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Le président burundais lance le processus du référendum abolissant la limitation des mandats

Le président du Burundi Pierre Nkurunziza au palais présidentiel à Bujumbura, le 29 juin 2017.

Pierre Nkurunziza a lancé les activités relatives au référendum de la constitution dans la province de Gitega, au centre de Bujumbura.

Ce référendum populaire approuvé en Conseil des ministres va abolir l’article sur la limitation des mandats présidentiels selon les opposants. C'était l'un des points de divergence politique entre les politiciens burundais au cours de la dernière session qui s’est clôturée à Arusha en Tanzanie.

Des politiciens de l’intérieur du pays et ceux qui ont fui ne veulent pas que l’on touche à l’accord de paix et de réconciliation signé en 2000 à Arusha.

Un projet d’amendement de la constitution - qui fera l’objet d’un referendum populaire à une date qui n’est pas encore précisée - a été dernièrement approuvé par le Conseil des ministres en octobre dernier.

Désormais, il y aura un président qui va légiférer, et un Premier ministre, chef du gouvernement, les deux issus de la même famille politique et un vice-président d’une autre formation politique selon le dernier Conseil des ministres.

Soixante-dix-sept articles de la constitution vont changer tandis que trois vont être enlevés. Le président Pierre Nkurunziza a appelé les présidents des partis politiques à avoir un comportement exemplaire.

"Aux présidents des partis politiques, nous leur demandons d’afficher un comportement exemplaire digne de véritables démocrates qui aiment leur pays. Ils ne doivent pas non plus travailler contre ces activités de lancement de referendum de la constitution. Les politiciens doivent expliquer ce projet en respectant les lois en vigueur", a déclaré le président du Burundi.

Les membres de la société civile burundaise ne doivent pas non plus se mêler avec la politique selon le président.

"Nous avons vu dans un passé récent que la société civile, et même aujourd’hui, que des organisations apolitiques collaborent avec certains politiciens qui se sont égarés en voulant faire tomber le pays dans le précipice. Nous leur demandons d’être coopératifs en expliquant ce projet de referendum à la population sans se mêler de la politique, car chacun doit faire son travail", a-t-il ajouté.

Mais pour Agathon Rwasa, vice-président de l’Assemblée nationale burundaise qui avait reçu l’invitation, mais qui ne s'est pas déplacé pour la circonstance, des zones d’ombre subsistent.

"La Constitution, oui, les modifications d’accord, mais pour satisfaire à quel besoin ? Si c’est juste pour que le président Nkurunziza soit président à vie, quelle sera la valeur ajoutée a cette nation ? Si c’est pour que l’on aille à un monopartisme d’état ou de fait, quelle valeur ajoutée comme modification de la constitution ?", interroge-t-il.

Le quatrième tour des pourparlers interburundais d’Arusha n’a pas permis d'obtenir un accord entre les protagonistes politiques burundais, et les sujets qui fâchent dont la question des mandats présidentiels, restent légion.

Christophe Nkurunziza, correspondant à Bujumbura

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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