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Au moins un mort après une marche avortée de l'opposition en Guinée

Cellou Dalein Diallo lors d'une réunion de l'opposition à Conakry, le 16 juillet 2017.

Un jeune manifestant a été tué mardi à Conakry lors de heurts avec les forces de l'ordre, après une marche avortée de l'opposition dont le chef, Cellou Dalein Diallo, a été empêché de quitter les abords de son domicile.

"Mon frère a été tué par un policier qui a froidement tiré sur lui" lors d'échauffourées entre opposants et forces de l'ordre, a déclaré à l'AFP Mariama Dalanda, en pleurs.

La mort de l'homme de 30 ans a été confirmée par le chef de l'opposition, l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, qui a également fait état de 15 blessés au même moment parmi les manifestants.

"A ce jour 98 militants de l'opposition ont été tués par balles par les forces de l'ordre lors de manifestations pacifiques depuis que (le président) Alpha Condé est arrivé au pouvoir en décembre 2010", a dit M. Dalein Diallo.

Le chef de l'opposition a pour sa part été bloqué devant sa maison de Conakry par des policiers, venus l'empêcher de prendre part à une nouvelle manifestation contre le pouvoir, a-t-il dénoncé.

Au moins cinq manifestants ont été blessés dans la matinée près du domicile de l'ancien Premier ministre et chef du principal parti d'opposition, selon un journaliste de l'AFP.

La police affirme qu'il s'agissait de le "protéger", une semaine après qu'une balle a traversé le pare-brise de sa voiture.

Des véhicules, dont des camions à eau et des pick-up de la police anti-émeutes étaient stationnés dans le quartier où habite M. Dalein Diallo et des policiers munis de matraques, de boucliers et de lance-grenades empêchaient quiconque d'accéder à sa maison, selon le correspondant de l'AFP.

"Nous sommes ici pour empêcher M. Dalein Diallo de quitter son domicile et d'aller à la marche non autorisée. C'est un ordre sur lequel on ne badine pas et si quelqu'un essaie de passer outre, il sera maté", a d'abord affirmé un responsable de la police sous couvert de l'anonymat.

M. Diallo "est chez lui à la maison. Il est tranquille. Il est protégé et sécurisé. Nous voulons éviter cette fois-ci le scénario de la semaine dernière. Cellou a dit qu'on a voulu attenter à sa vie. Nous assurons cette fois-ci sa sécurité", a ensuite expliqué le chef des unités d'intervention de la police nationale, le colonel Ansoumane Camara.

"Voyez vous-mêmes cette confiscation des libertés, cette violation de la Constitution par M. Alpha Condé. C'est triste pour mon pays", a déclaré à des journalistes Cellou Dalein Diallo devant son domicile.

M. Diallo, chef de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), avait le 23 octobre dénoncé une "tentative d'assassinat" l'ayant visé ce jour-là à Conakry, mettant en cause le régime du président Condé.

Son véhicule avait été, selon lui, traversé par une balle tirée par un gendarme ou un policier alors qu'il se rendait à une manifestation interdite. La police a formellement réfuté ces accusations et une enquête a été ouverte.

L'opposition entendait organiser mardi cette marche, suivie en principe d'un meeting, pour protester contre la violation selon elle par le pouvoir d'un accord conclu en août sur l'installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février.

Son interdiction survient au lendemain d'une journée "ville morte" organisée dans le pays pour les mêmes raisons et alors qu'un conflit dans le secteur de l'enseignement en cours depuis un mois ne trouve pas d'issue.

Avec AFP

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Journée ville morte: ce qui s'est passé à Conakry

Journée ville morte: ce qui s'est passé à Conakry
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L'investiture d'Alpha Condé pour un troisième mandat fixée au 15 décembre

Le président Alpha Condé salue ses partisans lors d'un rassemblement lors de sa campagne présidentielle à Conakry le 16 octobre 2020.

Le président guinéen Alpha Condé sera investi pour un troisième mandat le 15 décembre, a indiqué jeudi le gouvernement guinéen, alors que l'opposition conteste toujours sa victoire à la présidentielle du 18 octobre.

L'évènement, "prévu mardi 15 décembre 2020", "marquera l'entrée en fonction du premier président de la quatrième République", peut-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres qui s'est tenu dans la matinée.

Le gouvernement avait annoncé mardi la création d'une commission d'une trentaine de membres chargée de préparer cette investiture, sans en officialiser la date.

Une nouvelle Constitution, adoptée lors d'un référendum controversé en mars, marquait selon les autorités l'avènement d'une nouvelle République. La nouvelle loi fondamentale remettait donc, selon les partisans de M. Condé, son compteur présidentiel à zéro et lui permettait de se représenter.

Sa candidature a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis octobre 2019 et dans les jours suivant l'élection.

M. Condé a été proclamé vainqueur dès le premier tour par la Cour constitutionnelle le 7 novembre.

Son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, assure toujours que c'est lui qui a gagné et il dénonce une fraude. Il avait appelé ses partisans à observer une journée "ville morte" jeudi, qui a été suivie dans les banlieues de la capitale mais qui n'a pas perturbé les activités dans le centre de Conakry, selon un correspondant de l'AFP.

Les forces de l'ordre ont par ailleurs poursuivi jeudi le ratissage des quartiers de banlieue deux jours après la mort d'un policier, tué par des inconnus lors d'une patrouille. Un nombre indéterminé de personnes ont été arrêtées depuis mercredi.

Le président Condé a demandé jeudi à ses ministres de "communiquer plus souvent sur les nombreux cas de violences subies par les forces de l'ordre et des citoyens innocents de la part de personnes se réclamant de l'opposition (...) sans que certaines organisations de défense des Droits de l'Homme ne s'en émeuvent", selon le communiqué.

Le gouvernement guinéen a récemment accusé Amnesty International et Human Rights Watch de "dénoncer systématiquement les seuls gouvernements", après de nouvelles critiques de ces dernières contre les agissements du pouvoir et des forces de sécurité autour de la récente présidentielle et leur quasi-impunité.

Un chimpanzé nait dans la réserve de Bossou, une première depuis des années

Un groupe de chimpanzés au Metro Zoo de Miami.

Une femelle fait un petit tous les quatre ou cinq ans. "Cette seule femelle ne sera pas capable de reproduire la dynamique sociale du groupe", dit Dr. Aly Gaspard Soumah, directeur de l'Institut de recherche environnementale de Bossou.

La réserve de Bossou en Guinée vient d'enregistrer la naissance pour la première fois depuis des années d'un bébé chimpanzé, lueur d'espoir face à la menace d'extinction de l'espèce sur ce site naturel unique.

Des guides de la réserve ont observé la semaine passée que Fanle, l'une des femelles, tenait sur son ventre un tout petit, a indiqué par téléphone à l'AFP Aly Gaspard Soumah, directeur de l'Institut de recherche environnementale de Bossou, dans l'est de la Guinée aux confins de la Côte d'Ivoire et du Liberia.

"Il n'y a pas de doute" puisque les guides ont pu approcher Fanle: "il y a trois jours, on a pu confirmer le sexe avec des jumelles parce (qu'elles) étaient dans les arbres: c'est une femelle", a-t-il dit.

Si Fanle a laissé approcher les guides chargés du suivi de la population, c'est à cause de la relation entre les singes et les hommes qui confère son caractère exceptionnel à Bossou, explique le docteur Soumah: les chimpanzés vivent à l'état sauvage, mais depuis des générations partagent le territoire et la ressource avec les hommes. Ces derniers les considèrent comme la réincarnation de leurs ancêtres et les protègent de la destruction.

Bossou est aussi l'un des premiers lieux où a été établi scientifiquement l'emploi d'outils par les chimpanzés, des pierres faisant marteau et enclume pour casser les noix de palme.

Bossou fait partie de la réserve du Mont Nimba, à cheval entre Côte d'Ivoire et Guinée et incrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en raison de l'originalité et la diversité de sa flore et sa faune.

Seulement, les chimpanzés de Bossou sont menacés d'extinction. Si leurs congénères sont plus nombreux ailleurs dans la réserve, à Bossou même ils n'étaient plus que sept: trois mâles et quatre femelles, parmi lesquelles trois ont une soixantaine d'années et ne sont plus capables de se reproduire.

Seule Fanle, âgée d'une trentaine d'années, est encore fertile. Le papa est soit Fouaf, le mâle dominant, soit Jéjé, tous deux âgés d'une quarantaine d'années. Le plus jeune mâle a huit ans.

"Dynamique sociale"

Jusqu'en 2003, le groupe a été relativement stable autour de 21 individus, dit le Dr Soumah.

Mais il a perdu sept membres de la grippe en 2003.

Il souffre aussi de l'activité des hommes. Les populations locales vivent traditionnellement de l'agriculture itinérante sur brûlis. Bossou a préservé un bloc forestier de 320 hectares, mais la déforestation alentour a coupé Bossou du reste des chimpanzés sur les pentes du Mont Nimba.

"C'est un isolement géographique et génétique", dit le Dr Soumah. Les femelles entre 8 et 12 ans quittent Bossou pour rejoindre d'autres groupes, y compris en traversant la savane habitée. Mais "c'est une migration à sens unique", les autres chimpanzés répugnant à s'aventurer à découvert.

Une femelle fait un petit tous les quatre ou cinq ans. "Cette seule femelle (Fanle) ne sera pas capable de reproduire la dynamique sociale du groupe", constate le Dr Soumah.

Avec des soutiens étrangers, japonais par exemple, la réserve cherche des solutions. "La première, c'est de créer un couloir de migration" planté d'arbres qui permette aux chimpanzés de se déplacer entre les groupes dans les deux sens, dit-il. Onze hectares de forêt ont été plantés en 2020, 26 hectares doivent l'être en 2021.

L'alternative, c'est de réintroduire de jeunes femelles. L'idée a ses partisans, mais aussi ses détracteurs "qui pensent que c'est un groupe sauvage, qui doit connaître sa destinée naturelle", dit le Dr Soumah.

En apprenant la naissance, "les habitants, jeunes et vieux, hommes et femmes, ont laissé éclater leur joie dans une ambiance indescriptible", rapporte-t-il.

Le bébé n'a pas encore de nom. "On va inviter les notabilités, les autorités locales, les partenaires avec qui nous travaillons pour lui (en) donner un", dit le Dr Soumah.

Une manifestation dispersée à Labé

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Des blessés lors d'une manifestation d'opposants guinéens

La police guinéenne arrête un manifestant devant le plus grand stade de Conakry lors d'une manifestation interdite, le 28 septembre 2009.

Plusieurs personnes ont été blessées mercredi en Guinée lors d'une manifestation de partisans du principal parti d'opposition pour contester la réélection du président Alpha Condé et réclamer la libération de ses responsables emprisonnés, ont indiqué à l'AFP des témoins et une source hospitalière.

A Labé (centre-nord), les forces de l'ordre ont dispersé une manifestation de centaines de partisans de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), parti de Cellou Dalein Diallo, principal adversaire de M. Condé à la présidentielle du 18 octobre.

Les manifestants étaient munis de drapeaux et de portraits de jeunes tués, selon eux, par ces mêmes forces de l'ordre, ont rapporté des témoins et des organisateurs.

Une vingtaine de personnes ont été blessées lors de cette manifestation, selon des témoins joints par l'AFP. Une source hospitalière a fait état de sept blessés.

Un nombre indéterminé de manifestants ont été également arrêtés mercredi et conduits à la gendarmerie ou dans un camp militaire de la ville, a indiqué à l'AFP une source de sécurité.

Le gouvernement a annoncé dimanche l'interdiction jusqu'à nouvel ordre des manifestations, en invoquant la pandémie de Covid-19.

Des partisans du président Alpha Condé dans la rue à Conakry durant la campagne, le 8 octobre 2020.
Des partisans du président Alpha Condé dans la rue à Conakry durant la campagne, le 8 octobre 2020.

A Conakry, l'appel de l'UFDG à manifester a été maintenu mais semble cependant avoir eu un écho limité. Aucun rassemblement n'y a été rapporté.

La candidature de M. Condé a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis un an et dans les jours suivant l'élection.

M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. Cellou Dalein Diallo assure que c'est lui qui a gagné et dénonce une fraude.

Cinq figures de l'opposition, dont quatre membres de l'UFDG, ont été emprisonnées en novembre, mis en cause par les autorités pour implication dans les violences autour de la présidentielle.

Avec le maintien de l'appel de l'UFDG, gendarmes et policiers ont été positionnés aux endroits sensibles de Conakry comme l'aéroport ou les ponts. Des magasins sont restés fermés à Médina, grand marché de la capitale, mais les administrations, banques et stations-essence ont ouvert dans le centre-ville.

Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale, Amadou Damara Camara, a minimisé les récents propos du président français Emmanuel Macron sur la réélection de M. Condé, auxquels ce dernier n'a pas réagi publiquement.

M. Macron a dit à l'hebdomadaire Jeune Afrique ne pas avoir félicité M. Condé parce qu'il a "organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir".

"Pourquoi donner tant d'importance à la déclaration de Macron ? Le moment venu, (M. Macron) le félicitera parce qu'il est issu de la volonté du peuple de Guinée", a déclaré mardi soir à la presse M. Camara. La Guinée, a-t-il rappelé, "ne fait plus partie des territoires d'outremer" français.

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