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Les Burundais contre l'impôt pour organiser l'élection de 2020


Le président burundais Pierre Nkurunziza au palais présidentiel à Bujumbura, le 29 juin 2017.

A Bujumbura, l'impôt que le gouvernement veut mettre en place pour organiser l'élection de 2020 est vivement critiqué par les Burundais, comme l'a constaté le correspondant de VOA Afrique sur place.

Une ordonnance présentée la semaine dernière par les ministres de l’Interieur et des Finances va imposer aux Burundais une taxe obligatoire pour tous les agents de la fonction publique.

Reportage de Christophe NKurunziza, correspondant à Bujumbura pour VOA Afrique
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Cette somme sera variable selon les revenus de fin janvier 2018 à fin décembre 2019, à la veille de l'élection programmée en principe en 2020.

Le ministre de l'Interieur Pascal Barandagiye a expliqué que "chaque ménage pour les agriculteurs doit payer 2.000 francs par an. Les jeunes en âge de voter vont payer 1.000 francs annuellement. Les fonctionnaires qui ont jusqu’a 50.000 francs comme salaire mensuel vont payer 500 francs le mois, entre 50.000 et 100.000 francs... Ceux entre 200.000 et 250.000 vont payer 2.000 francs mensuels, ceux entre 200.001 jusqu’à 500.000 vont payer 5.000 francs burundais".

"Ceux qui touchent entre 500.050 et un million de francs payeront 30.000 francs mensuels", précise-t-il. "Pour ceux qui touchent plus d'un million mensuel, il est prévu qu’ils payent l’équivalent de leur salaire pour toute l’année 2018 et 2019".

>> Lire aussi : Un impôt "volontaire" pour financer les élections de 2020 au Burundi

Un habitant de la capitale travaillant à la fonction publique depuis plus de six ans, indique que son salaire de 100.000 francs burundais (moins de 50 dollars américains) ne lui permet pas de lier les deux bouts du mois, alors encore moins de payer un impôt supplémentaire.

"On survit, alors on ne sait pas comment on va survivre avec cette décision qui est injuste parce que l’on ne touche rien", souligne le Burundais.

"C’est à l'état de s’arranger pour chercher d’autres financements et ne pas toucher sur les salaires des fonctionnaires", estime-t-il.

Pour les Burundais dans le privé, leur contribution dépendra de leur volonté et de leur sens patriotique selon les déclarations du ministre Barandagiye.

Selon l'analyste Jean de Dieu Nsengiyumva, le Burundais qui vit avec moins d'un dollar par jour est incapable de cotiser pour les élections, une tache qui incombe normalement au gouvernement.

"Le gouvernement veut imposer aux gens de financer les élections, or demander à la population de financer les élections de 2020 au Burundi, c’est demander du lait à une vache qui vient de passer pratiquement deux ans sans paître", explique-t-il.

"Non seulement, c’est impossible, mais le gouvernement est en train de renverser les choses. C’est à la population de demander au gouvernement de chercher des moyens pour la nourrir", poursuit-il.

Le président Pierre Nkurunziza a lancé cette campagne en août dernier en déposant à la Banque de la république du Burundi cinq millions de francs burundais.

Christophe Nkurunziza, correspondant à Bujumbura

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