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Échec de la journée sans voiture à Bukavu

Le trafic était fluide au centre-ville de Bukavu, en RDC, le 23 mars 2018. (VOA/Ernest Muhero)

La journée ville sans voiture décrétée par le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu a été moins observée à Bukavu. Elle visait à l’amélioration des routes en état de délabrement très avancé dans le Sud-Kivu.

La ville de Bukavu s’est réveillée avec une faible circulation des véhicules mais dès 10h du matin, les grandes artères étaient occupées comme d’habitude.

Le transport en commun était fluide surtout l’après-midi. Néanmoins, plusieurs particuliers ont choisi de laisser leurs véhicules au parking pour soutenir cette action citoyenne visant à l’amélioration des routes en état de délabrement très avancé au Sud-Kivu.

>> Lire aussi : Au moins 18 morts dans un accident de la route dans l'est de la RDC

Quelques travaux de réhabilitation de route faites par la mairie de Bukavu, le 23 mars 2018. (VOA/Ernest Muhero)
Quelques travaux de réhabilitation de route faites par la mairie de Bukavu, le 23 mars 2018. (VOA/Ernest Muhero)

Motards et chauffeurs font face à des routes en mauvais état comme le souligne Mizo Kabare, président de la Ligue de consommateurs des services du Congo-Kinshasa.

La veille, les associations de transporteurs et taximen se sont désolidarisés de l’action de la société civile après avoir eu des échanges avec le gouverneur de province du Sud-Kivu et ses services qui leur ont annoncé la reprise de travaux de construction et réhabilitation des routes pour bientôt.

​>> Lire aussi : Au moins 12 morts lors d'un accident de bus dans le Katanga en RDC

Route en état de delabrement avancé au centre-ville de Bukavu, le 23 mars 2018. (VOA/Ernest Muhero)
Route en état de delabrement avancé au centre-ville de Bukavu, le 23 mars 2018. (VOA/Ernest Muhero)

Certains particuliers ont choisi de répondre à l’appel de la société civile en laissant leur véhicule au parking.

Patient Bashombe, président du bureau de Coordination de la société
civile, estime que "c’est déjà un bon début et la société civile compte
multiplier la sensibilisation pour que l’Etat mette à la disposition
du contribuable des routes de qualité".

Selon l’Office de voirie et drainage (OVD), en 2017, seulement 977 mètres de routes ont été réhabilités à Bukavu.

Circulation timide vendredi matin à Bukavu pendant la journée sans vehicule decretée, le 23 mars 2018. (VOA/Ernest Muhero)
Circulation timide vendredi matin à Bukavu pendant la journée sans vehicule decretée, le 23 mars 2018. (VOA/Ernest Muhero)

Alain Tshimbalanga, directeur provincial de l’OVD, appelle la population à
tenir compte du fait que le Sud-Kivu "ne mobilise pas assez de moyens
par rapport à ses besoins en réhabilitation des routes".

La ligue de consommateurs des services du Congo-Kinshasa, Licoski,
plaide pour la réhabilitation des routes de désertes agricoles, selon Mizo
Kabare.

Des usagers de la route attendent donc avec impatience les travaux
annoncés sur certains tronçon de Bukavu par le gouvernement provincial.

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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