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Guinée

Manifestation dispersée par les forces de l'ordre à Conakry

Patrouille de policiers anti-émeutes à Conakry après une manifestation, 7 mai 2015.

Plusieurs centaines d'opposants guinéens qui voulaient manifester à Conakry contre les conditions d'installation des conseils municipaux issus d'élections contestées, ont été dispersés jeudi par les forces de l'ordre.

Après plusieurs mois de contestation par l'opposition, souvent émaillée de violences meurtrières, des résultats des élections locales du 4 février, un accord avait été conclu en août avec le pouvoir sur la répartition des exécutifs communaux entre les forces politiques.

Mais depuis début octobre, l'opposition a repris ses journées ville morte et ses manifestations, accusant le gouvernement de violer cet accord et de corrompre ses élus pour s'assurer le contrôle d'une large majorité des communes du pays.

Les jeunes manifestants - estimés à quelques centaines par les journalistes, un millier par les organisateurs - entendaient défiler du grand stade de Conakry au Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale. Disséminés, ils ont soudain tenté de rejoindre leurs leaders qui sortaient du domicile du chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo, lui-même actuellement à l'étranger.

Les forces de l'ordre ont alors lancé des gaz lacrymogènes et érigé des barricades avec les pick-ups de la gendarmerie, faisant refluer les manifestants, dont quatre ont été légèrement blessés.

Dès les premières heures, policiers et gendarmes casqués et munis de matraques avaient bouclé tout le secteur. "Aucun attroupement n'est autorisé ici et celui qui essayera de s'aventurer dans ce périmètre recevra une dose de gaz lacrymogène", avait indiqué un agent des forces de l'ordre en faction devant le grand portail du stade.

Une manifestation similaire avait été dispersée le 22 novembre, quelques jours après le déploiement par le gouvernement d'éléments de l'armée auprès des forces de l'ordre sur le principal axe de circulation de Conakry, qui traverse plusieurs banlieues favorables à l'opposition.

Ce dispositif répond à "une situation toute particulière", avait déclaré la semaine dernière le gouverneur de la capitale, Mathurin Bangura. "Il y a eu tellement de tueries que la décision a été prise par le gouvernement d'installer les forces de sécurité sur l'axe", avait-il indiqué.

Lors du Conseil des ministres du 22 novembre, le président Alpha Condé a justifié le recours "aux forces de défense dans les zones réputées dangereuses pour la libre circulation des personnes et de leurs biens", selon un communiqué officiel, "tout en précisant que le maintien de l'ordre reste du monopole de la police et de la gendarmerie".

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Le code civil donne la priorité à la monogamie en Guinée

Le Parlement de Guinée a modifié le code civil pour faire de la monogamie le régime général du mariage, sauf en cas "d'accord explicite" de la première épouse, prenant le contre-pied d'un texte voté fin 2018 légalisant la polygamie mais qu'avait rejeté le président Alpha Condé.

Voté jeudi en séance plénière, le nouveau texte faisait samedi l'objet de critiques dans les médias guinéens, surtout de la part des hommes, tant la polygamie fait partie des pratiques courantes, y compris au sein de la classe dirigeante, dans ce pays d'Afrique de l'Ouest très majoritairement musulman.

De très nombreux hommes y ont plusieurs femmes, mais les deuxièmes, troisièmes ou quatrièmes épouses, avec qui ils s'unissent lors de mariages religieux ou traditionnels, ne jouissent pas des mêmes droits que les femmes épousées en premier lors de mariages civils, notamment en matière d'autorité parentale ou de succession.

En décembre, les députés, dont plusieurs sont polygames, avaient largement adopté un nouvel code civil, dont l'article 281 affirmait que "le mariage peut être conclu soit sous le régime de la monogamie, soit sous le régime de la polygamie limitée à quatre femmes".

Le texte disait aussi que "faute pour l'homme de souscrire à l'une des options", "le mariage est présumé être placé sous le régime de la polygamie", laissant donc le dernier mot à l'époux.

Mais le président Alpha Condé n'avait "pas apprécié" le vote de cette loi, selon ses services, et renvoyé le texte au parlement.

En seconde lecture, 71 des 73 députés présents ont voté en faveur d'une nouvelle version de l'article 281, qui affirme à présent que "le mariage est soumis au régime de la monogamie pour tous les citoyens guinéens".

Toutefois, "le futur mari peut, au moment de la célébration du mariage, en présence de sa future épouse et avec l'accord explicite de celle-ci, déclarer qu'il opte pour la polygamie limitée à deux, trois ou quatre femmes au maximum", selon un texte qui fait écho à la situation au Sénégal voisin. A défaut, "le mariage est placé de manière irrévocable sous le régime de la monogamie".

"Les discriminations au détriment des femmes ont été corrigées. Le principe de la monogamie est consacré comme par le passé et la polygamie est devenue une exception", a déclaré la députée Traoré Zalikatou Diallo, se disant "vraiment émue".

"Les lois qui sont prises aujourd'hui, c'est pour faire plaisir aux Occidentaux sans tenir compte de nos coutumes et de nos meurs", a au contraire fustigé Aboubacar Soumah, l'un des deux députés à avoir voté contre.

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Affrontements entre syndicalistes le 1er mai

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Plusieurs personnes blessées à Conakry dans des affrontements

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Heurts entre partisans et opposants à un 3e mandat de Condé

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