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Arrestation au Maroc de trois membres présumés du groupe Etat islamique

Vue sur un minaret dans la ville de Marrakech, le 10 décembre 2014.

Les autorités marocaines ont annoncé jeudi l'arrestation de trois "éléments dangereux ayant fait allégeance" au groupe jihadiste Etat islamique, en affirmant que l'un d'eux était affilié au Front Polisario et planifiait des attentats au Maroc.

Âgés entre 24 et 30 ans et soupçonnés d'"incitation au meurtre" au nom de l'EI, les suspects voulaient "acquérir des expertises dans la fabrication d'engins explosifs", selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Ils "s'activaient" dans les villes de Salé (ouest), Marrakech (sud) et Laâyoune (sud), la capitale du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole disputée, en grande partie sous le contrôle du Maroc.

Un des trois suspects avait "rallié" par le passé les camps du Polisario dans la région de Tindouf, dans l'ouest de l'Algérie, et planifiait de "perpétrer des actes terroristes à l'intérieur du royaume", selon la même source.

Le mouvement du Front Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame un référendum sur l'indépendance du Sahara occidental alors que Rabat propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté pour les deux tiers du territoire qu'il considère comme partie intégrante de son espace national.

Les autorités marocaines mettent régulièrement en avant la nécessité d'éviter toute forme de balkanisation dans la région et pointent aussi les "connexions" supposées du Polisario avec les mouvements jihadistes actifs dans le Sahel.

Lors de l'opération menée par le Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ, l'unité antiterroriste), les enquêteurs ont trouvé une "carte d'identité" délivrée par ce que les autorités marocaines appellent "la république fantoche", à savoir la République arabe sahraouie et démocratique (RASD proclamée par le Polisario).

>> Lire aussi : L'Espagne inquiète pour sa frontière sud avec l'afflux de combattants au Sahel

Un uniforme militaire du Polisario et un drapeau symbolisant cette "entité fantoche" ont également été saisis, tout comme des équipements électroniques, selon le communiqué de l'Intérieur.

En 2017, le BCIJ a démantelé neuf "structures terroristes" et "neutralisé 186 terroristes présumés", selon un bilan récent diffusé par l'agence officielle MAP.

Épargné par les attentats commis par l'EI, le royaume qui revendique une politique très active en matière de lutte antiterroriste avait été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et Marrakech (17 morts en 2011).

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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