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Association de trois magnats américains dans le secteur de la santé


De gauche à droite, Warren Buffett, Jeff Bezos et Jamie Dimon.

Jeff Bezos, Warren Buffett et Jamie Dimon vont unir leurs forces pour créer un système de protection sociale répondant à l'explosion des coûts d'assurance-santé depuis 2016.

La nouvelle société, indépendante et à but non lucratif, va se focaliser premièrement sur les technologies afin d'aider les employés et leurs familles à mieux comprendre le fonctionnement du système de santé américain, actuellement en pleine crise.

M. Buffett est à la tête du conglomérat Berkshire Hathaway qui possède notamment la société d'assurance Geico, Jeff Bezos dirige le géant de la distribution en ligne Amazon alors que Jamie Dimon est le PDG de JPMorgan Chase, la première banque américaine en termes d'actifs.

S'il ne concernera au début que les employés de leurs groupes respectifs, soit environ 960.000 personnes, le système que les trois hommes veulent mettre en place pourra s'étendre "potentiellement à tous les Américains", a estimé le PDG de JPMorgan mardi.

Cette annonce arrive en plein débat sur l'explosion des prix des médicaments aux Etats-Unis et des efforts répétés mais infructueux du Congrès pour abroger la loi Affordable Care Act (ACA).

"Le système de santé est complexe, mais nous entrons dans cette aventure en étant conscients du degré de difficulté", souligne Jeff Bezos dans le communiqué annonçant leur initiative mardi.

"Les coûts sans cesse grandissants de la couverture santé sont un ver qui ronge l'économie américaine", a affirmé le milliardaire Warren Buffet qui, à 87 ans, passe pour l'investisseur le plus avisé aux Etats-Unis.

"Notre groupe n'arrive pas avec des réponses mais nous ne l'acceptons pas non plus comme une chose inévitable et nous partageons l'idée que de mettre nos ressources en commun derrière les meilleurs talents du pays pourra, avec le temps, permettre de contrôler la hausse des coûts de santé tout en améliorant la satisfaction des patients", ajoute-t-il.

Les coûts de santé aux Etats-Unis ont grimpé de 4,3% en 2016 pour atteindre 3.300 milliards de dollars soit près de 10.500 dollars par personne vivant aux Etats-Unis. Leur poids atteint près de 18% du PIB, le double de ce qu'il représentait en 1980 selon les chiffres de l'organisme officiel CMS.gov.

D'après la Kaiser Family Foundation, la moitié environ des 325 millions d'Américains ont une couverture souscrite par leurs employeurs auprès d'assureurs privés. Un peu plus d'un tiers des Américains bénéficient d'une couverture publique, réservée aux plus vulnérables (programme Medicaid) et aux plus de 65 ans (Medicare)

Le reste est soit sans assurance, soit assuré individuellement auprès d'assureurs privés, par exemple des travailleurs indépendants ou des salariés de petites entreprises. Pour eux, le coût peut être très élevé: des milliers de dollars par mois pour une famille.

Le but d'Obamacare était de réduire le nombre de personne ne bénéficiant d'aucune couverture (environ 16% en 2010) et d'imposer une amende à toute personne ne souscrivant pas une assurance-santé afin d'équilibrer financièrement le système (individual mandate).

Dès son arrivée au pouvoir il y a un an, Donald Trump a essayé par tous les moyens d'abroger cette loi sans toutefois y parvenir. "L'individual mandate" a toutefois été abrogé à l'occasion de la réforme fiscale votée en décembre, déséquilibrant à terme l'ensemble du système.

L'annonce des trois magnats pesait lourdement sur les titres des groupes d'assurance santé américains à Wall Street mardi. UnitedHealth perdait 3,11%, Humana 2,59% et Aetna 2,50%.

Selon les analystes de Seeking Alpha, les groupes les plus menacés par l'initiative annoncée mardi sont les groupes de pharmacie comme CVS qui perdait 5%.

CVS et Aetna ont annoncé en décembre leur intention de fusionner pour créer une plateforme de services de santé permettant de réduire les coûts pour les patients mais aussi pour eux.

Quant aux groupes de pharmacie qui pourraient voir s'accroître la pression sur les prix qu'ils pratiquent, dénoncés de toute part aux Etats-Unis, ils semblaient adopter la politique du "wait and see". Le PDG de Pfizer a estimé mardi que toute initiative pour faire baisser les coûts de la santé aux Etats-Unis était "absolument positive".

Avec Afp

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