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Niger

Risques d'inondation à Niamey, la population appelée à se préparer

Des enfants marchent dans une rue inondée de Niamey le 15 juin 2017.

Les autorités nigériennes ont demandé vendredi aux habitants de la capitale Niamey de prendre les mesures nécessaires afin de se préparer contre des inondations dont le risque est imminent après l'importante crue du fleuve Niger.

"Hier (jeudi) nous étions déjà à la côte de 603 centimètres d'eau du fleuve, nous sommes donc au-delà de l'alerte orange qui est de 580 centimètres, ce qui laisse présager des risques imminents de crues et d'inondation", a prévenu le gouverneur de Niamey, Assane Issaka Karanta, devant les responsables d'une dizaine de quartiers riverains du fleuve Niger.

Le gouverneur a expliqué qu'il y avait des risques d'inondation en raison "d'importantes pluies qui s'abattent" sur l'ouest du Niger et "d'importantes quantités d'eau drainées" par les affluents du fleuve.

D'ores et déjà "nous demandons aux habitants exposés à ranger leurs bagages, à faire des réserves d'eau potable et de nourriture, pendant ce temps nous allons identifier des centres pour les accueillir" en cas d'évacuation, a-t-il déclaré.

"Si les pluies continuent à être importantes, Dieu seul sait les énormes dégâts qu'elles vont occasionner", a-t-il ajouté. La quasi-totalité du million et demi d'habitants de Niamey vivent sur les rives du fleuve et certains ont même construit leurs maisons dans son lit.

Cette crue est également favorisée par les fortes pluies qui s'abattent sur le Mali voisin et par l'ouverture des vannes des barrages érigés sur le fleuve, le troisième plus grand d'Afrique, selon les spécialistes.

Les crues du fleuve Niger sont souvent responsables de dizaines de morts et de d'importants dégâts. En 2017, des habitants avaient refusé de quitter leurs habitations pourtant menacées par les eaux.

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Pluies au Niger: 70 morts et plus de 200.000 sinistrés depuis juin, selon un nouveau bilan

Cette vue aérienne du 29 juillet 2021 montre une vue générale de Niamey, la capitale du Niger.

Les fortes pluies qui tombent au Niger depuis juin ont fait 70 morts et plus de 200.000 sinistrés, selon un nouveau bilan communiqué vendredi par les autorités de ce pays au climat habituellement très sec.

Il s'agit d'une très forte augmentation du nombre de sinistrés par rapport au dernier bilan mi-août qui faisait état de 64 morts et de 69.515 personnes touchées à travers le pays.

"La situation des dégâts à la date du 13 septembre 2021 est la suivante: 70 pertes en vies humaines, 25.888 ménages sinistrés abritant 206.457 personnes sinistrées", détaille un communiqué du Conseil des ministres transmis à l'AFP.

Les régions les plus touchées sont celles de Maradi, dans le Sud-Est, d'Agadez dans le Nord désertique et Niamey, d'après les services de la Protection civile.

En outre, les pluies, qui provoquent des inondations et des glissements de terrain, ont détruit ou endommagé plus de 14.800 maisons, et provoqué l'effondrement de classes, de puits d'eau potable ainsi que des mosquées, note le communiqué.

Elles ont également endommagé des infrastructures routières et englouti des superficies de cultures.

En dépit de sa courte durée de trois à quatre mois maximum - de juin à août ou septembre - la saison des pluies est régulièrement meurtrière depuis plusieurs années, notamment dans les zones désertiques du Nord.

En 2020, les inondations avaient fait 73 morts et créé un crise humanitaire avec 2,2 millions de personnes nécessitant une assistance, selon l'ONU. En 2019, 57 personnes avaient trouvé la mort.

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Les habitants d'Anzourou pris entre la faim et les attaques djihadistes

Des réfugiés marchent près des bâtiments de l'UNHCR à Niamey, après avoir été évacué de la Libye, le 17 novembre 2017.

Dans l'ouest du Niger, le quotidien de nombreux habitants de l'Anzourou est rythmé par des attaques jihadistes meurtrières qui font désormais planer la menace d'une crise alimentaire.

"Les terroristes ont tué nos maris, ils ont brûlé nos vivres, ils ont emporté notre bétai. Nous n'avons plus de vie", soupire, drapée dans un grand voile blanc, Maïmouna Moukaïla, une habitante d'Anzourou.

Ces derniers mois, les attaques, souvent perpétrées par des assaillants à moto, se sont intensifiées contre les civils de cette zone aux vallées très boisées située aux trois frontières (Niger, Burkina Faso et Mali).

"Nous dormons la peur au ventre et main sur le coeur, au moindre bruit de moteur on sursaute", confie à l'AFP Abdou Oumarou, natif de Gadabo, un autre village ciblé.

Selon Maïmouna Moukaïla, "craignant pour leur vie, infirmiers et enseignants ne veulent plus rester" et "beaucoup de femmes ont perdu des nouveaux-nés faute d'assistance sanitaire".

"Les vols, pillages, incendies de greniers à céréales, assassinats ciblés persistent. Les terroristes tirent sur tout ce qui bougent y compris sur des enfants", confirme Halidou Zibo, le maire d'Anzourou, arborant une écharpe aux couleurs du Niger.

L'Anzourou, composée d'une cinquantaine de villages et hameaux fait partie de l'immense et instable région de Tillabéri (100.000 km2), théâtre depuis des années d'actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al Qaïda et à l'Etat islamique.

- "Maudits terroristes" -

En mars, les autorités ont réinstallé 12.000 habitants qui avaient fui à Tillabéri, la capitale régionale, après une série d'attaques et d'ultimatums lancés par des groupes jihadistes.

Des soldats lourdement armés ont depuis été déployés pour veiller sur les habitants.

Mais la vie est loin d'avoir repris son cours normal. Le dernier massacre de civils dans l'Anzourou remonte au 21 août, dans le village de Theim, où des individus armés "venus à pieds" ont tué 19 personnes dans une mosquée.

L'attaque, assortie d'un ultimatum des assaillants pour vider les lieux, a poussé près de 2.000 personnes de plusieurs villages situés plus au Nord et échappant au contrôle de l'armée à se réfugier à Sara-Koira, selon les autorités.

"Ceux qui ont osé aller au champ ont été tués, ils (les assaillants) nous traquent dans les cases et jusque dans les mosquées", détaille Hadjia Sibti, la présidente de l'Association des femmes d'Anzourou, hijab bleu sur la tête.

"Nos champs sont lointains, nous n'avons pas pu les cultiver, par peur, nous nous sommes tous repliés dans les villages sécurisés par l'armée", crie Mamoudou Sabo, courte barbe blanche et boubou jaune délavé.

Originaire d'un village voisin, il s'est réfugié à Sara-Koira pour bénéficier de la protection de l'armée.

Il appelle les autorités à "vite renforcer la sécurité" et "nettoyer la zone de ces maudits terroristes".

- Combattre le problème "à la racine" -

Si l'agriculteur se félicite de la solidarité des résidents de Sara-Koira qui ont offert des lopins des terres aux paysans démunis afin qu'ils puissent produire du mil, du maïs et du haricot, il déplore la grande précarité dans laquelle il se retrouve.

"Je cultivais dix hectares de terre, alors dites-moi comment je vais faire pour nourrir mes onze enfants ?", demande-t-il.

"Une crise alimentaire se profile", s'alarme le maire Halidou Zibo.

Des députés de la région de Tillabéri qui affirment que les assaillants opèrent désormais "à dos de chameau et à vélo" ont réclamé un renforcement des mesures de sécurité.

Samedi, pour sa première visite dans cette zone enclavée depuis son élection fin février, le président nigérien, Mohamed Bazoum a promis de poursuivre l'assistance alimentaire ainsi que la mise en place d'un dispositif sécuritaire plus musclé.

Devant des ressortissants de Sara-Koira , le chef de l'Etat a annoncé vouloir combattre "le problème à la racine" en "fermant la porte d'Inates", la commune la plus proche du Mali "par laquelle les terroristes viennent", selon lui.

Le 10 décembre 2019, 71 soldats nigériens avaient été tués dans une attaque jihadiste à Inates.

A Tondikiwindi, une commune proche d'Inates, 100 civils avaient été tués en janvier dernier par des hommes armés venus à moto qui avaient ensuite fui vers le Mali voisin. Dans ce même secteur, quatre soldats américains des forces spéciales et cinq militaires nigériens avaient été tués en 2017 dans une embuscade du groupe Etat islamique.

Depuis, "le rapport de force a considérablement changé" en faveur de l'armée face aux groupes jihadistes, a assuré Mohamed Bazoum.

C'est la raison pour laquelle, "les terroristes" se "rabattent sur des populations (civiles) désarmées innocentes" et "se livrent à un massacre à grande échelle" dans les villages reculés, a-t-il justifié.

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