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Débat autour de l'idée d'une nouvelle Constitution en Guinée

Le président guinéen Alpha Condé lors d'une session plénière au Parlement européen, le 29 mai 2018, à Strasbourg, France.

En Guinée, l’idée d’une nouvelle Constitution proposée et défendue par le parti au pouvoir fait débat dans le pays.

Des bamderoles de propagande à Kaloum centre ville de Conakry, Guinée, le 24 avril 2019. (VOA/Zakaria Camara)
Des bamderoles de propagande à Kaloum centre ville de Conakry, Guinée, le 24 avril 2019. (VOA/Zakaria Camara)

La société civile et l’opposition guinéenne soupçonnent des manœuvres visant à donner la possibilité au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Les deux entités se sont organisées au sein du Front national pour la défense des acquis démocratiques.

Plusieurs dizaines de femmes du Front national pour la défense de la Constitution, toutes vêtues de rouge, sont venues exprimer, devant le siège de la coalition, leur opposition à toute modification de la Constitution.

"Il faut qu’on apprenne à respecter les lois dans ce pays. On ne peut pas accepter qu’à la fin d’un mandat on nous parle d’insuffisance dans la Constitution", s'indigne Hadja Maimouna Ba Diallo, porte-parole des femmes du front.

Les organisations de la société civile guinéenne n’entendent pas baisser le bras et se disent prêtes à mener des actions contre toute initiative qui viole les lois guinéennes.

Selon Abdourahamane Sano, membre du front, le président Condé n’a aucune alternative: "Nous ne voulons pas que notre pays soit pris en otage par un système qui voudrait emmener le président à s’éterniser au pouvoir. Nous avons pensé à ce mouvement pour nous opposer à toutes les initiatives allant dans ce sens".

Les pros et anti-nouvelle Constitution sont actifs sur le terrain, chacun y va de son argument. Les promoteurs d’une nouvelle République, eux, parlent d’une nécessité.

Pour Alhousseine Maanera Kaké, membre du RPG arc-en-ciel, parti au pouvoir, la démarche "consiste à convaincre les populations de la nécessité d’une nouvelle Constitution", mais il est essentiel que "la nouvelle tienne compte des préoccupations de tous les Guinéens".

L’opposition guinéenne a fait savoir qu’elle ne permettrait aucune modification ou adoption d’une nouvelle Constitution. Pour elle, le président Condé veut être candidat à sa propre succession.

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"Tout ceci ne vise qu’un seul objectif, accorder un 3e mandat à Alpha Condé, chose que le peuple ne peut accepter", lance Ahmed Tidjane Sylla, responsable de la cellule de communication de l’UFR, parti de l’ancien Premier ministre Sidya Touré.

Pour Faya milimono, président du Bloc libéral, "s’il veut sortir par la grande porte, il n’a qu’à respecter ce que le peuple lui a donné comme temps et s’il fait du forcing, il va se retrouver dans la situation du Soudanais el-Béchir".

Selon les membres du Front national pour la défense des acquis démocratiques, les déclarations du président Alpha Condé donnent plus de lumière sur ses intentions. Il y a quelques jours, le chef de l’Etat guinéen avait dit que personne ne pouvait l’empêcher de consulter le peuple.

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Le code civil donne la priorité à la monogamie en Guinée

Le Parlement de Guinée a modifié le code civil pour faire de la monogamie le régime général du mariage, sauf en cas "d'accord explicite" de la première épouse, prenant le contre-pied d'un texte voté fin 2018 légalisant la polygamie mais qu'avait rejeté le président Alpha Condé.

Voté jeudi en séance plénière, le nouveau texte faisait samedi l'objet de critiques dans les médias guinéens, surtout de la part des hommes, tant la polygamie fait partie des pratiques courantes, y compris au sein de la classe dirigeante, dans ce pays d'Afrique de l'Ouest très majoritairement musulman.

De très nombreux hommes y ont plusieurs femmes, mais les deuxièmes, troisièmes ou quatrièmes épouses, avec qui ils s'unissent lors de mariages religieux ou traditionnels, ne jouissent pas des mêmes droits que les femmes épousées en premier lors de mariages civils, notamment en matière d'autorité parentale ou de succession.

En décembre, les députés, dont plusieurs sont polygames, avaient largement adopté un nouvel code civil, dont l'article 281 affirmait que "le mariage peut être conclu soit sous le régime de la monogamie, soit sous le régime de la polygamie limitée à quatre femmes".

Le texte disait aussi que "faute pour l'homme de souscrire à l'une des options", "le mariage est présumé être placé sous le régime de la polygamie", laissant donc le dernier mot à l'époux.

Mais le président Alpha Condé n'avait "pas apprécié" le vote de cette loi, selon ses services, et renvoyé le texte au parlement.

En seconde lecture, 71 des 73 députés présents ont voté en faveur d'une nouvelle version de l'article 281, qui affirme à présent que "le mariage est soumis au régime de la monogamie pour tous les citoyens guinéens".

Toutefois, "le futur mari peut, au moment de la célébration du mariage, en présence de sa future épouse et avec l'accord explicite de celle-ci, déclarer qu'il opte pour la polygamie limitée à deux, trois ou quatre femmes au maximum", selon un texte qui fait écho à la situation au Sénégal voisin. A défaut, "le mariage est placé de manière irrévocable sous le régime de la monogamie".

"Les discriminations au détriment des femmes ont été corrigées. Le principe de la monogamie est consacré comme par le passé et la polygamie est devenue une exception", a déclaré la députée Traoré Zalikatou Diallo, se disant "vraiment émue".

"Les lois qui sont prises aujourd'hui, c'est pour faire plaisir aux Occidentaux sans tenir compte de nos coutumes et de nos meurs", a au contraire fustigé Aboubacar Soumah, l'un des deux députés à avoir voté contre.

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Affrontements entre syndicalistes le 1er mai

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Plusieurs personnes blessées à Conakry dans des affrontements

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Heurts entre partisans et opposants à un 3e mandat de Condé

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