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Le Maroc alerte l'ONU après des incursions du Polisario

Des soldats du Polisario à Bir Lahlou, dans le Sahara occidental, le 9 septembre 2016.

Les autorités marocaines ont annoncé dimanche avoir alerté le Conseil de sécurité de l'ONU après des incursions "gravissimes" du Front Polisario dans la zone tampon du Sahara occidental.

"Il y a eu des provocations, des manœuvres (...) du Polisario encouragé par l'Algérie pour modifier le statut de cette zone" tampon, placée depuis le début des années 1990 sous la responsabilité des Nations unies, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors d'un point presse.

"Si l'ONU (...) n'est pas prêt à mettre fin à ces provocations, (...) le Maroc assumera ses responsabilités et ne saura tolérer qu'un changement puisse intervenir dans cette zone", a-t-il affirmé.

Vaste étendue désertique de 266.000 km2, avec 1.100 km de côte atlantique au nord de la Mauritanie, le Sahara occidental est le seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n'a pas été réglé. Le Maroc en contrôle 80%, le Front Polisario 20%, séparés par un mur et une zone tampon contrôlée par les Casques bleus.

>> Lire aussi : Le Conseil de sécurité pousse pour redémarrer les négociations sur le Sahara occidental

Le Maroc accuse le Front Polisario, indépendantiste soutenu par l'Algérie, de mener des incursions dans la zone tampon près de Guerguerat, un no man's land situé à la frontière avec la Mauritanie.

"Cette provocation dure depuis un certain temps (...) Le Maroc ne pourra pas rester les bras croisés devant des attaques continues cherchant à transformer le statut des territoires à l'est", a insisté le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, présent au point presse.

Les deux hommes ont rencontré dimanche les commissions des Affaires étrangères du Parlement puis les chefs de partis politiques marocains pour les informer des "développements gravissimes à l'est du dispositif de défense au Sahara marocain", survenus en mars à Tifariti et Bir Lahlou, a expliqué le chef de la diplomatie.

>> Lire aussi : Une délégation marocaine rencontrera l'envoyé de l'ONU sur le Sahara occidental

"Le Maroc réagira avec détermination et par tous les moyens à toutes les actions qui pourraient changer le statut de cette zone, il s'agira d'un +casus belli+ dont le Maroc tirera tous les enseignements", a prévenu M. Bourita.

C'est la "Minurso qui a la responsabilité de gérer cette zone", a souligné le ministre des Affaires étrangères en affirmant que "la gestion légère de ce qui s'est passé à Guerguerat a été interprété comme un encouragement", en référence aux récentes incursions du Polisario au sud du Sahara occidental au début de l'année.

"L'Algérie doit assumer ses responsabilités (...) le Maroc n'attaque pas l'Algérie lorsqu'il dit que l'Algérie encourage ce genre de provocations: c'est l'Algérie qui abrite, qui finance, qui arme, (...) qui mobilise, ce n'est là ni une attaque ni une insulte, c'est la vérité", a souligné M. Bourita.

Le Conseil de sécurité a demandé fin mars à l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental de poursuivre les discussions sur une relance de négociations visant à régler le différend autour de ce territoire. Aucune date n'a été annoncée pour reprendre des pourparlers formels, les derniers en date --sous l'égide de l'ONU-- remontant à 2012.

Le Front Polisario réclame un référendum d'autodétermination pouvant conduire à l'indépendance, mais le Maroc rejette toute autre solution que l'autonomie sous sa souveraineté.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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