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Négociations tendues au Congrès américain pour éviter la paralysie


Coucher de soleil sur le Capitole américain le 20 janvier 2017.

Les parlementaires américains ont repris mercredi leurs discussions pour s'entendre avant vendredi soir sur un nouvel accord sur le budget, grippé par une polémique sur l'immigration, afin d'éviter une paralysie de l'administration fédérale.

Sans accord vendredi à minuit, ce sera le "shutdown" et certaines administrations pourraient devoir mettre leur personnel non-essentiel en congé faute de financement.

A deux jours de l'échéance, le Congrès semblait encore loin d'un accord. Les républicains accusent les démocrates de freiner le processus d'adoption du budget afin de renforcer leur position dans les négociations parallèles sur la question ultra-sensible de l'immigration. Les démocrates réclament en échange de leur vote un accord sur les "Dreamers", ces jeunes entrés illégalement aux Etats-Unis alors qu'ils étaient enfants mais protégés par Barack Obama et sur le programme fédéral d'assurance santé pour les enfants pauvres (Chip).

Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une priorité de son gouvernement. Ces denrières semaines, il a abrogé un statut protecteur pour les immigrés d'Haïti, du Salvador, du Nicaragua et du Soudan, soit plus de 260.000 personnes. Il a également abrogé le programme Daca, qui a permis à 690.000 "Dreamers" de travailler et d'étudier en les protégeant de l'expulsion.

Et la récente sortie de M. Trump sur Haïti et les pays africains, qualifiés de "pays de merde", ont envenimé les débats.

>> Pour en savoir plus : Trump se laisse aller à des propos injurieux sur Haïti et l'Afrique

La majorité républicaine entend doper les dépenses militaires dans le budget 2018, mais la minorité démocrate a son mot à dire : elle peut tout bloquer au Sénat, où une majorité qualifiée des trois cinquièmes, soit 60 voix sur 100, sera requise.

Les républicains sont globalement d'accord pour régulariser les "Dreamers". Mais Donald Trump exige aussi en échange le vote de crédits pour ériger le mur promis à la frontière avec le Mexique, ainsi que d'autres mesures anti-immigration, dont la fin de ce qu'il appelle "l'immigration en chaîne" (rapprochement familial) et la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes.

Or les démocrates ont longtemps dit qu'ils refuseraient de financer ce mur, symbole pour eux d'une politique xénophobe.

La raison triomphera

La majorité semblait se diriger vers un nouvel accord budgétaire temporaire, jusqu'à la mi-février, et la poursuite du Chip pour six ans, sans inclure de mesures sur l'immigration.

"Je pense qu'il n'y a pas de raison pour les démocrates de tenter de nous amener au 'shutdown'", a affirmé mercredi le président de la Chambre, le Républicain Paul Ryan.

"Je pense que la raison triomphera", a-t-il ajouté, tentant --comme le président le fait depuis plusieurs jours sur Twitter-- de rendre les démocrates responsables d'un éventuel blocage.

Mais M. Ryan pourrait aussi faire face à la grogne des élus conservateurs les plus radicaux, dont il a besoin pour faire passer son projet en cas d'opposition des démocrates.

"Il n'y actuellement pas assez de soutien à cette initiative de la présidence", a ainsi prévenu mardi Mark Meadows, le président du groupe des ultra-conservateurs de la Chambre.

Paul Ryan est conscient des dégâts que pourrait provoquer une fermeture de l'administration fédérale, alors que les républicains tiennent les deux Chambres du Congrès et la Maison Blanche, et que d'importantes élections de mi-mandat sont prévues en novembre.

Il a insisté sur sa volonté de résoudre la question du programme Daca, qui expire le 5 mars.

"Nous voulons régler le Daca d'une façon équilibrée pour ne pas avoir le même problème plus tard", a-t-il dit, affirmant que "des négociations de bonne foi sont en cours" entre les responsables des deux partis qui devaient se retrouver mercredi.

Des parlementaires de la minorité hispanique ont rencontré mercredi matin des responsables de la Maison Blanche, dont le secrétaire général John Kelly, pour tenter de trouver une solution définitive pour les "Dreamers". Mais M. Trump ne leur a pas facilité les choses en affirmant mardi sur Twitter que "les démocrates veulent fermer le gouvernement pour une amnistie totale".

Avec AFP

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