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Guinée

Le gouvernement guinéen favorable à une nouvelle Constitution

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

L'ensemble des membres du gouvernement guinéen est favorable à l'élaboration d'une nouvelle Constitution, a déclaré mercredi le Premier ministre, Kassory Fofana, au moment où un débat sur l'opportunité d'une nouvelle loi fondamentale agite le pays.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de ce pays d'Afrique de l'Ouest, Alpha Condé, dont le deuxième mandat s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent. En Guinée, ils sont au nombre de deux au maximum.

"En tant que citoyen, j'ai posé la question au gouvernement, en invitant chaque ministre à se prononcer sur le principe d'une nouvelle Constitution. La réponse était unanime. C'est oui, il nous faut une nouvelle Constitution", a déclaré mercredi M. Fofana lors d'une conférence de presse marquant le premier anniversaire de sa nomination. "Donc en tant que citoyen, je dis oui à une nouvelle Constitution, et en tant que gouvernant, je dis oui", a-t-il conclu.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas officiellement annoncé de révision de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. Le 18 mai, la direction de son parti lui a demandé "avant la fin de son second mandat, de doter le pays d'une loi fondamentale votée par référendum par le peuple souverain".

Une révision de la loi fondamentale est en revanche combattue par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), créé en avril par les principaux partis d'opposition, des associations de la société civile et des syndicats pour s'opposer à un troisième mandat.

"Nous avons une Constitution qui consacre une douzaine d'institutions républicaines dont le fonctionnement est d'un coût très lourd", a déclaré le chef du gouvernement, sans citer l'hypothèse d'une levée de l'interdiction d'exercer plus de deux mandats présidentiels.

M. Fofana a aussi dit avoir "pris acte" de la démission récente, "pour des raisons personnelles", de son ministre de la Justice, Cheick Sako.

Dans une lettre au chef de l'Etat, M. Sako expliquait n'avoir "pas été associé à la rédaction de la nouvelle Constitution en (sa) qualité de garde des sceaux". "Compte tenu de ma position personnelle contre toute modification ou changement de la Constitution en vigueur, vous comprendrez que je ne puisse plus continuer à exercer la fonction de ministre de la Justice", ajoutait-il.

Avec AFP

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Le chef de la Céni propose le 28 décembre pour les législatives

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le chef de la Commission électorale de Guinée a proposé lundi que les élections législatives se tiennent le 28 décembre, conformément aux souhaits du président Alpha Condé, mais les représentants de l'opposition au sein de cette instance ont jugé cette date "irréaliste".

"La date que nous avons pu trouver au niveau de la plénière de la Céni (Commission électorale nationale indépendante) est le 28 décembre 2019 et cette date est tenable", a dit le président de la Céni, Salif Kébé, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, selon un communiqué du gouvernement.

Les législatives dans ce pays francophone d'Afrique de l'Ouest étaient prévues en septembre-octobre 2018, mais ont été reportées et les préparatifs pour les organiser en novembre 2019 se sont avérés laborieux.

Le chef du gouvernement a "pris acte de l'annonce de l'instance électorale et promis d'en rendre compte au chef de l'Etat", qui avait insisté le 4 septembre pour qu'elles se déroulent "dans le courant de cette année".

La date du 28 décembre a été immédiatement contestée par le vice-président de la Céni, El Hadji Nano Sow, et d'autres représentants de l'opposition.

"Après plusieurs jours de travaux houleux et intenses, les commissaires de la Céni n'ont pas pu s'accorder sur un chronogramme (calendrier) réaliste pour les prochaines élections législatives", ont écrit les commissaires de l'opposition, qui jugent qu'elles ne peuvent pas être légalement et pratiquement organisées avant mars 2020.

"Nous n'accepterons pas que des élections bâclées soient organisées pour faire plaisir à Alpha Condé, qui veut avoir coûte que coûte une majorité pour faire passer son projet occulte de modification de la Constitution et s'octroyer une présidence à vie", a déclaré à l'AFP un membre de la Céni sous le couvert de l'anonymat.

Le Premier ministre a entamé lundi des consultations avec les partis politiques portant sur les législatives, mais aussi sur la "nouvelle Constitution", selon un communiqué distinct.

Ancien opposant historique, Alpha Condé, 81 ans, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent - deux maximum en Guinée.

La quasi-totalité de l'opposition et de la société civile boycotte ces consultations, qu'elles considèrent comme un nouveau signe qu'Alpha Condé souhaite se représenter à l'issue de son second mandat de cinq ans, qui s'achève en octobre 2020.

Avec AFP

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