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Guinée

Le président Alpha Condé annonce des "consultations" sur la Constitution

Le président de la Guinée Alpha Condé à Berlin, le 12 juin 2017.

Le président guinéen Alpha Condé a annoncé mercredi le lancement prochain de larges "consultations" portant notamment sur la Constitution, alors que l'opposition lui attribue la volonté de vouloir modifier la loi fondamentale afin de pouvoir se représenter en 2020.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest, Alpha Condé, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent - deux maximum en Guinée.

Il n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, à la fin de son deuxième mandat, qui s'achèvera en octobre, mais plusieurs de ses déclarations ces dernières années ont été interprétées en ce sens.

"Je comprends le débat en cours dans le pays sur tous les sujets de préoccupation, y compris la Constitution", a affirmé mercredi soir lors d'une déclaration solennelle à la télévision le chef de l'Etat de 81 ans.

A cet égard, il a précisé avoir "instruit" son Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, "d'initier des consultations avec les institutions de la République, les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile".

Si les partisans du président manifestent régulièrement leur enthousiasme pour un changement constitutionnel, plusieurs membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), créé en avril pour s'opposer à un troisième mandat d'Alpha Condé, ont été interpellés en avril et mai lors de manifestations émaillées d'incidents, avant d'être relaxés par la justice.

Le président guinéen a par ailleurs prôné mercredi soir la tenue en 2019 des élections législatives, prévues en septembre-octobre 2018 mais reportées sine die, dont les préparatifs se sont jusqu'ici avérés laborieux.

"J'invite tous les acteurs impliqués dans l'organisation des élections législatives à redoubler d'effort et d'ardeur dans le travail, à se mobiliser tous pour que ces élections se tiennent dans le courant de cette année", a dit M. Condé, sans fixer de date.

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Manifestation anti troisième mandat

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Trois morts après une manif anti-Condé

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Trois morts après une manif anti-Condé

La police guinéenne arrête un manifestant

Trois Guinéens ont été tués par balle lors des heurts survenus jeudi à Conakry après la dispersion par les forces de sécurité d'une nouvelle manifestation d'opposants au président Alpha Condé, selon un bilan mis à jour vendredi auprès de l'opposition et de l'hôpital.

Ces décès portent à au moins 20 le nombre de civils tués depuis le début, le 14 octobre, d'une mobilisation contre un éventuel troisième mandat du président Condé. Un gendarme a également été tué.

Les Guinéens sont à nouveau descendus en masse jeudi dans les rues de la capitale à l'appel du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui mène la contestation. Des violences ont éclaté sur le trajet de la marche, puis se sont étendues à plusieurs quartiers.

Alpha Souleymane Diallo, 16 ans, Abdouramane Diallo, 19 ans, et Amadou Oury Barry, 32 ans, ont été tués par les forces de sécurité au cours "d'expéditions punitives" et "en dehors de toute manifestation", a rapporté le FNDC sur les réseaux sociaux.

Au moins 66 personnes ont été blessées, dont 26 par des balles tirées par les policiers ou les gendarmes, a dit à l'AFP Abdoulaye Oumou Sow, un responsable de ce collectif de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile.

Amadou Oury Barry a été touché par balle "alors qu'il était enfermé dans une boutique", a dit un proche de la famille.

Les trois décès ont été confirmés par une source médicale à l'hôpital de l'Amitié sino-guinéenne.

Aucun commentaire n'a été obtenu auprès des autorités qui n'ont fait état jusqu'alors que d'un mort.

La Guinée, coutumière des protestations et des répressions brutales, est en proie à l'agitation depuis que le FNDC a appelé à faire barrage au projet prêté à M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser dans ce but la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Guinée: Amnesty International met en garde contre les violations des droits humains avant les élections de 2020
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La veille de la manifestation de jeudi, les forces de sécurité avaient fait l'objet d'un rapport accusateur d'Amnesty International. Il dénonce l'usage excessif de la force, les interdictions de manifestations pacifiques, les arrestations "massives" et "arbitraires", les cas de torture et l'impunité des gendarmes et policiers.

Le gouvernement s'est défendu contre un rapport ignorant selon lui ses efforts.

A 81 ans, M. Condé, ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires et militaires, entretient le flou sur ses intentions, mais a lancé en septembre des consultations sur la Constitution.

Des manifestants tués par balles en Guinée

Des manifestants et les forces de l'ordre à Conakry, en Guinée, le 14 novembre 2015. (VOA/Zakaria Camara)

Au lendemain d’une manifestation contre un éventuel 3e mandat d'Alpha Condé dispersée. la société civile a enregistré un nouveau mort à Conakry.

La présence des forces de l'ordre vendredi matin sur la route de Prince a vite tourné aux violences. Un jeune élève a été mortellement touché par balle à Hamdallaye, quartier périphérique de Conakry.

Ce cas vient s'ajouter aux trois victimes. Il s’agit de trois jeunes "tués à bout portant", selon un communiqué du FNDC.

Jeudi, des violences ont et signalées pendant plusieurs heures après la dispersion des malfaisants par les forces de l'ordre à Conakry.

Le chef de file de l'opposition guinéenne a condamné "une répression sauvage". Le ministre guinéen de la Sécurité précise "qu'à aucun moment les opérations de maintien de l'ordre n'ont ciblé un véhicule ou une personne en particulier".

Guinée: Amnesty International met en garde contre les violations des droits humains avant les élections de 2020
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Présent à Conakry pour une sortie de crise, Ibn Chambass représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l'Ouest, a rencontré plusieurs responsables de la classe politique guinéenne.

Le gouvernement répond à Amnesty International

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