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Octobre décrété mois de la consommation locale pour les Togolais


Façade principale du Restaurant de mets locaux Bobar, Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Façade principale du Restaurant de mets locaux Bobar, Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)

La consommation locale donne l’opportunité aux produits "made in Togo" de faire leur promotion. C’est aussi l’occasion pour les acteurs du secteur de faire des analyses critiques autour de la consommation locale dans le pays.

Durant tout ce mois d’octobre, le Togo célèbre ses produits locaux: des produits alimentaires et vestimentaires aux mets locaux et à la musique, tout ce qui est produit au Togo est mis sous les projecteurs.

L’initiative gouvernementale ne laisse pas indifférents des acteurs qui travaillent pour la promotion des produits locaux.

Eric Assigbé, responsable marketing de Togossimé à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Eric Assigbé, responsable marketing de Togossimé à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"​C’est une belle initiative de promotion et de valorisation des produits locaux. Parler de l’alimentation et ses enjeux à la population. Donner une visibilité aux produits togolais, des produits naturels, des produits de qualité", a commenté Eric Assigbé, Responsable marketing de la boutique de vente des produits togolais Togossimé.

Des années de sensibilisation

Il relève que pour que les Togolais arrivent à aimer des produits du terroir, il a fallu des années de sensibilisation et de conscientisation.

"Quand on a commencé, c’était très difficile. Quand on parle de produits locaux, de produits togolais aux gens, ils estiment que ce n’est pas un bon produit. C’était la mentalité. Un très bon produit togolais on le rejette mais il faut prendre ce même produit et mettre 'made in France', ou quelque chose comme cela, et vous aller voir que les gens vont aimer", confie-t-il à VOA Afrique.

"Donc c’est une question de mentalité. Et c’est ce travail là que nous faisons depuis longtemps et aujourd’hui nous avons constaté qu’il y a un déclic", ajoute M. Assigbé avec fierté.

Tata Yawo Amétoènyénou à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Tata Yawo Amétoènyénou à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


Du côté de l’Organisation pour l'alimentation et le développement local (OADEL), c’est une satisfaction après des années d’actions de terrain.

"Depuis 2016 OADEL a entamé un plaidoyer pour qu’une seule journée soit dédiée à la promotion de la consommation au niveau national mais aujourd’hui c’est plutôt tout un mois qui est consacré à cette célébration du consommer local, je peux affirmer que nous sommes satisfaits", a déclaré Tata Yawo Amétoènyénou, directeur exécutif de l’OADEL.

"En consommant local, il y a un certain nombre d’intérêts pour le consommateur lui-même au niveau de la santé mais aussi pour l’économie du pays. Il y a aussi d’autres enjeux notamment environnemental et écologique", a fait noter ce fervent promoteur de la consommation locale.

Il soutient que les conditions ne sont pas suffisamment réunies pour faire aimer les produits locaux aux Togolais.

Le directeur exécutif de l’OADEL ajoute que "les produits locaux en comparaison aux produits importés sont encore relativement un peu plus chers. Mais le consommateur ne se dit pas que qualitativement il vaut mieux consommer local même si c’est un peu plus cher".

Une découverte pour les Togolais

Cette initiative pour inciter à la consommation locale permet à certains Togolais de découvrir des produits locaux qui leur étaient jusqu’ici inconnus.

C’est le cas de Sévérine Akakpo qui reconnait avoir découvert une panoplie de produits "made in Togo".

Sévérine Akakpo à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Sévérine Akakpo à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"Pendant cette période de consommation locale, nous avons vu certains produits qui sont nouveaux pour nous, en tant que Togolais mais ce sont des produits que nos compatriotes produisent mais nous nous ne connaissons pas ces produits", a-t-elle dit.

Le mois du consommer local est une opportunité que doivent saisir les unités de transformation pour valoriser les produits togolais, estime Michelle Kangni.

Michelle Kangni à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Michelle Kangni à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"C’est une belle opportunité pour tout entrepreneur qui transforme des produits alimentaires locaux de faire connaitre et valoriser ses produits", a laissé entendre cette Togolaise, avant de soutenir que le secteur de la transformation locale a besoin d’appui de la part de l’exécutif.

"Nos produits ne sont pas valorisés tout d’abord parce que nous ne sommes pas soutenus. Les transformateurs ont réellement besoin d’un fonds de roulement. Parce qu’il y a la demande mais ils n’arrivent pas à offrir. Ils tournent sur un même fonds ce qui les empêche à produire davantage et à offrir à des coûts plus accessibles", a analysé Michelle Kangni.

Pour appuyer cette initiative, la primature, dans une note circulaire, exhorte les ministères et les sociétés d’Etat à s’approvisionner, en priorité, dans le cadre du service, en produits et services d’origine locale et à privilégier la consommation des mets locaux lors des évènements publics.

Le mouvement "consommer Togolais" gagne du terrain
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