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Le gouvernement et opposition s'écharpent autour du système de vote électronique au Kenya


Lors des manifestations anti-corruption à Nairobi, Kenya, le 1er décembre 2015.

Les députés kényans ont voté jeudi un amendement à la loi électorale prévoyant que la Commission électorale puisse décompter manuellement les résultats aux élections d'août 2017 en cas de défaillance du système électronique, un texte fermement rejeté par l'opposition.

La Commission électorale (IEBC) pourra ainsi décider de passer à un vote manuel, un décompte manuel ou une transmission manuelle des résultats, si le système électronique devait faillir, comme cela avait été le cas lors des élections de 2013.

Seuls les députés de la coalition Jubilee au pouvoir ont voté cet amendement, l'opposition ayant décidé de boycotter la session pour protester contre un texte qu'elle considère comme susceptible de favoriser un trucage des élections.

Le chef de l'opposition Raila Odinga a vainement tenté de s'y opposer, en déposant une requête en justice pour empêcher la tenue de cette session spéciale à l'Assemblée nationale.

"En Inde, qui est une des plus grandes démocraties au monde, 863 millions de personnes ont été enregistrées de manière biométrique. Ils ont aussi utilisé (le système de vote électronique) EVID et ça a parfaitement fonctionné. Pourquoi le Kenya ne peut-il faire de même", a avancé M. Odinga en conférence de presse après le vote.

"C'est parce que nous sommes habitués à voler les élections en utilisant le registre d'identification des électeurs. Ils sont habitués à réveiller les morts pour qu'ils votent avant de retourner dans leur tombe", a-t-il accusé.

L'ancien Premier ministre a appelé les Kényans à manifester à partir du 4 janvier pour protester contre ce texte et s'assurer de la tenue "d'une élection démocratique".

En 2013, le système biométrique d'enregistrement des électeurs s'était révélé défaillant et l'IEBC avait été contrainte d'arrêter à mi-chemin le décompte électronique des résultats provisoires, en raison d'importants problèmes techniques.

L'opposition avait estimé que l'effondrement du système électronique, censé garantir la sincérité du scrutin, avait favorisé des fraudes et manipulations.

Bien que leur résultat avait été contesté par M. Odinga, ces élections s'étaient déroulées paisiblement. Les précédentes, en 2007, s'étaient en revanche soldées par plus de 1.100 morts au cours d'affrontements politico-ethniques.

Les élections générales, dont la présidentielle, sont prévues le 8 août 2017 au Kenya. L'actuel président Uhuru Kenyatta est le favori pour être élu à sa propre succession.

Avec AFP

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