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Guinée

13 condamnations à perpétuité pour l'assassinat d'un prédicateur saoudien

Policiers à Conakry, en Guinée, le 22 mars 2018.

Un tribunal de l'est de la Guinée a condamné lundi à la prison à perpétuité 13 personnes, dont 12 par contumace, pour l'assassinat par balle d'un prédicateur saoudien en janvier 2018, a-t-on appris mardi de sources judiciaires.

L'assassinat de ce Saoudien, membre d'une mission de prédication et de construction de mosquées dans cette région frontalière du Mali et de la Côte d'Ivoire, avait été imputé à un groupe de chasseurs traditionnels. Au lendemain du meurtre, dans le village de Kantébalandougou, un chef des chasseurs locaux avait été assassiné à son tour à coups de poignard.

Parmi les 13 prévenus, un seul a comparu, les autres ayant pris la fuite, notamment vers la Côte d'Ivoire et d'autres pays voisins, selon une source proche du tribunal de Kankan.

"Seul Moussa Kanté, le cerveau de l'affaire, a comparu devant le tribunal, plaidant non coupable", a déclaré à l'AFP le juge, Kpoulomou Gbamon.

Tous reconnus "coupables d'assassinat et de tentative d'assassinat" -- sur un habitant qui accompagnait en moto le prédicateur et avait été grièvement blessé -- ils ont été condamnés à perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans, selon la même source.

En outre, ils ont été condamnés au civil à payer un franc symbolique aux héritiers du défunt et 500 millions de francs guinéens (48.000 euros) au blessé, à titre de dommages et intérêts, a précisé le juge.

Le procureur, Aly Touré, qui avait requis le perpétuité contre l'ensemble des accusés, s'est félicité du verdict. Au nom du collectif des avocats de la défense, Me Moussa Kanté a annoncé qu'ils faisaient appel de cette décision.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le Saoudien avait organisé un prêche "en compagnie de deux de ses compatriotes, prêche qui n'a pas été du goût d'une partie de la population locale, notamment des chasseurs traditionnels qui ont monté une embuscade contre lui", avait affirmé à l'époque une source de sécurité, sans pouvoir en préciser la teneur.

Les groupes wahhabites d'inspiration saoudienne, pratiquant un islam rigoriste, se développent en Afrique de l'Ouest, notamment depuis les années 1990 en Guinée, sous l'influence de jeunes formés dans les systèmes éducatifs arabes.

Le phénomène se traduit par la propagation du port du voile intégral, dans ce pays musulman à 85% avec un islam réputé tolérant.

Arrestation d'une quinzaine d'opposants en Guinée

Arrivée des opposants lors d'une manifestation à Conakry, en Guinée, le 22 mars 2018. (VOA/Zakaria Camara)

Quinze membres de l'opposition guinéenne, dont un chef de parti, qui manifestaient vendredi contre la reprise des travaux de l'Assemblée, ont été interpellés par la police, a constaté un correspondant de l'AFP.

L'opposition dénonce la prorogation en janvier par le président Alpha Condé du mandat des députés jusqu'à l'élection d'une nouvelle Assemblée, initialement prévue en septembre-octobre 2018, et reportée sine die.

Le chef du Bloc libéral (BL), Faya Millimouno, était venu manifester avec ses partisans devant le Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale, pour empêcher les députés "périmés", selon lui, de siéger pour la première session parlementaire depuis cette prorogation.

"J'invite les Guinéens à se mobiliser en masse pour les chasser, pour les empêcher de siéger alors qu'ils n'ont plus aucune légitimité", a déclaré M. Millimouno.

Il a été interpellé avec une quinzaine de ses camarades, conduits avec lui à la Direction de la police judiciaire où ils étaient encore détenus en début d'après-midi.

Cette session s'est ouverte entourée d'un important dispositif de sécurité, avec le déploiement de dizaines de véhicules de gendarmerie et de police.

Les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Siéger au Parlement, c'est cautionner le despotisme et violer la souveraineté du peuple" ou encore "5 ans, c'est 5 ans, alors dégagez, vive les élections législatives, à bas les députés illégitimes".

Les principaux partis d'opposition et des associations de la société civile et des syndicats ont annoncé mercredi la création d'une coalition pour empêcher M. Condé de briguer un troisième mandat en 2020, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, au terme de selon deuxième mandat, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

"Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", a-t-il déclaré le 24 mars devant les militants de son parti, sans autre précision.

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