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Amnesty s'alarme du nombre de manifestants tués en Guinée

La police guinéenne se rassemble pour disperser les manifestants lors d'un rassemblement de l'opposition à Conakry le 23 octobre 2018.

Amnesty International s'est inquiété mercredi du nombre de tués - 18 depuis début de l'année, dont trois au cours des deux dernières semaines - lors des manifestations de l'opposition en Guinée.

L'organisation internationale demande aux autorités de Conakry de veiller à ce que "personne d'autre ne perde la vie"

"Depuis le début de l'année, au moins 18 personnes sont mortes dans le contexte des manifestations, dont trois ont été tuées par des tirs d'armes à feu semblant provenir des forces de sécurité les 16, 23 et 30 octobre dans la capitale, Conakry", s'alarme dans un communiqué le bureau d'Amnesty pour l'Afrique de l'Ouest, dont le siège est à Dakar.

Alors que les enseignants sont régulièrement en grève, l'opposition politique a contesté les résultats des élections locales du 4 février, puis la mise en place des conseils municipaux, en organisant des manifestations et des journées "ville morte".

Ces manifestations "ont été marquées par une violence effroyable de tous les côtés, notamment un usage excessif de la force par les forces de sécurité", a déclaré François Patuel, chercheur pour l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International, cité dans le communiqué.

"Les autorités doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger le droit de réunion pacifique et veiller à ce qu'aucune autre personne ne perde la vie à cause de la violence de tous les côtés, notamment des excès meurtriers des forces de sécurité", affirme Amnesty, en réclamant des enquêtes sur les personnes soupçonnées de violences, "y compris celles occupant des fonctions de commandement".

L'ONG réclame également une "enquête approfondie, impartiale et efficace sur les allégations indiquant que (le chef de l'opposition) Cellou Dalein Diallo a été pris pour cible parce qu'il a critiqué ouvertement le gouvernement".

Selon l'opposant, une balle tirée par un policier a traversé sa voiture alors qu'il tentait de se rendre à une manifestation le 23 octobre. La police a démenti toute responsabilité.

L'organisation non gouvernementale affirme par ailleurs avoir "authentifié" des vidéos et des photos montrant "des membres des +bérets rouges+, une unité d'élite militaire", aux côtés de la police le 15 octobre.

"Le déploiement d'une unité militaire connue pour avoir commis des violations des droits humains risque d'aggraver encore la situation", estime l'ONG, alors que l'opposition promet de continuer à organiser des manifestations.

L'opposition estime à 98 le nombre de manifestants tués depuis l'arrivée au pouvoir en 2010 du président Alpha Condé.

Avec AFP

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Une manifestation dispersée à Labé

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Des blessés lors d'une manifestation d'opposants guinéens

La police guinéenne arrête un manifestant devant le plus grand stade de Conakry lors d'une manifestation interdite, le 28 septembre 2009.

Plusieurs personnes ont été blessées mercredi en Guinée lors d'une manifestation de partisans du principal parti d'opposition pour contester la réélection du président Alpha Condé et réclamer la libération de ses responsables emprisonnés, ont indiqué à l'AFP des témoins et une source hospitalière.

A Labé (centre-nord), les forces de l'ordre ont dispersé une manifestation de centaines de partisans de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), parti de Cellou Dalein Diallo, principal adversaire de M. Condé à la présidentielle du 18 octobre.

Les manifestants étaient munis de drapeaux et de portraits de jeunes tués, selon eux, par ces mêmes forces de l'ordre, ont rapporté des témoins et des organisateurs.

Une vingtaine de personnes ont été blessées lors de cette manifestation, selon des témoins joints par l'AFP. Une source hospitalière a fait état de sept blessés.

Un nombre indéterminé de manifestants ont été également arrêtés mercredi et conduits à la gendarmerie ou dans un camp militaire de la ville, a indiqué à l'AFP une source de sécurité.

Le gouvernement a annoncé dimanche l'interdiction jusqu'à nouvel ordre des manifestations, en invoquant la pandémie de Covid-19.

Des partisans du président Alpha Condé dans la rue à Conakry durant la campagne, le 8 octobre 2020.
Des partisans du président Alpha Condé dans la rue à Conakry durant la campagne, le 8 octobre 2020.

A Conakry, l'appel de l'UFDG à manifester a été maintenu mais semble cependant avoir eu un écho limité. Aucun rassemblement n'y a été rapporté.

La candidature de M. Condé a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis un an et dans les jours suivant l'élection.

M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. Cellou Dalein Diallo assure que c'est lui qui a gagné et dénonce une fraude.

Cinq figures de l'opposition, dont quatre membres de l'UFDG, ont été emprisonnées en novembre, mis en cause par les autorités pour implication dans les violences autour de la présidentielle.

Avec le maintien de l'appel de l'UFDG, gendarmes et policiers ont été positionnés aux endroits sensibles de Conakry comme l'aéroport ou les ponts. Des magasins sont restés fermés à Médina, grand marché de la capitale, mais les administrations, banques et stations-essence ont ouvert dans le centre-ville.

Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale, Amadou Damara Camara, a minimisé les récents propos du président français Emmanuel Macron sur la réélection de M. Condé, auxquels ce dernier n'a pas réagi publiquement.

M. Macron a dit à l'hebdomadaire Jeune Afrique ne pas avoir félicité M. Condé parce qu'il a "organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir".

"Pourquoi donner tant d'importance à la déclaration de Macron ? Le moment venu, (M. Macron) le félicitera parce qu'il est issu de la volonté du peuple de Guinée", a déclaré mardi soir à la presse M. Camara. La Guinée, a-t-il rappelé, "ne fait plus partie des territoires d'outremer" français.

L'opposition guinéenne condamne la suspension des marches

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Les autorités guinéennes interdisent les manifestations

Un policier regarde les manifestants après la publication des résultats préliminaires des élections à Conakry, le 23 octobre 2020.

Le gouvernement guinéen a annoncé l'interdiction de grandes manifestations politiques dans tout le pays jusqu'à nouvel ordre en invoquant le Covid-19, mais l'opposition a dénoncé une instrumentalisation de la pandémie pour faire taire les adversaires du président Alpha Condé.

L'interdiction, présentée comme un "rappel" par le gouvernement, est énoncée alors que le parti du principal adversaire de M. Condé à la récente présidentielle appelait à manifester mercredi.

"Le gouvernement rappelle aux partis politiques et mouvements alliés de la mouvance présidentielle, ainsi qu'à toutes les entités politiques et sociales, la suspension pour raison sanitaire des manifestations de masse sur toute l'étendue du territoire national", a dit le porte-parole du gouvernement Aboubacar Sylla dimanche soir sur la télévision nationale.

En un an de tensions causées par la candidature de M. Condé à un troisième mandat, les autorités ont à plusieurs reprises interdit des rassemblements de l'opposition. Elles ont argué du risque de trouble ou, depuis son apparition en mars, du coronavirus. Ces interdictions étaient jusqu'alors édictées au coup par coup.

Le porte-parole du gouvernement a parlé d'une "mesure exceptionnelle justifiée par l'état d'urgence" instauré officiellement pour combattre la pandémie.

Cette mesure "provisoire" sera levée quand des "progrès significatifs" auront été constatés contre le coronavirus, a-t-il dit.

L'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), parti du principal challenger de M. Condé à la présidentielle du 18 octobre, avait appelé à manifester mercredi contre ce qu'elle appelle un "hold-up" électoral et l'arrestation de plusieurs de ses leaders après l'élection.

"Nous condamnons fermement l’instrumentalisation et la politisation du Covid-19 pour protéger le hold-up électoral et les arrestations arbitraires", dit un de ses responsables, Joachim Baba Millimono, dans une déclaration.

La candidature d'Alpha Condé à un troisième mandat a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis octobre 2019 et dans les jours suivant l'élection.

M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. Cellou Dalein Diallo, chef de l'UFDG, assure que c'est lui qui a gagné et dénonce une fraude.

Human Rights Watch a déjà exprimé par le passé le soupçon que "le gouvernement instrumentalise la crise (sanitaire) comme excuse pour réprimer la dissidence et bafouer les droits humains".

Le gouvernement dénonce "les pratiques tendancieuses" des ONG internationales

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