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Niger

Les sinistrés des inondations se réfugient sur les hauteurs de Niamey

Des enfants transportent de la latérite sur un chariot pour construire des barrages afin d'arrêter les eaux du fleuve Niger à Niamey le 3 septembre 2019.

"Enfin, nous sommes arrivées !" se réjouissent Amina et Halima, deux habitantes de Niamey, en descendant de la camionnette qui les a conduites sur le site aménagé de Saguia, en périphérie de Niamey, où sont relogés des sinistrés des inondations provoquées par une crue exceptionnelle du fleuve Niger.

Il y a deux semaines, les autorités nigériennes ont décrété l'"alerte rouge", après que le niveau des eaux du troisième grand fleuve d'Afrique a atteint un seuil "jamais vu en plus de 50 ans".

Selon le dernier bilan officiel publié mardi, les inondations qui affectent tout le Niger depuis le début de la saison des pluies en juin ont fait 57 morts et plus de 130.000 sinistrés.

A Niamey même, les inondations ont déjà fait plus de 6.300 personnes sinistrées. A pied, à moto, sur des charrettes, en taxi ou à bord de véhicules affrétés par les autorités, les victimes des inondations ont afflué vers Saguia.

D'habitude interdit au public, ce terrain vague de l'armée nigérienne surplombe le fleuve. En 2012, il avait abrité 400 soldats maliens qui avaient fui une offensive de rebelles touareg dans le nord du Mali.

Depuis ces hauteurs, on aperçoit des habitations avalées par les eaux et des rizières englouties. Pour accéder au site, il faut être détenteur d'un "ticket" délivré dans les écoles qui ont servi de site de transit aux sinistrés, expliquent à l'AFP des gendarmes qui filtrent les arrivants, l'arme au poing.

A l'intérieur de l'immense camp, sapeurs-pompiers et ouvriers municipaux ont dressé des dizaines de tentes blanches offertes par les agences des Nations Unies et la Croix Rouge.

"Les gens une fois arrivés ici sont installés dans des tentes (...) et nous avons suffisamment de vivres pour eux", a affirmé à l'AFP le gouverneur de Niamey, Issaka Assane Karanta, rencontré sur le site.

Le groupe électrogène et le forage d'eau potable "ont été remis en état", des lampadaires seront bientôt installés et un cabinet médical est opérationnel "pour les soins d'urgence", assure-t-il. Quelque 122 ménages, soit 854 personnes, ont été installés et le site pourra à terme accueillir 1.200 sinistrés, selon lui.

"On nous a donné du riz, du mil, des moustiquaires, des couvertures et de l'eau potable", énumère Aïssa Salifou, qui se maquille sous sa tente, tête et épaules recouvertes d'un grand voile. "Les eaux nous ont surpris en plein sommeil, on a dû démolir des murs des maisons voisines pour nous exfiltrer", raconte cette résidente de Kirkissoye, un des quartiers les plus affectés.

- 'J'ai été chanceuse' -

Tout en surveillant sa marmite sur le feu, Fatouma Boubacar, une autre sinistrée de Kirkissoye, se dit soulagée : "Nous vivons dans les bas-fonds où nous avons été piégés par les eaux, ici c'est spacieux, bien aéré et surtout bien sécurisé". Arrivée il y a deux jours, Fatouma a repris son commerce de légumes, qu'elle exerçait avant la catastrophe.

"J'ai été chanceuse : à peine sortie de ma maison, le toit s'est effondré", raconte Ramatou Abdou, allongée dans un fauteuil, un cure-dent coincé entre les dents. "J'attends mon premier bébé dans un mois, je vais le prénommer +Saguia".

A l'ombre d'un arbre géant, une dizaine de nouveaux arrivants attendent l'achèvement de nouveaux abris pour les occuper. Loin des menaces du fleuve, des enfants ont reconstitué leur équipe de foot du quartier et courent derrière un ballon en chiffon, pieds et torse nus sous un soleil de plomb. A l'autre bout du camp, un gendarme, l'arme en bandoulière, met de l'ordre dans une file de gamins, qui attendent, assiettes à la main, de recevoir un repas chaud servi par une ONG.

"Nous tentons de vivre ici en attendant de voir ce que Allah nous réserve", résume, fataliste, Fatouma Boubacar.

Le niveau du fleuve a certes un peu baissé mais le gouverneur Karanta conseille aux riverains "la vigilance" et surtout "de s'éloigner du lit du fleuve".

La météo prévoit de nouvelles fortes précipitations jusqu'à la "mi-octobre".

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L'Ivoirien François Zahoui n'est plus le sélectionneur du Niger

François Zahoui lors d'un match entre le Niger le Sénégal, Dakar, le 26 mars 2016.

L'Ivoirien François Zahoui n'est plus le sélectionneur du Niger, poste qu'il occupait depuis 2015, a annoncé mardi la Fenifoot, la Fédération nigérienne de football.

"François Zahoui a décidé de quitter son poste de sélectionneur de l'équipe nationale du Niger, c'est une séparation à l'amiable", a indiqué à l'AFP Ibrahim Tikiré, porte-parole de la Fédération.

"François Zahoui n'a aucun contrat (ndlr: en bonne et due forme) avec la Fenifoot, il a donc décidé d'aller chercher un horizon prometteur", a-t-il expliqué.

Le technicien ivoirien de 58 ans n'était pas parvenu à qualifier le Niger pour la Coupe d'Afrique des Nations 2019 et était la cible de critiques acerbes depuis une défaite 6-0 face à l'Egypte en septembre 2018.

François Zahoui avait succédé au Franco-Allemand Gernot Rohr qui avait démissionné en octobre 2014 pour cause de mauvais résultats, après avoir échoué à qualifier le "Mena", surnom de l'équipe du Niger, pour sa troisième CAN consécutive.

Deux véhicules du CICR braqués dans l'Ouest

Distribution d'eau potable et de vivres par le CICR à Bosso le 25 mai 2015.

Deux véhicules de la Croix rouge ont été volés par des hommes armés dans la région de Tillabéri, dans l'ouest du Niger, une zone instable frontalière du Mali et théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes, a annoncé vendredi à l'AFP le CICR.

"Deux véhicules du Comité international de la Croix rouge (CICR) ont été emportés mercredi dernier par des hommes armés, mais leurs occupants étaient rentrés saints et saufs chez eux", a indiqué à l'AFP un membre de la Croix rouge nigérienne à Niamey.

Le braquage a eu lieu vers Tongo Tongo, une zone frontalière du Mali où 28 soldats nigériens avaient été tués en mai 2019, alors qu'une attaque, en octobre 2017, y avait coûté la vie à quatre soldats américains et cinq militaires nigériens.

Dans cette même région de Tillabéri, des hommes armés avaient emporté le 2 mai deux véhicules de Médecins sans frontières (MSF) alors qu'une équipe mixte de MSF et du ministère nigérien travaillait dans un centre de santé de la localité de Weita Bangou.

Selon le ministère nigérien de l'Intérieur, un des véhicules de MSF avait été utilisé le 14 mai par des "terroristes" qui avaient tenté de prendre la prison de haute sécurité près de Niamey où sont écroués des jihadistes.

En outre, le 7 mai, six personnes armées venues à moto avaient fait irruption dans un camp onusien de réfugiés Maliens de Tabarey Barey (Tillabéri) et étaient repartis avec deux véhicules humanitaires, sans faire de victimes.

Nouveau bilan des inondations

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