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Des représentants syndicaux condamnés pour la grève des médecins au Kenya


Un patient accompagné d’un visiteur, marche dans le couloir de l’hôpital national Kenyatta à Nairobi, Kenya, 31 décembre 2013.

Un tribunal kényan a condamné jeudi sept représentants syndicaux à un mois de prison avec sursis et les a sommés de mettre un terme à la grève des médecins qui paralyse les hôpitaux publics du pays depuis près de 40 jours.

La juge Hellen Wasilwa a donné deux semaines aux médecins et leurs représentants pour reprendre le travail, faute de quoi les sept accusés "seront arrêtés et emmenés en prison" pour purger leur peine.

Dans ce dossier, la justice a donné raison au gouvernement qui considère le mouvement illégal au motif qu'il a été enclenché alors que des négociations salariales étaient en cours.

Mais les quelque 5.000 médecins du secteur public, en grève depuis le 5 décembre au Kenya, font valoir que leur revendication principale - une multiplication de leur salaire par quatre - figurait dans un accord de négociation collective signé en 2013 et jamais appliqué.

Vendredi, ils avaient rejeté une proposition du gouvernement d'augmenter de 40% leur salaire, selon les syndicats.

Malgré la condamnation, le syndicat des praticiens, pharmaciens et dentistes (KPMDU) ne semble pas fléchir et assure que la perspective de la prison n'effraye pas ses représentants.

"Nous ne pouvons négocier avec une corde autour du cou", a déclaré le secrétaire général du KPMDU, avant d'ironiser: "Au mois de mars, nous prodiguerons les meilleurs soins aux prisons de ce pays".

Lundi, le gouvernement avait lancé un ultimatum aux médecins, menaçant de les licencier s'ils ne reprenaient pas le travail mercredi au plus tard. Ces derniers n'ayant pas cédé à la menace, plusieurs gouverneurs leur ont envoyé des courriers demandant de justifier leur absence, première étape d'un processus pouvant mener à un licenciement.

La grève dans les hôpitaux publics a de lourdes conséquences pour les malades, dont certains sont dirigés vers des cliniques privées, que la majorité de la population ne peut pas s'offrir financièrement.

Les grévistes, qui dénoncent la corruption endémique gangrénant le pays, bénéficient cependant du soutien de nombreux Kényans. Le quotidien The Standard soulignait jeudi qu'un député gagne trois fois plus d'argent (plus de 10.000 euros mensuels) que les médecins les mieux payés du pays.

A l'approche des élections prévues en août, la grève des médecins est un dossier épineux et potentiellement dommageable pour le président Uhuru Kenyatta, qui briguera un second mandat.

Avec AFP

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