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Le petit libraire en ligne Amazon est devenu une société à 1.000 milliards de dollars

Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, poste avec le premier livre vendu en ligne par le site Internet à Seattle, Washington, le 17 juin 2005

L'aventure d'Amazon, le petit libraire en ligne devenu en un peu plus de vingt ans un mastodonte planétaire du commerce valant plus de 1.000 milliards de dollars, reflète l'obsession de son créateur pour une vision à long terme.

Jeff Bezos a fondé son entreprise en 1994, avec de l'argent emprunté à ses parents. Il est depuis devenu l'homme le plus riche au monde (plus de 165 milliards de dollars au compteur mardi). Et Amazon, qui s'est peu à peu étendu dans le monde entier, emploie désormais 575.000 personnes.

Entre temps, la société a déployé ses tentacules sur le commerce électronique, l'informatique dématérialisé ("cloud") et les assistants vocaux intelligents avec Alexa.

Et les milieux économiques frémissent à chaque fois que l'entreprise investit un nouveau créneau, qu'elle lance son propre service de vidéos en ligne ou rachète la chaîne de supermarchés bio Whole Foods.

Fort de ses succès, Amazon a rejoint mardi Apple dans le club des sociétés dépassant les 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, quand son action a atteint 2.050,27 dollars vers 15H40 GMT à Wall Street.

"C'est amusant de comparer Apple et Amazon, car ce sont deux entreprises très différentes", remarque Rob Enderle, un spécialiste du secteur de la tech. "Apple repose en gros sur un seul produit", l'iPhone, "Amazon est tout l'inverse".

Comme Apple, Amazon fait ses débuts dans un garage sur la côte ouest des Etats-Unis, d'abord sous le nom de "Cadabra". Installée dans la banlieue de Seattle, l'entreprise vend son premier livre en ligne à un ingénieur informatique en 1995.

Peu à peu, le groupe bouscule les habitudes de consommation en proposant aux internautes une palette de produits et services bien plus vaste que les allées d'un supermarché. Et en leur permettant de trouver facilement les prix les plus bas.

Plusieurs économistes parlent d'ailleurs "d'effet Amazon" pour justifier en partie la faible inflation aux Etats-Unis.

Jeff Bezos tente sa chance en Bourse en introduisant son groupe sur le Nasdaq en 1997, au prix de 18 dollars l'action.

Amazon a longtemps perdu de l'argent, son patron préférant investir massivement dans de nouveaux entrepôts ou services malgré les critiques des analystes financiers et des investisseurs spéculatifs exigeant des profits plus rapides.

"Chaque cent qu'il gagnait, il le réinvestissait dans l'entreprise", rappelle Rob Enderle. "Il est resté concentré sur son objectif, qui était initialement de dominer la majorité du commerce. La mise en oeuvre de sa stratégie était extraordinaire".

Le pari est devenu payant: le groupe a dégagé au seul deuxième trimestre 2018 un bénéfice net de 2,5 milliards de dollars.

Amazon compte aussi plus de 100 millions d'abonnés dans le monde à son service Prime, qui propose contre un forfait modeste la livraison gratuite, la vidéo en ligne, des rabais particuliers et une multitude de petits services. Cette offre est devenue un élément-clé du modèle économique d'Amazon puisqu'il permet de fidéliser ses clients.

Seule petite ombre au tableau: le prix de l'action Amazon, par rapport aux bénéfices que l'entreprise dégage, est beaucoup plus élevé que la moyenne du secteur technologique, ce qui fait parfois tiquer les observateurs du marché.

Mais les investisseurs restent séduits par les performances de la société et ses perspectives: sa valeur boursière a plus que doublé en un an.

Selon le cabinet de recherche eMarketer, le chiffre d'affaires de l'entreprise devrait encore croître de 28% cette année pour atteindre 394 milliards de dollars, et représenter près de la moitié de toutes les ventes effectuées en ligne aux Etats-Unis.

"Malgré sa taille et son ampleur, Amazon est jeune", souligne Neil Saunders, du cabinet GlobalData Retail. "Le groupe est peut-être mature dans le secteur des livres et des médias, mais commence à peine à s'installer dans des secteurs comme l'épicerie ou le mobilier", estime-t-il. Et nombre de pays restent à conquérir.

Certains redoutent que l'irrésistible ascension d'Amazon puisse également précipiter sa chute, la société étant régulièrement accusée de bâtir un monopole sur le commerce en ligne.

"Amazon déstabilise et les gens n'aiment pas être déstabilisés", relève Rob Enderle.

Le rachat par Jeff Bezos, à titre personnel, du Washington Post pourrait aussi porter préjudice à Amazon.

Agacé par certains articles du quotidien, le président américain Donald Trump prend régulièrement pour cible l'homme le plus riche du monde.

Or, remarque M. Enderle, "s'engager dans une bataille avec le gouvernement n'est vraiment pas une bonne idée".

Avec AFP

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Maison Blanche: Joe Biden défend sa pole position aux primaires

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

A huit mois du début des primaires démocrates pour la Maison Blanche, l'ancien vice-président Joe Biden organise un grand meeting en Pennsylvanie pour consolider son avance sur ses nombreux rivaux, jouant la carte de la modération centriste face à l'aile gauche de la famille démocrate.

Depuis son entrée en course avec un message de défiance envers le président républicain Donald Trump, le 25 avril, l'ex-bras droit de Barack Obama a largement creusé l'écart face à la grosse vingtaine d'autres candidats démocrates.

Après un premier acte public plutôt discret, devant quelques centaines de syndicalistes à Pittsburgh, le centriste a choisi de marquer le début de sa campagne avec un événement plus grand à Philadelphie, où il a installé son QG de campagne.

Symbole du combat à venir? Il a choisi un emplacement tout près des marches du musée où le boxeur du film "Rocky" s'entraînait.

Son coeur d'électorat est les ouvriers et les démocrates modérés, alors que l'aile gauche du parti se fragmente entre de nombreux candidats comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

"Certains disent que les démocrates ne veulent pas entendre parler d'unité, qu'ils sont en colère, et que plus ils seront en colère, mieux ce sera. C'est ce qu'ils disent qu'il faut faire pour gagner l'investiture démocrate", va dire Joe Biden dans son discours, selon des extraits diffusés par son équipe avant le meeting. "Je n'y crois pas. Les démocrates veulent rassembler ce pays".

"Si les Américains veulent un président qui accentue les divisions, qui dirige d'un poing serré, d'une main fermée et d'un coeur de pierre, qui diabolise ses adversaires et vomit de la haine, alors ils n'ont pas besoin de moi. Ils ont déjà un président qui le fait".

Au-delà des primaires, le choix de la Pennsylvanie est stratégique: l'Etat a basculé dans le camp républicain à la présidentielle de 2016. Toute reconquête devra passer par là.

- Champ fragmenté -

Ce qui compte pour les démocrates "en ce moment, c'est de (...) parier sur un nom connu, capable de battre Donald Trump", analyse Lara Brown, politologue à l'université George Washington.

L'entrée en lice de Joe Biden a coïncidé avec le plongeon du sénateur indépendant Bernie Sanders, bien plus à gauche.

Joe Biden a l'avantage de suivre une voie centriste "dans un champ aussi fragmenté" avec 23 candidats dont de nombreux progressistes, observe Robert Boatright, professeur à l'université Clark.

Mais à 76 ans, après huit ans passés aux côtés du démocrate Barack Obama et plus de 35 au Sénat, Joe Biden pourrait avoir du mal à incarner le changement dont ont aussi soif de nombreux démocrates.

Donald Trump s'est d'ailleurs engouffré dans cette brèche en l'affublant du sobriquet "Joe-Dodo" ("Sleepy Joe").

Le président républicain l'appelle aussi "Le Vicieux", en référence aux femmes qui ont dénoncé les gestes d'affection trop marqués, selon elles, de M. Biden.

Juste avant d'annoncer sa candidature, le candidat avait promis de faire plus attention. Et depuis son entrée en campagne, il évite soigneusement les gaffes. "Mais voyons ce qu'il se passera quand il devra répondre à des questions qui n'ont pas été pré-approuvées", met en garde Lara Brown.

- Cible de la gauche du parti -

Joe Biden devra aussi défendre plusieurs épisodes controversés jalonnant sa carrière, comme son soutien à une loi anticriminalité qui a durement frappé les Noirs.

Déjà candidat malheureux par deux fois à la primaire démocrate, pour les présidentielles de 1988 et 2008, il avait été pris en flagrant délit de plagiat dans ses discours lors de sa première tentative.

Son statut de favori en fait aussi la cible de la gauche du parti.

La candidate à la Maison Blanche Elizabeth Warren l'a accusé d'être du côté des sociétés de cartes de crédit, à cause d'une loi qu'il avait soutenue au Sénat. Et la jeune élue socialiste du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez l'a accusé, à mots à peine voilés, d'envisager des mesures trop molles pour lutter contre le changement climatique.

Kamala Harris, sénatrice californienne et autre candidate à l'investiture, a récemment ironisé sur son aîné, lançant: "Joe Biden ferait un excellent colistier (...). Il a prouvé qu'il connaissait bien le travail de vice-président".

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