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Onze ambassadeurs occidentaux démentent vouloir influencer la présidentielle 2017


Le secrétaire d'État John Kerry et le président Uhuru Kenyatta dans la capitale, Nairobi, Kenya, le 22 août 2016.

Les ambassadeurs de dix pays occidentaux et celui de l'Union européenne au Kenya ont démenti mardi vouloir influencer l'élection présidentielle d'août 2017, après que le président kényan eut accusé les pays étrangers d'ingérence dans ce scrutin en finançant des organisations de la société civile.

Les ambassadeurs américain, canadien, allemand, suédois, australien, britannique, hollandais, danois, finlandais, norvégien et de l'UE ont publié à cet effet un communiqué commun, un jour après que Nairobi eut ordonné à une ONG américaine travaillant sur des programmes liés à la présidentielle de cesser immédiatement ses activités, officiellement pour des questions administratives.

"Que les choses soient claires, nous ne fournissons pas d'aide électorale, à quelque organisation que ce soit, gouvernementale ou non gouvernementale, afin d'influencer les résultats des élections pour un camp, un parti politique ou un candidat", ont soutenu les ambassadeurs.

"Notre assistance a pour but d'aider le peuple kényan à exercer de manière indépendante son droit de vote", ont-ils ajouté. "Seul le peuple kényan a le droit souverain de choisir ses dirigeants, et nous respectons entièrement ce droit".

Lundi, le ministère kényan de la Décentralisation et de la Planification avait ordonné à la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) de cesser immédiatement son programme d'assistance électorale d'un budget de 19 millions d'euros.

Selon le ministère, l'IFES n'est pas enregistrée au Kenya en tant qu'ONG, et les employés étrangers travaillant pour cette fondation n'ont pas de visas de travail et sont donc considérés comme travaillant illégalement dans ce pays.

Une semaine plus tôt, le président kényan Uhuru Kenyatta avait accusé les pays étrangers de vouloir influencer les élections générales (dont la présidentielle) prévues en 2017, en finançant des organisations de la société civile.

"De l'argent arrive déjà de l'étranger sous prétexte de promouvoir la bonne gouvernance ou le civisme, mais l'intention réelle est d'influencer nos choix électoraux", avait affirmé le favori pour être élu à sa propre succession.

Bien que leur résultat avait été contesté par le leader de l'opposition, l'ancien Premier ministre Raila Odinga, les dernières élections de 2013 s'étaient déroulées paisiblement. Les précédentes, en 2007, s'étaient elles soldées par plus de 1.200 morts au cours d'affrontements politico-ethniques.

Les ambassadeurs occidentaux ont souligné lundi que les programmes d'aide électorale auxquels ils participent ont été créés "en consultation avec le gouvernement, les partis politiques et la société civile, qui ont identifié des faiblesses du processus électoral de 2013 pouvant bénéficier d'une aide internationale".

Ils ont également rappelé que l'aide au processus électoral est "une petite partie" de l'aide internationale dont bénéficie le Kenya, qui couvre des secteurs tels que la santé, l'éducation, l'environnement, la sécurité ou le développement économique.

Avec AFP

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