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Le sort du Brexit se joue cette semaine

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à droite, et le Premier ministre britannique Boris Johnson avant une réunion dans un restaurant à Luxembourg, le lundi 16 septembre 2019. (Photo AP / Francisco Seco, Pool)

Le sort du Brexit va se jouer cette semaine, avec d'ultimes et laborieuses tractations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne pour tenter de parvenir à un accord de divorce, à 17 jours de la sortie prévue du bloc européen.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson mettra l'accent sur sa volonté de réaliser le Brexit le 31 octobre en présentant lundi son programme de politique nationale lors du traditionnel discours de la reine Elizabeth II, qui marque l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire.

Mais Londres et l'UE se sont montrés prudents dimanche sur leurs chances de divorcer à l'amiable, des négociations intensives à Bruxelles durant le week-end n'ayant pas permis d'enregistrer de percée sur la question clé de la frontière irlandaise après le Brexit.

"Il reste beaucoup de travail à faire" pour sortir de l'impasse, a estimé dimanche Michel Barnier, négociateur de l'UE sur le Brexit.

Constat identique chez Boris Johnson. Il a estimé qu'un accord de Brexit était toujours possible - un scénario qui a sa préférence même s'il est prêt à sortir son pays de l'UE sans accord -, mais qu'il restait toujours "un travail considérable à accomplir pour y parvenir".

- "L'horloge tourne"-

Un diplomate européen a confirmé à l'AFP qu'il n'y avait "pas encore de percée", suggérant que Londres devrait lâcher du lest: "si le gouvernement britannique veut une solution, il doit agir vite. L'horloge tourne".

Des discussions techniques se poursuivront lundi, mais il reste très peu de temps aux deux camps pour réussir.

Les dirigeants européens se réuniront jeudi et vendredi pour un sommet à Bruxelles, présenté comme celui de la dernière chance pour éviter une sortie de l'UE sans accord aux conséquences douloureuses, ou un troisième report prolongeant l'incertitude sur le chemin que prendra le Royaume-Uni après 46 ans dans le giron européen.

Dans l'idéal, les 27 voudraient avoir une proposition complète sur laquelle voter d'ici là.

Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre sur la manière d'éviter, après le Brexit, un retour à une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, qui restera membre de l'UE, et d'ainsi préserver la paix sur l'île, qui a connu plusieurs décennies de violences.

Depuis que son plan de Brexit présenté début octobre a été rejeté par les Européens, Boris Johnson a présenté de nouvelles propositions à son homologue irlandais Leo Varadkar jeudi.

Mais peu de détails ont filtré sur la manière concrète dont Londres et Bruxelles comptaient surmonter les points de désaccord persistants, notamment sur la manière d'éviter la mise en place de contrôles douaniers et le droit de regard donné aux autorités nord-irlandaises dans le mécanisme.

Selon des informations de presse, Londres a proposé que l'Irlande du Nord forme une union douanière avec la Grande-Bretagne tout en appartenant à une sorte de zone douanière avec l'UE. Inacceptable pour l'UE comme pour l'allié nord-irlandais du gouvernement minoritaire britannique, le parti unioniste DUP.

- Convaincre le Parlement -

S'il parvient à conclure un accord, Boris Johnson aura encore la lourde tâche de convaincre le Parlement, très divisé sur le Brexit, entre partisans du maintien de liens étroits avec l'UE et zélateurs d'une coupure nette.

Les députés, qui avaient rejeté trois fois l'accord négocié par l'ex-Première ministre Theresa May, siégeront lors d'une séance extraordinaire le 19 octobre, potentiellement décisive pour le Brexit, pour la première fois un samedi depuis la guerre des Malouines en 1982.

"Comparé au Parlement britannique, un sphinx égyptien est un livre ouvert", a commenté le président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Faute d'accord d'ici samedi, une loi adoptée en septembre impose à Boris Johnson de demander un report de trois mois. Le dirigeant l'exclut catégoriquement, après déjà deux reports du Brexit depuis qu'il a été voté par référendum en juin 2016. Il n'a cependant jamais dit comment il pourrait s'y soustraire.

Cette demande de report devra être approuvée à l'unanimité des autres Etats membres, une requête qu'il serait judicieux d'accepter si elle était soumise, a estime M. Juncker.

La profondeur de la crise politique est telle au Royaume-Uni que des élections générales anticipes apparaissent inéluctables dans les prochains mois.

Avec AFP

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Mort de la chanteuse turque engagée Helin Bölek après plus de neuf mois de grève de la faim

Helin Bölek, chanteuse du groupe de musique turc Grup Yorum, décédée à 28 ans, au 288e jour d'une grève de la faim.

La chanteuse de 28 ans du groupe de musique révolutionnaire turc Grup Yorum est morte vendredi après près de 300 jours d'une grève de la faim qu'elle observait pour protester contre la répression dont fait l'objet son collectif.

"Helin Bölek, qui était en grève de la faim depuis 288 jours, est tombée en martyre", a déclaré Grup Yorum dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Grup Yorum, fondé en 1985, est connu pour ses oeuvres mêlant musique traditionnelle et reprise de chants révolutionnaires socialistes. Ses membres sont régulièrement arrêtés et ses concerts interdits.

Helin Bölek avait entamé sa grève de la faim pour demander la libération de sept membres incarcérés, le retrait de mandats d'arrêt pour d'autres musiciens et la levée de l'interdiction des concerts du groupe.

Elle avait elle-même été arrêtée en 2016, puis libérée deux ans plus tard. Un autre membre de Grup Yorum, Ibrahim Gökçek, est actuellement en grève de la faim.

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Le meurtre d'une étudiante par son compagnon ravive l'inquiétude sur la "cohabitation forcée" en Italie

Affiches contre la violence faite aux femmes lors de la campagne d’art de rue "Just Because I am a Woman" par l’artiste Alexsandro Palombo, Milan, Italie, 16 janvier 2020. (AP Photo/Antonio Calanni)

Une Sicilienne a été étranglée par son compagnon, un fémicide qui ravive les inquiétudes pour les femmes victimes de violence, contraintes à une "cohabitation forcée" induite par le confinement.

Le crime s'est produit mardi à Furci Siculo dans le département de Messine, et c'est son auteur qui a appelé les carabiniers pour se dénoncer, selon les médias italiens. La victime, 27 ans, était inscrite comme son compagnon à la faculté de médecine de Messine. Avant d'appeler les carabiniers, le meurtrier a tenté de se suicider.

Selon le recteur de l'université Salvatore Cuzzocrea, où étudiait le couple, cette tragédie est liée à la "situation de crise que nous vivons en ce moment". "Les experts avaient mis en garde contre le risque que la cohabitation forcée n'accentue les conflits familiaux".

La présidente de la commission Féminicide du Sénat, Valeria Valente, a dénoncé "l'énième féminicide survenu dans un foyer, où la crise du coronavirus nous impose de rester". "Demandez l'éloignement de ceux qui peuvent vous faire du mal ou en dernier recours éloignez-vous, y compris avec vos enfants", a-t-elle lancé, en rappelant le numéro d'urgence mis à disposition pour ce genre de situations.

La semaine dernière, la ministre italienne de l'Egalité hommes-femmes et de la Famille Elena Bonetti avait souligné la nécessité de trouver des maisons-refuges pour les femmes victimes de violences, contraintes de cohabiter avec leurs compagnons violents en raison des mesures de confinement imposées par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus.

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