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Le Kenya va "réfléchir sérieusement" à un retrait de la CPI


Le président Uhuru Kenyatta à Nairobi, Kenya, le 31 octobre 2016.

Le gouvernement kényan va "réfléchir sérieusement" à un éventuel retrait du Kenya de la Cour pénale internationale, institution dont se sont retirées récemment trois nations africaines, a affirmé lundi le président kényan Uhuru Kenyatta.

M. Kenyatta et son vice-président William Ruto avaient été inculpés par la CPI pour leurs rôles présumés dans les violences post-électorales de 2007-2008, mais les poursuites à leur encontre, marquées par des accusations d'intimidations de témoins, avaient au final été abandonnées à des stades différents de la procédure.

"Notre expérience avec la CPI démontre un manque flagrant d'impartialité au sein de cette institution. Certains (pays, ndlr) se sont retirés, d'autres y ont pensé", a déclaré M. Kenyatta lors d'un discours prononcé à l'occasion de la Fête nationale kényane.

Depuis son entrée en fonction en 2003, la CPI a ouvert dix enquêtes, dont neuf dans des pays africains, et certains leaders africains ont dès lors dénoncé une "sorte de chasse raciale".

Le Burundi a été en octobre le premier pays à quitter la CPI, après que le procureur eût menacé d'ouvrir une enquête sur la grave crise dont ce pays est le théâtre. L'Afrique du Sud, en octobre, puis la Gambie, en novembre, ont suivi le mouvement, faisant craindre un exode massif de la part des pays africains.

Sur fond de campagne internationale qu'il a menée pour que les poursuites contre MM. Ruto et Kenyatta soient abandonnées, le Kenya avait déjà menacé de quitter la CPI, et son parlement a adopté deux motions à ce sujet, sans que cela soit suivi d'effet.

Lors de cette campagne contre la CPI, l'Union africaine avait dans une résolution estimé que les dirigeants en exercice jouissaient d'une immunité et qu'aucun ne devrait être traduit devant un tribunal international durant son mandat.

"Nous avons cherché à effectuer les changements qui permettraient à la CPI de respecter la souveraineté nationale, mais ces changements n'ont pas eu lieu", a soutenu lundi le président Kenyatta. "Nous allons dès lors devoir réfléchir sérieusement à notre adhésion".

MM. Kenyatta et Ruto étaient poursuivis par la CPI pour des crimes contre l'humanité présumés commis durant les violences qui avaient accompagné la réélection contestée du président Mwai Kibaki face à Raila Odinga, en décembre 2007. Ces violences avaient fait plus de 1.300 morts et 600.000 déplacés, selon l'accusation.

La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait notamment dénoncé une campagne "acharnée" d'intimidation de témoins et un manque de coopération à l'enquête de la part de Nairobi, pour expliquer l'abandon des poursuites contre M. Ruto.

Avec AFP

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