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Le kidnapping d’enfants s’installe au Sud-Kivu

Des enfants à Bukavu, Sud-Kivu, 27 mai 2018. (VOA/Ernest Muhero)

De janvier 2017 à  mai 2018, près de 85 enfants ont été soit kidnappés ou victimes de tentative de kidnapping au sud Kivu, alerte le président provincial au Sud Kivu de l’Association africaine de défense de droit de l’homme (Asadho), Josué Blaise Mukubwa. Selon lui, les parties littorales de la province, le long du lac Kivu et du lac Tanganyika, sont le plus touchées par ce phénomène qui prend de l’ampleur depuis le début de l’année 2018.

En même temps le service congolais des migrations renforce les mesures pour quiconque veut traverser la frontière avec un enfant mineur.

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"Nous étions en train de jouer et un papa est venu nous dire qu’il va nous acheter des beignets. Quand on lui a indiqué là où on en achète habituellement dans le quartier, il nous a dit que ces beignets étaient de mauvaise qualité et nous a demandés de le suivre pour nous amener là où on en vend de bonne qualité. On l’a suivi mais on a remarqué que la route devenait très longue. Puis nous nous sommes retrouvés devant une voiture et il nous a demandé de monter à bord. Et on a eu peur et on s’est mis à pleurer, puis des passants l’ont arrêté ", témoigne Bénédicte Mungwalisa âgée de sept ans.

La fillette et trois autres enfants d’un voisin ont été kidnappés en pleine journée dans la commune d’Ibanda, à Bukavu par un inconnu. Ils ont été retrouvés en début de soirée à près de 3 kilomètres de leur domicile.

Mme Odile Furaha, mère de Bénédicte décrit la panique qui a secoué sa famille quand elle n’arrivait plus à localiser sa fillette.

"Nous étions assis à la maison. Vers 17h, on cherche Bénédicte sans la trouver. Une heure plus tard, je suis prise de panique. C’est toute la famille et le voisinage qui se déploient dans le quartier pour essayer de la retrouver. Désespéré, le chef de notre cellule reçoit un coup de fil vers 22h lui annonçant qu’un kidnappeur, avec quatre enfants, venait d’être arrêté. J’appelle vraiment les parents à plus de vigilance et aux écoles pour ne pas chasser les enfants pour irrégularité de scolarité car c’est les exposer à un kidnapping", affirme la mère chanceuse qui a retrouvé sa fille.

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Dans la commune de Kadutu, le chef de quartier Kasali, Marcellin Ramazani, évoque un autre cas le 19 mai où cette fois un enfant de quatre ans a été enlevé par son voisin.

"Une famille m’a appelé me disant qu’on venait d’enlever son enfant. Nous sommes entrés en contact avec le voisin, présumé ravisseur. Il m’a dit qu’il était avec l’enfant et qu’on devait de se retrouver au niveau du quartier industriel. Arrivé là-bas, il m’a dit qu’ils n’étaient plus là mais plutôt à Nyantende", explique le chef du quartier.

Face à la menace de la population d’incendier la maison de la famille du ravisseur, celui-ci a orienté le chef de quartier vers l’endroit où il a caché l’enfant à plus de 7 kilomètres de son domicile.

Josué Blaise Mukubwa est chercheur indépendant et répondant provincial au Sud-Kivu de l’Asadho. Dans son enquête préliminaire d’identification des cas, il parle d’environ 85 enfants kidnappés surtout dans les parties littorales du Sud-Kivu.

"Nous voulons qu’il y ait une enquête approfondie enfin de savoir qui, pour qui et comment ils font ça, mais aussi quels seraient réseaux qui le facilitent. Puisque les enfants disparaissent", indique M. Mukubwa.

Cette situation inconfortable est vécue par d’autres familles aussi bien dans la ville de Bukavu que dans les territoires de la province.

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Si certains ont eu la chance de retrouver leur progéniture vivante, pour d’autres les enfants sont toujours portés disparus ou retrouvés morts amputés de certains organes, prévient le chercheur.

Des sources proches de la direction générale des migrations font savoir que des mesures de contrôle ont été renforcées.

Désormais, lorsqu’une personne veut traverser la frontière congolaise avec un enfant, elle doit présenter une lettre parentale notariée, un extrait d’acte de naissance et introduire une demande d’autorisation de sortie pour enfant.

Les attestations de naissance facilement falsifiables ne sont plus acceptées.

Selon des sources diplomatiques, la situation d’un enfant congolais disparu en RDC et retrouvé au Burundi puis ramené à l’ambassade congolaise du Burundi, aurait déclenché cette série de nouvelles mesures concernant la traversée des enfants mineurs.

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Afrique du Sud: Ramaphosa dénonce un rapport "biaisé" et veut agir en justice

M. Ramaphosa avait plaidé la bonne foi, assurant qu'il ne disposait pas des bonnes informations lorsqu'il avait répondu à la question au parlement.

Le président Cyril Ramaphosa a dénoncé dimanche comme "irrévocablement biaisé" le rapport de la médiatrice de la République sud-africaine, qui a affirmé qu'il avait délibérément trompé le Parlement.

"Après avoir soigneusement étudié le rapport, j'en conclus qu'il est irrévocablement biaisé", a-t-il déclaré à des journalistes, ajoutant qu'il était "décidé à obtenir en urgence un examen judiciaire" de ses conclusions.

Tout en reconnaissant que les accusations portées contre lui étaient "graves", le président sud-africain a estimé que les conclusions du rapport "n'étaient pas conformes à la loi" et que certaines "excédaient l'étendue des pouvoirs" de la médiatrice.

"Il convient donc qu'un tribunal se détermine de manière définitive et impartiale sur ce sujet", a souligné M. Ramaphosa.

Busisiwe Mkhwebane, une juriste indépendante chargée de contrôler notamment les agissements de l'exécutif, estime que l'enquête qu'elle a menée prouve que le président, qui a promis à maintes reprises d'éradiquer la corruption dans son pays, a trompé le Parlement de façon "délibérée", quand il a répondu à une question de l'opposition sur une donation à sa campagne de 500.000 rands (environ 32.000 euros) faite par un groupe industriel.

M. Ramaphosa avait alors affirmé que l'argent versé en 2017 était un paiement à son fils Andile pour un travail de consultant pour l'entreprise de services Bosasa, impliquée dans de nombreux contrats publics suspects.

Il a depuis reconnu qu'il s'agissait d'une donation à sa campagne pour la présidence de son parti, le Congrès national africain (ANC), une bataille intense qui lui a permis de vaincre le candidat choisi par l'ancien président Jacob Zuma.

M. Ramaphosa avait plaidé la bonne foi, assurant qu'il ne disposait pas des bonnes informations lorsqu'il avait répondu à la question au parlement. Il a promis de rembourser les fonds de campagne.

- "Pas à la hauteur" -

Mais dans son rapport, publié vendredi, Mme Mkhwebane souligne que "même si le président Ramaphosa a justifié son erreur en affirmant avoir reçu des informations incomplètes ou erronées, il a bien trompé le Parlement".

Selon elle, le président "aurait dû se donner le temps nécessaire pour pouvoir s'informer et donner une réponse exacte" avant de répondre à la question posée par Mmusi Maimane, chef du principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA).

"Je juge donc que la conduite du président Ramaphosa (...) même si elle était de bonne foi, n'est pas à la hauteur de ses fonctions".

Mme Mkhwebane ajoute que la façon dont les fonds ont été déplacés d'un compte à l'autre avant de finir sur celui de la campagne de M. Ramaphosa exacerbe les soupçons de blanchiment d'argent.

Au pouvoir depuis février 2018 et réélu en mai, M. Ramaphosa a fait de la lutte contre la corruption son principal cheval de bataille dans un pays marqué par les scandales de la présidence de son prédécesseur, Jacob Zuma.

La médiatrice a été critiquée pour son implication présumée dans la guerre interne à l'ANC, le parti de Nelson Mandela, profondément divisé entre partisans de l'ex-président Zuma et soutiens de son successeur Ramaphosa.

De son côté, l'Alliance démocratique a demandé que le président Ramaphosa comparaisse devant une commission parlementaire spéciale.

Avec AFP

Interdiction des marches politiques à Kinshasa cette semaine

Le président de la RDC, Félix Tshsiekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, à droite au Palais de la nation, Kinshasa, 24 janvier 2019.

Les autorités de la capitale de la République démocratique du Congo ont interdit l'organisation "cette semaine" de toute marche politique à Kinshasa à cause "du climat tendu" entre les partisans du président Félix Tshisekedi et ceux de son prédécesseur Joseph Kabila, a annoncé dimanche la police.

"Compte tenu du climat tendu dans la capitale, Son Excellence M. le gouverneur a interdit toutes les marches" à caractère politique sur les rues de Kinshasa "pendant cette semaine", a déclaré à la télévision d'État le chef de la police de la capitale congolaise, le général Sylvano Kasongo.

"Il a instruit la police de prendre des mesures idoines. Toute personne qui osera marcher ou troubler l'ordre public pendant cette semaine va trouver la police sur son chemin", a-t-il ajouté.

L'escalade a commencé mardi, lorsque des jeunes du parti du président Tshisekedi, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ont annoncé pour lundi une marche contre la candidature de l'ancien ministre de la Justice Alexis Thambwe, considéré comme un dur de l'ancien régime, à la présidence du Sénat.

"Nous ne voulons plus voir les mêmes visages diriger les institutions du pays ou figurer dans l'équipe gouvernementale", avait déclaré lors d'une conférence de presse Fils Mukoko, l'un des porte-parole des jeunes de l'UDPS.

En réaction, les jeunes pro-Kabila, les bérets rouges, ont promis eux aussi d'organiser ce même lundi une contre-marche pour soutenir la candidature de l'ancien garde des sceaux à la présidence du Sénat, en brandissant une autorisation du gouverneur de Kinshasa, un pro-Kabila.

Le Sénat est contrôlé par des partisans de M. Kabila. Le ticket présenté par le FCC pour les sept postes du bureau du Sénat ne compte aucun membre de Cap pour le changement (Cach), la coalition du président Tshisekedi.

Cap pour le changement a signé un accord de coalition avec le Front commun pour le Congo (FCC) de l'ancien président Kabila, largement majoritaire à l'Assemblée nationale, aux assemblées provinciales et au Sénat.

Six mois après l'investiture du président Tshisekedi et plus d'un mois après la nomination de son Premier ministre Ilunga Ilunkamba, proposé par l'ancien président Kabila, les négociateurs de Cach et du FCC peinent à se mettre d'accord sur la composition du gouvernement.

Avec AFP

Un chef coutumier et 4 civils tués dans deux attaques à Beni

Soldats des FARDC à Paida, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, le 7 décembre 2018.

Un chef traditionnel et quatre civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques dans le territoire de Beni, théâtre de violences permanentes dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris des sources militaire et administrative.

"Nous avons repoussé la nuit une attaque des ADF (Allied Democratic Forces, rebelles musulmans ougandais) à Magboko près d'Oicha. Les combats se sont poursuivis jusqu'à la fuite de l'ennemi que nous poursuivons. Malheureusement, deux civils ont été exécutés", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu (est).

A Eringeti, situé à 30 km de cette première localité attaquée et à 60 km au nord de la ville de Beni, un chef coutumier a été tué avec deux autres civils dont une femme", a indiqué Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

"Si à Magboko, l'incursion des ADF ayant fait deux morts a débuté vers 23 heures, pour le cas d'Eringeti, les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de cet acte", a précis M. Kibwana.

"Les victimes de Magboko ont été tuées à la machette alors que celles d'Eringeti ont été tuées par balles tirées par des éléments en uniformes non encore identifiés", a souligné Teddy Kataliko, l'un des responsables de la société civile du territoire de Beni.

"C'est inconcevable qu'un chef du village soit abattu dans un milieu où l'armée est déployée", a-t-il ajouté.

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Cette appréciation est remise en cause par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Le village de Mukoko déserté à Beni après les massacres (vidéo)
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Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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