fermement.

"Dans la situation actuelle, aller aux élections, justement si nous ne sommes pas un, si nous ne désignons pas un candidat, cela va être de l'aventure pure, d'aller s'affronter avec ce pouvoir qui a tout en mains", a-t-il affirmé dans un échange avec la presse.

Ce fils d'ancien chef d'Etat et dont le parti, le RDD, était il y a encore quelques mois, de la majorité présidentielle, a dénoncé la volonté de ses anciens alliés de demeurer au pouvoir.

"Ils ne changeront rien, et ils n'ont pas envie de changer les choses, car ils peuvent rester au pouvoir. Si nous loupons le coche cette fois-ci, ce système inique va rester au pouvoir pendant 100 ans. Ce qui veut dire, il faut qu'on le stoppe", a-t-il prévenu.

Dans le camp de l'opposition constitutionnelle, cet appel à l'unité a suscité des réactions, dont celle d'Armand Mpourou, président de la Dynamique pour le Développement du Congo, qui estime que c'est encore très tôt.

"Cela peut être possible, mais tel que nous analysons la vie politique congolaise, il y a encore de la jalousie et de la haine, c'est un peu difficile qu'un homme supporte l'élévation de l'autre", a-t-il dit, reconnaissant que c'est "encore un peu hésitant".

Historiquement, les opposants congolais se sont déjà mis ensemble entre 2015 et 2016 à travers un front contre le référendum constitutionnel et la réélection de Denis Sassou N'Guesso. Mais là, l'échec a été retentissant.

Paul Marie Mpouele, ancien coordonnateur de FROCAD, à Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Paul Marie Mpouele, ancien coordonnateur de FROCAD, à Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)


Paul Marie Mpouele était alors coordonnateur de ce front, le FROCAD.

"Il y avait trop d'ego, pas de projet commun, il y avait trop de suspicion. Chacun voulait en réalité se la jouer solo pour être le partenaire privilégié du pouvoir, je crois que c'est cela qui n'a pas marché", a-t-il reconnu.

Analysant les possibilités de l'opposition congolaise de se mettre ensemble d'ici 2021, l'universitaire Vivien Manangou reste pessimiste.

L'universitaire Vivien Manangou affirme que l'appel de Yhombi, à Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
L'universitaire Vivien Manangou affirme que l'appel de Yhombi, à Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)


"S'oppose-t-il au président ou s'oppose-t-il au fait que le RDD ne soit pas en position de gouvernance ? Nous savons bien que l'opposition n'arrive pas à se réunir, parce qu'elle n'a pas de fil conducteur idéologique. Or, aujourd'hui, il n'y a pas d'idéologie. Donc, elle ne se réunira pas tant que ce sera uniquement des appétits personnels. L'appel de M. Yhombi est donc un coup d'épée dans l'eau", a-t-il indiqué d'un ton assuré.

A l'instar de Jean Jacques Yhombi Opango qui réclame une réelle gouvernance électorale avant le prochain scrutin présidentiel, Pascal Tsaty Mabiala, le chef de file de l'opposition avait même demandé que le président Sassou N'Guesso reste au pouvoir au-delà de 2021, le terme de son premier mandat. Les propos avaient fait mouche au niveau de l'opposition.

Jean Jacques Serges Yhombi Opango appelle à l'unité de l'opposition face à Sassou N'Guesso

Jean Jacques Serges Yhombi Opango appelle à l'unité de l'opposition face à Sassou N'Guesso
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:44 0:00

De nombreux dégâts lors des inondations à Brazzaville

De nombreux dégâts lors des inondations à Brazzaville
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:47 0:00

Une série de dégâts après des pluies diluviennes à Brazzaville

Difficile circulation automobile après la pluie, au quartier Mikalou, le 9 janvier 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Plusieurs dégâts matériels ont été enregistrés à la suite des pluies diluviennes à Brazzaville. Des maisons et des routes sont englouties par les sables. La corniche du fleuve Congo, le joyau de la capitale, s'est effondrée.

La plupart des quartiers périphériques de la capitale sont frappés par les érosions, les ensablements et les inondations.

Les pluies diluviennes engendrent des dégâts à Brazzaville
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:36 0:00


Les habitants de Makabandilou, quartier nord de Brazzaville, sont désespérés. "Le quartier s'est organisé à payer les bâches, les sacs et on aura à planter les bambous de Chine, les bambous ratés, plus de la pelouse. Si le quartier ne s'était pas organisé, Makabandilou serait déjà parti", affirme Aloïse, le secrétaire du quartier de ce quartier.

Dans les quartiers sud, les habitants de Mfilou, craignent d'être engloutis en même temps que le chemin de fer qui passe par là. Ils dénoncent l'inexistence des canalisations et de routes. "Le danger est même en train d'attaquer le chemin de fer, et je crois que le pire va arriver", prévient un habitant du quartier, riverain de la voie ferrée.

Un autre ajoute : "Il y a aussi eu les travaux du CFCO. Nous les avons vus passer avec les engins, mais le travail n'était pas bien fait".

Les pluies qui s'abattent depuis septembre dernier sur la capitale congolaise n'entendent ni prière ni grincement de dents des Brazzavillois. Au contraire, elles ont redoublé les trombes et les cordes, à tel point que même le centre-ville a été touché.

Des maisons englouties par l'érosion à Makabandilou, le 4 janvier 2020. (VOA/Arsène Séverin)
Des maisons englouties par l'érosion à Makabandilou, le 4 janvier 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Une partie de la corniche du fleuve Congo, a cédé à la suite de la pluie qui est abondamment tombée dans la nuit de mercredi à jeudi. Sur place, un étudiant en géologie qui observe le phénomène, livre son analyse : "Le sable a la capacité d'absorber l'eau, mais où a-t-on mis le sable ? On devrait commencer par le sable, parce que en cas de...le sable peut aspirer l'eau. Mais, on a mis la latérite".

Pour le ministre des Grands travaux, Jean Jacques Bouya, qui a également fait le déplacement de la corniche, cette partie de la route, encore sous la responsabilité d'une société chinoise, la China road and bridge corporation (CRBC) va être réhabilitée.

"L'expertise sera faite, heureusement la route n'a été réceptionnée que provisoirement. La route s'est affaissée, il y a eu glissement de terrain, donc catastrophe naturelle. En ce moment-là, l'entreprise va conforter son expertise et reprendre les travaux. Ce sont des catastrophes naturelles, il faut donc s'armer de patience, et nous aurons notre corniche", assure-t-il.

Alertés par cette information, beaucoup de Brazzavillois se sont amassés à la corniche pour constater les dégâts de leurs propres yeux.

A chaque pluie ses dégâts, les experts affirment que la météo ne sera pas clémente les prochains jours, comme elle aurait dû l'être en cette période de petite saison sèche.

Les pluies diluviennes engendrent des dégâts à Brazzaville

Les pluies diluviennes engendrent des dégâts à Brazzaville
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:36 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG