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Guinée

Deux morts dans une manifestation à Conakry

La police se prépare à disperser les manifestants lors d'un rassemblement de l'opposition à Conakry, Guinée,le 23 octobre 2018.

Deux hommes ont été tués mercredi soir par des tirs de militaires guinéens dans une banlieue de Conakry secouée dans la journée par des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, a-t-on appris de sources concordantes.

Mamadou Bela Baldé, 30 ans, est tombé en sortant de chez lui avec trois de ses amis dans le quartier de Wanidara sur des militaires qui ont alors "ouvert le feu", le touchant mortellement à la tête et l'un de ses compagnons, Mamadou Alimou Diallo, à la poitrine, a affirmé à l'AFP son frère qui n'a pas voulu révéler son identité complète.

"Il y avait aussi deux autres qui étaient avec eux qui ont été blessés mais sont encore en vie", selon la même source.

Une source à l'hôpital Ignace Deen a indiqué que l'établissement avait reçu les deux corps.

Aucun commentaire des autorités n'était disponible dans l'immédiat.

"Les manifestations se sont bien déroulées dans notre quartier toute la matinée et une partie de l'après-midi, mais le calme est revenu depuis 16H00, donc il n'y avait de manifestations au moment du passage des militaires", a déclaré un témoin joint par l'AFP.

L'opposition guinéenne avait appelé à une nouvelle journée "ville morte" mercredi, et à une manifestation jeudi, interdite par les autorités.

Dans la journée, deux jeunes d'une vingtaine d'années avaient été blessés par balles à Cosa, une autre banlieue de Conakry, alors qu'ils érigeaient des barricades pour empêcher les pick-ups de la police d'emprunter la route Le Prince qui mène des périphéries de la capitale au centre-ville, selon un correspondant de l'AFP.

L'opposition multiplie depuis le début du mois d'octobre les journées ville morte et les manifestations pour protester contre la violation selon elle par le pouvoir d'un accord conclu en août sur l'installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février.

Elle accuse le gouvernement de corrompre ses élus pour s'assurer une large majorité des communes à travers le pays.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Alpha Condé en décembre 2010, une centaine de manifestants ont été tués par les forces de l'ordre, selon l'opposition et les décomptes de la presse. La mouvance présidentielle affirme pour sa part que 12 membres des forces de maintien d'ordre ont été tués au cours de cette période.

Avec AFP

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Massacre de 2009 au stade de Conakry: les autorités promettent un procès "bientôt"

La police guinéenne arrête un manifestant le 28 septembre 2009 devant le plus grand stade de la capitale Conakry. (Photo by SEYLLOU DIALLO / AFP)

Les autorités guinéennes ont promis lundi pour "bientôt" un procès du massacre d'opposants au stade de Conakry il y a onze ans, sans fixer de date, malgré l'impatience réitérée par la communauté internationale et les défenseurs des droits humains.

Le 28 septembre 2009, des militaires avaient tué au moins 157 personnes et violé 109 femmes dans le stade où étaient rassemblés des milliers d'opposants à la candidature à la présidentielle du chef de la junte, Moussa Dadis Camara, selon une commission d'enquête de l'ONU.

L'instruction judiciaire s'est achevée en décembre 2017, avec le renvoi d'une douzaine de suspects devant un tribunal. Depuis un an, le ministère de la Justice s'est engagé à plusieurs reprises à ce que le procès se tienne en juin 2020, une échéance qui n'a pas été tenue.

"Après tant de brimades, de souffrances, le gouvernement guinéen nous humilie davantage", a déclaré Saran Cissé, qui a dit avoir été violée et tabassée le 28 septembre 2009.

Le gouvernement du président Alpha Condé "refuse que ce procès se tienne, il a certainement quelque chose à se reprocher dans cette affaire", a-t-elle estimé, appelant la Cour pénale internationale (CPI) à se saisir du dossier.

"On va de manœuvres dilatoires en manœuvres dilatoires", a déploré Thierno Diallo, de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme et du citoyen (OGDH).

"Onze ans après, on avait espéré qu'il y ait un procès, surtout que le gouvernement actuel n'est ni de près de loin, à ce que je sache, mêlé ou concerné par ce qu'il s'est passé", a-t-il déclaré.

Un chargé de communication au ministère de la Justice, Sékou Keïta, a affirmé que le gouvernement avait rempli sa mission de permettre matériellement la tenue du procès.

"C'est maintenant au parquet de Dixinn (quartier de Conakry où se trouve le stade, NDLR) d'organiser le procès", a-t-il ajouté.

Le procureur de Dixinn, Sidi Souleymane Ndiaye, a dit être "en train d'organiser le procès" et de "régler des formalités indiquées par le Code de procédure pénale".

"Le procès va bientôt se tenir dans les locaux de la Cour d'appel de Conakry", a-t-il assuré.

Les ambassades américaine, française et la Délégation de l'Union européenne ont appelé la semaine dernière le gouvernement à "tenir un procès dans les plus brefs délais" afin de démontrer son engagement "à promouvoir la paix, à rejeter toutes les formes de violence et à défendre l'Etat de droit".

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Alpha Condé appelle ses partisans à faire bloc autour de lui

Le président guinéen Alpha Condé, portant un masque protecteur, participe à la convention RPG de son parti à Conakry avant l'élection présidentielle du pays le 6 août 2020 (Cellou Binani/AFP)

Le président guinéen sortant Alpha Condé a appelé sa communauté à faire bloc autour de sa candidature controversée à un troisième mandat, qualifiant l'élection de "guerre" entre le pouvoir et l'opposition.

"Cette élection n'est pas seulement une élection, c'est comme si nous étions en guerre", a déclaré M. Condé, dont les propos en langue malinké par visioconférence à ses partisans à Siguiri, dans son bastion électoral de l'Est du pays, ont été diffusés mardi soir par la télévision nationale.

M. Condé s'exprime habituellement en français durant ses interventions officielles.

"Les autres candidats ont fait un bloc pour me combattre", a-t-il rappelé, en référence à la décision récente de ses onze adversaires de former un collectif pour parler d'une seule voix sur le processus, dans un contexte de suspicion sur la validité des listes électorales.

Dans son premier discours de campagne le 19 septembre, également en malinké et diffusé par la télévision nationale, il avait mis en garde les électeurs de Kankan (Est) contre la tentation d'apporter leurs suffrages à un autre candidat issu de cette communauté.

"Si vous votez pour un candidat malinké qui n'est pas du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée, au pouvoir, NDLR), c'est comme si vous votiez pour Cellou Dalein Diallo", le principal opposant, membre de la communauté peule, avait affirmé M. Condé.

"Dans la région du Fouta, il n'y a pas d'autre candidat que Cellou", avait-il souligné en référence au Fouta-Djalon (centre), à population majoritairement peule et fief électoral de M. Diallo.

Les peuls et les malinkés sont les deux principales communautés du pays et représentent à elles deux la grande majorité de la population.

"Vous n'avez pas oublié ce qu'il s'est passé après la mort de Sékou Touré", le premier président du pays, en 1984, avait-il ajouté, en référence au pillage de biens appartenant à des Malinkés après la tentative manquée du Premier ministre de l'époque, le colonel Diarra Traoré, appartenant à cette communauté, de prendre le pouvoir l'année suivante.

Ancien opposant historique, M. Condé, 82 ans, premier président démocratiquement élu en 2010 après des décennies de régimes autoritaires, a été réélu en 2015.

Il a fait adopter, lors d'un référendum contesté en mars, une nouvelle Constitution qui maintient la limite de deux mandats présidentiels. Mais lui et ses partisans arguent que ce changement de loi fondamentale remet les compteurs à zéro.

Ses adversaires dénoncent un "coup d'Etat constitutionnel". La protestation contre une nouvelle candidature de M. Condé a mobilisé à différentes reprises depuis octobre 2019 des milliers de Guinéens. Ces manifestations ont été à plusieurs reprises durement réprimées et des dizaines de civils ont été tués lors de heurts.

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