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États-Unis

Trump s'inquiète qu'Amazon ne paye pas assez d'impôts

Des clients devant le magasin Amazon Go de Seattle, le 22 janvier 2018.

Le président Donald Trump a exprimé jeudi son "inquiétude" concernant le peu d'impôts que paierait Amazon aux Etats-Unis, alors que les rumeurs sur sa volonté d'encadrer la domination du géant de l'internet ont fait chuter le cours de l'action en bourse mercredi.

"J'ai fait état de mes inquiétudes concernant Amazon bien avant l'élection. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d'impôts aux gouvernements locaux ou fédéral et traitent notre système postal comme un livreur", a-t-il écrit dans un tweet matinal.

A l'ouverture de la Bourse de New York jeudi, les répercussions se faisaient sentir: Amazon perdait 1,7%.

Les rumeurs sur la volonté du président d'encadrer la domination du géant d'internet avaient déjà fait fortement chuter mercredi le cours de l'action: -4,38% en fin de journée, ce qui s'est traduit par une perte de 31,4 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Le site Axios avait publié dans la journée un article faisant état de "l'obsession" du président américain pour Amazon et son souhait de s'en prendre au site de Jeff Bezos à travers des lois antitrust.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, M. Trump multiplie les attaques contre l'entreprise basée à Seattle, lui reprochant notamment de ne pas respecter le droit à la concurrence.

Par le passé, Amazon a été de nombreuses fois mis en cause, aux Etats-Unis comme en Europe, pour ses pratiques d'optimisation fiscale qui ont fait fortement baissé ses impôts. Mais cela a changé avec la hausse des bénéfices de l'entreprise, qui a payé 412 millions de dollars d'impôts au gouvernement fédéral en 2016.

Toujours selon Axios, les riches amis du milliardaire républicain ont exprimé auprès de lui leurs craintes sur l'état de leurs affaires, "détruites" selon eux par la mainmise toujours plus importante d'Amazon dans le secteur du commerce.

Amazon à Washington?

La Maison Blanche avait pourtant démenti ces informations mercredi, sa porte-parole Sarah Sanders précisant qu'"aucune mesure n'était prévue pour l'instant".

Jeff Bezos, plus grosse fortune de la planète avec près de 120 milliards de dollars, est également propriétaire du Washington Post, cible régulière des attaques du 45e président des Etats-Unis.

"Le #AmazonWashingtonPost, parfois appelé le gardien d'Amazon, qui ne paie pas ses taxes internet (comme ils le devraient) est une 'FAKE NEWS'", avait-il ainsi tweeté en juin 2017.

Les deux hommes s'étaient invectivés à de nombreuses reprises pendant la campagne présidentielle de 2016.

Avant son élection, Donald Trump avait ainsi déjà expliqué que le géant du web, qui aurait --selon lui-- racheté le Washington Post "pour ne pas être poursuivi pour ses tendances au monopole", pourrait avoir "un gros problème d'antitrust" s'il accédait au pouvoir.

Selon le blogueur spécialisé dans les nouvelles technologies Lou Kerner, cette nouvelle attaque du président Trump jeudi est "populiste". "Walmart écrasait les petits acteurs avant Amazon", écrit-il.

Le géant de la vente en ligne est maintenant devenu un acteur majeur de différents secteurs technologiques de pointe en plein développement, comme le streaming vidéo et le "cloud", le stockage immatériel de données.

Amazon, qui a également avalé en 2017 la chaîne de supermarchés bio Whole Foods, cherche à ouvrir un second quartier général. Vingt grandes villes nord-américaines ont été présélectionnées et espèrent de tout coeur être l'heureuse élue, en raison de la création des 50.000 emplois que devrait entraîner cette ouverture.

La capitale fédérale Washington fait partie des prétendantes.

En octobre 2014, le magnat de l'immobilier avait relayé, déjà sur Twitter, une citation attribuée à Jeff Bezos: "Si vous ne voulez pas être critiqués, pour l'amour du ciel, ne faites rien d'innovant".

Avec AFP

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Trump nomme une collaboratrice de sa femme porte-parole de la Maison Blanche

Mme Grisham remplacera Sarah Sanders, qui quitte son poste fin juin.

Le président américain Donald Trump a nommé Stephanie Grisham, une proche collaboratrice de son épouse Melania, porte-parole de la Maison Blanche, a annoncé mardi la Première dame des Etats-Unis.

Stephanie Grisham "est avec nous depuis 2015 --le président et moi-même ne pouvons penser à personne de mieux pour servir l'administration et notre pays", a tweeté Mme Trump.

Mme Grisham remplacera Sarah Sanders, qui quitte son poste fin juin. Elle cumulera également la fonction de directrice de la communication de la Maison Blanche, a poursuivi la Première dame, un poste davantage stratégique.

Après Sean Spicer et Sarah Sanders, Stephanie Grisham est la troisième personne à obtenir le poste prestigieux --mais très exposé-- de "Press Secretary" sous l'administration Trump.

Sa mission, mettre en avant et défendre les positions de l'administration mais aussi répondre des sorties agressives ou des tweets provocateurs du président américain, contre les médias notamment.

Stephanie Grisham arrive auprès de Donald Trump avec l'expérience d'un poste bien moins exposé, celui de directrice de la communication de la Première dame.

Les activités de Melania Trump à la Maison Blanche - notamment sa campagne en faveur du bien-être des enfants #BeBest - ne reçoivent qu'une faible couverture médiatique.

Mme Grisham est, en revanche, une fidèle de Donald Trump, ayant rejoint la campagne présidentielle en 2015 et elle a gagné une réputation d'interlocutrice coriace au bureau de la "First lady".

Confrontée à une polémique sur une veste portée par Melania Trump en juin 2018 "I really don't care do you?" (Je m'en fiche complètement et vous?), Stephanie Grisham avait pris la défense de sa patronne.

"C'est juste une veste (...). Après l'importante visite d'aujourd'hui au Texas, j'espère que les médias ne vont pas choisir de se concentrer sur sa garde-robe", avait relevé M. Grisham, au sujet de cette visite de Mme Trump à des enfants sans-papiers à la frontière avec le Mexique.

La nouvelle porte-parole de la Maison Blanche aura-t-elle des relations plus apaisées avec les médias que sa prédécesseure ?

Sarah Sanders, très proche de Donald Trump qui a loué la combativité de cette "guerrière" en annonçant son départ mi-juin, a rompu ces derniers mois avec une tradition solidement établie, le briefing quotidien dans la salle de presse de la Maison Blanche.

Sarah Sanders était aussi réputée pour ses échanges conflictuels avec les journalistes, reprenant à son compte la rhétorique de Donald Trump sur les médias "Fake News".

"Stephanie Grisham sera un atout formidable pour le président et le pays. Je suis triste de quitter la Maison Blanche mais heureuse de laisser notre équipe dans de si bonnes mains", a tweeté Sarah Sanders.

Stephanie Grisham devra également relever un autre défi: porter la parole présidentielle d'un président qui raffole particulièrement du lien direct avec les médias et les Américains, via Twitter.

Avec AFP

Enquête russe: le procureur spécial Mueller devant le Congrès américain le 17 juillet

L'ancien procureur spécial Robert Mueller, au ministère de la Justice à Washington, le 29 mai 2019.

L'ancien procureur spécial américain Robert Mueller, qui a mené l'enquête pendant près de deux ans sur l'ingérence russe lors de la présidentielle de 2016, va témoigner en public devant le Congrès le 17 juillet, ont annoncé mardi soir des élus démocrates.

Ce dernier rebondissement risque fort de provoquer le courroux du président Donald Trump, qui n'a cessé de voir dans l'enquête russe une "chasse aux sorcières" et a jugé, une fois le rapport du procureur spécial rendu public à la mi-avril, que le dossier était clos.

"Je suis heureux d'annoncer que le procureur spécial Robert Mueller témoignera en public devant la commission judiciaire et la commission du renseignement de la Chambre des représentants le 17 juillet, suite à une citation à comparaître lancée ce soir", a tweeté Jerry Nadler, président de la commission judiciaire.

"Robert Mueller a accepté de témoigner devant le Congrès suite à une citation à comparaître", a également dit sur Twitter Adam Schiff, le président de la commission du renseignement.

Des élus républicains ont aussitôt critiqué ce dernier développement.

"Deux ans d'enquête n'étaient pas suffisants, ils (les démocrates) veulent plus (...). Ceci n'est pas une tentative de parvenir à la vérité. C'est une tentative de lancer une opération de communication, rien de plus", a ainsi lancé sur Twitter Mark Meadows, membre de l'aile conservatrice du parti républicain.

- Témoignage "sensible" -

Dans son rapport d'enquête de plus de 400 pages, Robert Mueller avait détaillé les multiples contacts entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump, mais avait conclu ne pas avoir de "preuves suffisantes" d'une quelconque entente.

Le milliardaire républicain s'était immédiatement jugé "exonéré", alors que du côté démocrate, plusieurs voix s'étaient élevées pour réclamer l'ouverture des démarches en vue de destituer Donald Trump. Car Robert Mueller a aussi fait état de pressions troublantes exercées sur son enquête par le président.

A la surprise générale, l'ancien procureur spécial était sorti de son silence fin mai, pour expliquer que ses investigations tentaculaires n'avaient pas lavé Donald Trump de tout soupçon, mais que seul le Congrès était en mesure de poursuivre un président en exercice.

Homme austère qui a mené ses investigations à l'écart des regards, M. Mueller avait aussi souhaité que son intervention publique mette un point final à son travail. Lorsque les parlementaires démocrates ont évoqué l'idée de l'auditionner, il a "espéré" ne pas avoir à le faire.

Jerry Nadler et Adam Schiff ont dit comprendre ses réserves, mais ont jugé dans la lettre qu'ils lui ont envoyée mardi que son témoignage était nécessaire.

"Nous comprenons que votre témoignage en public présente certains aspects sensibles (...). Vous avez aussi expliqué que vous préfériez que le travail écrit du bureau du procureur spécial parle de lui-même. Toutefois, les Américains méritent de vous entendre directement parler de votre enquête et de vos conclusions", ont dit MM. Nadler et Schiff dans leur courrier.

Les deux responsables démocrates ont donc promis de travailler avec M. Mueller "pour préserver l'intégrité" de son travail.

"La Russie a attaqué notre démocratie pour aider Trump à gagner. Trump a favorablement accueilli cette aide et l'a utilisée. Comme Mueller l'a dit, cela devrait inquiéter tous les Américains. Et maintenant, tous les Américains vont pouvoir entendre Mueller, directement", a encore dit M. Schiff sur Twitter.

Forts de leur majorité à la chambre basse du Congrès, dotée de puissants pouvoirs d'investigation, les démocrates ont lancé une batterie d'enquêtes visant le président.

En revanche, la question d'entamer ou non une procédure de destitution contre M. Trump les divise. Compte tenu de la majorité républicaine au Sénat, elle est en effet quasiment sûre d'échouer. Les leaders du parti d'opposition sont donc réticents à emprunter cette voie.

A l'approche du scrutin de 2020, ils craignent qu'elle n'assourdisse leur message de campagne sur les questions qui préoccupent vraiment les électeurs, lassés des guerres politiques à Washington.

Avec AFP

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