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L'Espagne inquiète pour sa frontière sud avec l'afflux de combattants au Sahel


Alfonso Dastis, le Ministre des Affaires étrangères à Madrid, Espagne, le 4 novembre 2016.

L'Espagne s'inquiète pour la sécurité de sa frontière sud, en raison notamment de l'afflux de combattants islamistes au Sahel, a déclaré jeudi à l'AFP son ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis.

"Nous sommes inquiets face à l'arrivée croissante de personnes affiliées à Daesh (acronyme arabe du groupe Etat islamique) et qui, ayant été vaincues en Irak et en Syrie, transfèrent leurs activités au Sahel et en Libye", a déclaré le ministre. "C'est pratiquement à notre frontière".

"Il est évident que la situation en termes de sécurité au Niger et au Mali ne s'améliore pas beaucoup", a-t-il ajouté.

Le gouvernement espagnol a décidé en décembre de doubler en 2018 son contingent dans la force européenne de formation de l'armée malienne pour le porter à près de 300 militaires.

M. Dastis a admis que Madrid craignait que certains combattants puissent profiter des grandes migrations estivales nord-sud, avec des vacanciers transitant par l'Espagne pour rejoindre le Maghreb avant de repartir vers le nord de l'Europe.

"Cela nous inquiète effectivement mais nous ne croyons pas qu'il faille établir un parallèle entre le terrorisme et l'immigration", a-t-il déclaré. "Pour nous assurer qu'il n'y a pas de vases communicants, nous prenons très au sérieux les questions de surveillance (...) s'agissant de l'accueil des réfugiés et immigrants".

Des zones entières du Mali échappent à tout contrôle, et depuis 2015 les attaques jihadistes se sont étendues aux pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

La dégradation de la situation sécuritaire en Libye a aussi des conséquences directes sur l'Espagne car les migrants qui passaient par ce pays pour atteindre l'Europe, via l'Italie, évitent désormais cette route et passent par l'Espagne.

En janvier, 1.287 migrants ont atteint l'Espagne en passant par la Méditerranée, selon l'Organisation des migrations internationales (OMI), et 75 ont péri dans la traversée.

L'Espagne est régulièrement accusée par les ONG de refouler des migrants "à chaud", c'est-à-dire sans leur donner la possibilité de faire une demande d'asile.

Ces situations se produisent lorsqu'ils tentent de franchir les hautes barrières entourant les enclaves sous administration espagnole de Ceuta et Melilla au Maroc.

"C'est une configuration particulière (...) celui qui n'est pas arrivé en Espagne n'est pas refoulé à chaud, simplement il n'est pas entré", a répondu le ministre.

Avec AFP

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