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Le Kenya se dote d'une nouvelle commission électorale


Un bureau de vote à Kumpa, Kenya, 4 mars 2013.

Le Kenya, où la fièvre électoral grimpe à moins de sept mois d'élections générales qui s'annoncent tendues, s'est doté mercredi d'une nouvelle commission électorale en remplacement de la précédente jugée partisane par l'opposition, indique une source officielle.

Le président kényan Uhuru Kenyatta, candidat à sa réélection le 8 août prochain, a formellement désigné les sept membres de la nouvelle commission électorale (IEBC), dernière étape d'un long processus de nominations, selon un communiqué de la présidence kényane.

"Ce processus de reconstitution (de la commission) s'est fait sur une base bipartisane et donne une nouvelle vie à cet organisme électoral tout en restaurant la confiance dans sa capacité et sa compétence à remplir ses mandats constitutionnel et statutaire", assure la présidence.

La précédente commission avait démissionné en octobre 2015 sous la pression de l'opposition qui, lors de manifestations en avril et en mai de la même année, avait dénoncé le caractère selon elle partisan de l'équipe en place.

C'est cette même équipe sortante qui avait supervisé l'élection présidentielle de mars 2013, entachée par la défaillance du système biométrique d'enregistrement des électeurs, conduisant l'opposition à douter de la victoire de M. Kenyatta mais aussi de la capacité de l'IEBC à organiser des élections crédibles en 2017.

Les scandales de corruption ont également terni l'image de la précédente commission.

La nouvelle commission sera présidée par un avocat de formation originaire de l'ouest du pays, Wafula Wanyonyi Chebukati. Il sera secondé par six commissaires: trois femmes et trois hommes.

Leur nomination intervient alors que le pays vient de lancer une vaste opération d'enregistrement des électeurs, qui s'achèvera le 14 février.

Environ 15,9 millions de Kényans sont déjà inscrits sur les listes électorales, plus que les 14,4 millions de 2013. Mais l'IEBC estime que plus de 9 millions d'électeurs potentiels ne sont pas inscrits, sur les quelque 46 millions d'habitants du pays (selon une estimation de la Banque mondiale en 2015).

La Commission espère que 4 à 6 millions d'électeurs supplémentaires, sur ces 9 millions de non-inscrits, s'enregistreront sur les listes électorales.

Uhuru Kenyatta, qui avait remporté la présidentielle de 2013 par une marge d'environ 800.000 voix, briguera un second mandat à la tête d'une alliance rassemblant deux des principales ethnies du pays, les Kikuyu, dont il est issu, et les Kalenjin du vice-président William Ruto.

La coalition d'opposition Nasa, nouvellement formée et qui n'a pas encore désigné son candidat, rassemble notamment trois autres importants groupes, les Luo, les Luhya et les Kamba.

Avec AFP

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