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Le parti de Jammeh saisit la Cour suprême


Le président sortant gambien Yahya Jammeh entouré de sa garde militaire à Banjul, Gambie, 29 novembre 20163.

Le parti du président gambien sortant Yahya Jammeh demande à la Cour suprême, qu’il a saisie mardi, d’annuler des résultats de l'élection du 1er décembre. L'opposant Adama Barrow est donné vainqueur par quelque 19.000 voix d'écart selon les résultats contestés.

L'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC, au pouvoir), indique dans le texte du recours que la Commission électorale "n'a pas correctement compilé les résultats".

Selon le parti de M. Jammeh, un nombre significatif de ses partisans "ont subi des intimidations qui les ont empêchés de voter" dans une région du pays.

Ces arguments ont déjà été invoqués par M. Jammeh le 9 décembre dans sa déclaration télévisée pour expliquer sa décision de revenir sur la reconnaissance de sa défaite au scrutin du 1er décembre et de réclamer un nouveau vote, une semaine après avoir félicité M. Barrow pour sa victoire.

Le recours vise la Commission électorale indépendante (IEC), dont les locaux ont été fermés mardi par la police, avant l'arrivée d'une délégation de chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest venus pour convaincre Yahya Jammeh de reconnaître définitivement sa défaite et de céder le pouvoir.

Auparavant, l'opposition avait indiqué craindre que le recours devant la Cour suprême projeté par M. Jammeh ne lui permette de se maintenir en place au-delà de la fin de son mandat, prévue en janvier.

"Je pense qu'il devrait démissionner maintenant", avait déclaré lundi M. Barrow à l'AFP. "Il a perdu l'élection, nous ne voulons pas perdre de temps", avait-il ajouté.

De plus, la Cour suprême n'étant plus au complet, désigner de nouveaux juges entraînerait inévitablement des délais supplémentaires, selon l'opposition, qui dénie de toute façon ce pouvoir au président sortant.

La saisine de la Cour doit intervenir dans les dix jours suivant la proclamation des résultats, mais lundi étant férié, ce recours devait être déposé mardi au plus tard, selon des juristes.

Faute de juges pour siéger à la Cour suprême depuis mai 2015, "il n'existe en Gambie aucun mécanisme légal légitime pour statuer sur le recours électoral du président sortant", a estimé lundi l'Ordre des avocats, appelant M. Jammeh à "céder immédiatement le pouvoir".

Avec AFP

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