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Guinée Équatoriale

Un défenseur des droits de l'Homme "roué de coups" en Guinée équatoriale

Le palais de justice du nouveau quartier administratif de Malabo II, à Malabo, Guinée équatoriale, 25 janvier 2015.

Un défenseur des droits de l'Homme en Guinée équatoriale a été arrêté samedi par des hommes non identifiés, roué de coups et abandonné dans un terrain vague en banlieue de Bata, la capitale économique.

Alfredo Okenve "partait pour l'aéroport accompagner son frère. Quatre personnes ont arrêté sa voiture, et l'ont obligé à venir dans la leur avec des armes, ils l'ont conduit dans un terrain vague où ils l'ont roué de coups, jusqu'au sang, avant de l'abandonner", a indiqué à l'AFP Anacleto Medja, membre de l'ONG de M. Okenve, le Centre des études et initiatives pour le développement de la Guinée équatoriale (CEID-GE).

Le défenseur des droits de l'Homme a été conduit à l'hôpital de Bata par des riverains, ont indiqué la même source et des membres de sa famille.

L'identité des hommes en civil qui l'ont arrêté et battu est inconnue. En Guinée équatoriale, le port d'armes est fortement contrôlée par les autorités.

Dans un communiqué, l'ONG CEID-GE a affirmé que M. Okenve a été "séquestré" et "maltraité par les forces de sécurité habillés en civil".

L'ONG a dénoncé lundi le "harcèlement" dont est victime la société civile équato-guinéenne, et a indiqué qu'une plainte sera déposée.

L'affaire était très suivie sur les réseaux sociaux du pays lundi, mais les autorités n'ont pas officiellement réagi.

En avril 2017, M. Okenve avait été arrêté et détenu plusieurs jours pour avoir célébré les 20 ans de son ONG. Il avait été libéré après le versement d'une caution de deux millions de francs CFA (environ 3.000 euros).

Le régime de Teodoro Obiang Nguema, 76 ans, est régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits de l'Homme pour sa répression des opposants, des organisations indépendantes de la société civile et des médias.

En février, l'Union européenne s'était inquiétée de la "forte détérioration de la situation des droits de l'homme" en Guinée équatoriale, petit pays pétrolier d'Afrique centrale, également connu pour les frasques de son vice-président, Teodorin Nguema Obiang, fils du président.

Avec AFP

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Le président Obiang candidat à un 6e mandat en Guinée équatoriale

Le président Obiang, à la tête de la Guinée équatoriale depuis 1979, détient le record de longévité au pouvoir des chefs d'Etats encore vivants, hors monarchies.

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 80 ans, qui dirige la Guinée équatoriale d'une main de fer depuis 43 ans et dont la candidature demeurait incertaine, briguera un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle en novembre, a indiqué vendredi le vice-président sur twitter.

"En raison de son charisme, de son leadership et de son expérience politique (...)", le parti au pouvoir "a élu à l'unanimité le frère militant Teodoro Obiang Nguema Mbasogo comme candidat qui représentera le parti aux élections présidentielles" le 20 novembre, a écrit sur Twitter le vice-président, Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommée Teodorin, fils du président en exercice.

M. Obiang, à la tête de la Guinée équatoriale depuis 1979, détient le record mondial de longévité au pouvoir des chefs d'Etats encore vivants, hors monarchies. Le seul enjeu de l'élection résidait dans la désignation du candidat du Parti Démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), qui occupe 99 des 100 sièges de la chambre basse sortante et la totalité des 70 sièges du Sénat.

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L'hypothèse de voir Teodorin, longtemps considéré comme le dauphin de son père prendre sa relève, avait pris de l'épaisseur en raison de son omniprésence sur la scène politique depuis deux ans. Ce dernier, tout-puissant et redouté vice-président chargé de la Défense, jet-setteur publiquement assumé et condamné en 2021 à trois ans de prison avec sursis en France dans le cadre des affaires dites des "biens mal acquis", n'avait finalement pas été désigné candidat en novembre 2021 à la surprise générale.

Les Equato-Guinées mais aussi les observateurs et diplomates pointaient une lutte de pouvoir entre Teodorin et certains caciques du régime, peu enclin à voir le fils prendre les rênes de ce petit pays d'Afrique centrale, riche de son pétrole.

Les autorités équato-guinéennes disent avoir déjoué une série d'attentats

Circulation routière sur une artère principale de Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale, le 22 avril 2016.

Au moins six personnes sont aux arrêts. Dans le box des suspects figure un leader de l'opposition, Gabriel Nse Obiang Obono, chef du parti Citoyens pour l'innovation, dissous en 2018.

Les autorités de la Guinée équatoriale affirment avoir déjoué un projet d'attentats concocté par un groupe d'opposants réunis au sein de la Coalition des chefs de l'opposition illégale de Guinée équatoriale (Coalipge).

"Un groupe de vingt individus allait faire exploser simultanément quatre stations-service, deux dans chacune des principales villes du pays. Et, en second lieu, ils allaient s'attaquer de sang-froid aux membres du gouvernement dans leurs résidences", lit-on sur le portail d'informations officiel du pays.

Ce plan, qui incluait aussi des incendies dans des ambassades, était censé être mis en exécution le 29 septembre, selon Nicolas Obama Nchama, le ministre en charge de la sécurité.

Après quatre personnes montrées lundi à la télévision d'État, deux autres individus ont été détenus mercredi dans le cadre de l’enquête liées à cette série d'attentats prévus à Malabo et Bata selon le procureur de la République, Anatalio Nzang Nguema. "Les personnes impliquées dans le cadre de cette affaire seront poursuivies pour atteinte contre l'autorité et pour acte de terrorisme", a indiqué le procureur.

Un ex-ministre équato-guinéen en détention pour avoir traité le président de démon
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Parmi les personnes entendues par le procureur, on compte aussi Ricardo Mangue Obama Nfubea, qui a servi au poste de Premier ministre de 2006 à 2008. Il est rentré libre chez lui. Dans le box des suspects figure également un leader de l'opposition, Gabriel Nse Obiang Obono, chef du parti Citoyens pour l'innovation, dissous en 2018.

Mardi, le ministre de la sécurité a rencontré le corps diplomatique accrédité à Malabo. "Nous avons déjà les têtes pensantes et l’enquête se poursuit, cependant je vous garantis que la situation est déjà sous contrôle", a affirmé Nicolas Obama Nchama.

"Terrorisme d'État"

Me Andres Nsue Ntutumu, l'avocat de Salvador Bibang et Emilio Ndong Biyogo, les deux derniers interpellés, émet des doutes sur les allégations du gouvernement. "Personne ne sait d'où le gouvernement sort [cette affaire]", a dit l'avocat.

"Le régime veut forcer une situation de turbulence, une situation d'instabilité pour éteindre toutes velléités d'opposition afin de conforter les aspirations présidentielles de Teodoro Nguema Obiang", a lancé mercredi Joaquin Eloy Ayeto, coordinateur de l'ONG de défense des droits de l'homme Somos+.

"Nous exigeons la fin des arrestations illégales et du harcèlement des citoyens par les forces de l'ordre. Ces actes constituent du terrorisme d'État, car leur seul but est d'accroître l'incertitude et la peur parmi les citoyens", a-t-il ajouté.

Les Équato-Guinéens sont convoqués aux urnes le 20 novembre pour une élection présidentielle anticipée qui va désormais se tenir au même moment que les législatives et municipales. Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 80 ans et au pouvoir depuis 1979, est candidat à sa propre succession.

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L'élection présidentielle en Guinée équatoriale aura lieu le 20 novembre

Un homme passe devant une affiche électorale du parti d'opposition PCSD-Baboro de la coalition social-démocrate à Malabo le 23 avril 2016.

Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979, se présentera-t-il pour un nouveau mandat ou laissera-t-il son fils Teodorin lui succéder ?

La Guinée équatoriale a avancé mardi son élection présidentielle de cinq mois, au 20 novembre, en même temps que les législatives, dans ce pays d'Afrique centrale dirigé depuis 43 ans par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

"Les élections présidentielle, de la Chambre des députés, du Sénat et les municipales sont convoquées le 20 novembre 2022", selon un décret du chef de l'Etat lu au journal du soir de la télévision d'Etat.

M. Obiang détient le record mondial de longévité au pouvoir des chefs d'Etat encore vivants, hors monarchies.

Le seul enjeu résidera dans la désignation avant le scrutin du candidat du Parti Démocratique de Guinée Equatoriale (PDGE), qui occupe 99 des 100 sièges de la chambre basse sortante et la totalité des 70 sièges du Sénat: M. Obiang, 80 ans, se présentera-t-il pour un nouveau mandat ou laissera-t-il son fils Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorin, lui succéder ?

Ce dernier, tout-puissant et redouté vice-président chargé de la Défense, jet-setteur publiquement assumé et condamné en 2021 à trois ans de prison avec sursis en France dans le cadre des affaires dites des "biens mal acquis", est depuis longtemps considéré comme le dauphin de son père et est omniprésent sur la scène politique depuis deux ans.

Mais le congrès du PDGE qui devait l'introniser candidat en novembre 2021, ne l'a finalement pas fait, à la surprise générale. A deux mois du scrutin, les Equato-Guinéens --mais aussi les observateurs et diplomates-- s'interrogent aujourd'hui sur qui va l'emporter de Teodorin ou des caciques du régime qui voient d'un mauvais oeil le fils à la tête de ce petit pays riche de ses hydrocarbures et poussent le père à rempiler.

L'issue des législatives ne fait, elle, guère de doute, comme à chaque scrutin: le PDGE --parti unique jusqu'en 1991-- ne devrait laisser que quelques miettes à des mouvements d'opposition "tolérés" parmi les rares qui ne sont pas la cible d'une implacable répression dénoncée régulièrement par les ONG internationales.

Il y a dix mois, le congrès du parti a donné lieu à d'inédites querelles entre partisans de Teodorin et de Teodoro, président depuis 1979 quand il a renversé par un coup d'Etat son oncle Francisco Macías Nguema.

L'anticipation de la présidentielle était justifiée dans le décret de mardi par la nécessité de regrouper des scrutins coûteux en pleine crise économique due notamment à "la guerre en Ukraine" et à la "pandémie de covid", mais les observateurs y voient plutôt la volonté d'un des deux camps de pousser ce qu'il croit être son avantage.

Lundi, M. Obiang a aboli la peine de mort en Guinée équatoriale mais son régime est régulièrement accusé par les ONG internationales et des capitales occidentales de bafouer les droits humains avec notamment des "détentions arbitraires", des "exécutions extra-judiciaires" voire des "tortures".

La Guinée équatoriale abolit la peine de mort

ARCHIVES - Circulation routière sur l'une des artères principales de Malabo, en Guinée équatoriale, le 22 avril 2016.

La Guinée équatoriale a aboli la peine de mort lundi en vertu d'une loi promulguée par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

"La peine de mort est totalement abolie en république de Guinée équatoriale", dispose la loi du nouveau code pénal équato-guinéen, signée par le chef de l'Etat, et dont le vice-président a diffusé des extraits sur Twitter.

A la télévision d'Etat, l'événement a été annoncé en clôture du journal télévisé, une journaliste qualifiant l'événement d'"historique pour notre pays".

Les condamnés à mort en Guinée équatoriale étaient habituellement exécutés par balles par des militaires. La dernière exécution officielle dans le pays remonte à 2014, selon Amnesty international. Mais le régime est régulièrement accusé d'exactions par les ONG internationales.

M. Obiang, 80 ans, détient le record mondial de longévité au pouvoir, plus de 43 ans, hors monarchies.

"Je l'écris en majuscules pour sceller ce moment unique: LA GUINÉE ÉQUATORIALE A ABOLI LA PEINE DE MORT", a tweeté le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorin, l'un des fils du chef de l'Etat, présenté comme son dauphin.

Préalablement adoptée par le Parlement, où 99 des 100 députés siègent pour le compte du Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), le parti présidentiel, la disposition entrera en vigueur "dans les 90 jours suivant sa publication au Journal officiel", précise le texte.

Une cinquantaine d'états continuent d'appliquer la peine capitale dans le monde, y compris les États-Unis.

En Afrique, plus de 30 pays maintiennent la peine de mort dans leur législation, même si un peu moins de la moitié ont procédé à des exécutions ces dernières années.

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