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Tunisie

Le groupe État Islamique menace la Tunisie dans une vidéo

Les Tunisiens manifestent contre le retour des jihadistes dans les rues de Tunis, Tunisie, le 8 janvier 2017.

Le groupe Etat islamique (EI), auteur de multiples attentats sanglants en Tunisie, a appelé à de nouvelles attaques dans ce pays, dans une vidéo attribuée à l'organisation jihadiste et présentée comme filmée en Tunisie.

La vidéo montrant des hommes cagoulés et armés et diffusée dans la nuit de mardi à mercredi sur le compte du groupe EI de la messagerie Telegram, ne pouvait être authentifiée dans l'immédiat.

Signé du "bureau médiatique de l'EI en Tunisie", cet enregistrement de propagande est présenté comme filmé dans ce pays, un fait très rare.


Sa diffusion est intervenue trois semaines après un double attentat suicide contre la police à Tunis revendiqué par l'EI et qui a fait deux morts -un policier et un civil.

Dans la vidéo, le groupe d'hommes armés prêtent allégeance au chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, le "commandeur des croyants".

"Vos soldats et vos fils en terre de Kairouan se portent bien", a déclaré l'un d'eux, surnommé "Abou Omar al-Tounsi (le Tunisien)", s'adressant à Abou Bakr al-Baghdadi. La région de Kairouan (centre) est un haut lieu de l'islam en Tunisie.

Un autre jihadiste surnommé "Abou Khaled al-Tounsi", appelle à "semer la terreur" en Tunisie.

Après la révolution de 2011, la Tunisie a été confrontée à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de la mort de dizaines de soldats et de policiers, mais aussi de nombreux civils et touristes étrangers.

Même si la sécurité s'est sensiblement améliorée ces dernières années, l'état d'urgence, instauré en novembre 2015, a sans cesse été renouvelé dans le pays.

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Deux candidats anti-système se disent qualifiés pour le second tour de la présidentielle en Tunisie

Deux candidats anti-système se disent qualifiés pour le second tour de la présidentielle en Tunisie
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Chambardement politique en vue à la présidentielle

Des électeurs, faisant la queue pour accomplir leur devoir de citoyen, le dimanche 15 septembre 2015.

Un publicitaire en prison contre un universitaire sans parti politique: les deux premières places de l'élection présidentielle en Tunisie ont été revendiquées par des candidats "anti-système", mais les résultats n'ont pas été confirmés officiellement.

Si le scenario se confirme, il s'agit d'un coup de tonnerre qui sanctionne la classe politique tunisienne au pouvoir depuis la révolution de 2011 et ouvre une période d'immense incertitude dans le pays pionnier du printemps arabe.

Le scrutin, pour lequel s'affrontaient 26 candidats, s'est déroulé sur fond de grave crise sociale et économique, et dans une atmosphère de rejet des élites politiques.

Nabil Karoui, homme d'affaires en prison sous le coup d'une enquête pour blanchiment et fraude fiscale, et Kais Saied, commentateur politique et constitutionnaliste, deux outsiders se présentant comme des candidats "anti-système", ont revendiqué leur qualification dimanche soir, sur la foi de deux sondages d'instituts privés tunisiens.

Mais l'Isie, l'instance des élections, n'a pas donné de chiffres officiels, prévus au plus tard mardi. Elle n'a fourni que la participation, 45,02%, un faible taux au regard des 64% du premier tour de la présidentielle en 2014.

Selon les instituts privés Sigma Conseil et Emrhod, Kais Saied est arrivé en tête avec environ 19% des voix devant Nabil Karoui, crédité de quelque 15% des suffrages. Le candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahda, Abdelfattah Mourou, est donné troisième avec 11 à 12,5% des voix.

Ennahda a souligné que seule l'Isie était habilitée à donner des résultats. "Nos propres résultats diffèrent, mais nous allons attendre d'en être sûrs", a déclaré dimanche soir le député d'Ennahdha Samir Dilou.

Le Premier ministre Youssef Chahed, qui s'annonce comme un des grands perdants du scrutin, s'est inquiété pour sa part de la faible participation, "mauvaise pour la transition démocratique", et a mis en cause la fragmentation de son camp libéral et centriste.

- Scènes de liesse -

Des scènes de liesse se sont déroulées peu après la fermeture des bureaux de vote devant le quartier général de M. Karoui. Sa femme, Salwa Smaoui, a lu une lettre du candidat incarcéré, saluant "un jour exceptionnel pour la démocratie et pour l'histoire du pays".

"Nous espérons qu'il sera libéré demain et qu'il pourra mener campagne de façon équitable", a ajouté Mme Smaoui.

M. Karoui, 56 ans, est derrière les barreaux depuis le 23 août, et la justice a refusé par trois fois ses demandes de libération. Si sa qualification au 2e tour se confirme, il s'agira d'une situation sans précédent dans le monde pour une présidentielle.

Fondateur de la chaîne privée Nessma, taxé de "populiste" par ses détracteurs, il a bâti sa popularité en organisant des opérations caritatives dans les régions défavorisées du pays, abondamment relayées par Nessma.

Autre ambiance du côté du QG de Kais Saied, 61 ans, surnommé "Robocop" en raison de sa diction rigide et de son visage impassible. Réuni avec son équipe de campagne dans un petit appartement du centre de Tunis, M. Saied s'est dit conscient d'avoir "une grande responsabilité". "Je suis le premier du premier tour, et si je suis élu président j'appliquerai mon programme", a-t-il déclaré à l'AFP.

Ce constitutionnaliste très conservateur, connu des Tunisiens pour avoir commenté la scène politique sur les plateaux de télévision depuis la révolution de 2011, n'a aucune structure pour le soutenir et n'avait jamais participé à une campagne électorale. Il a multiplié les déplacements dans le pays au cours des dernières semaines.

- "Où sont les jeunes ?" -

Le scrutin semble notamment avoir été marqué par une désaffection des jeunes, un électorat crucial que le président de l'Isie, Nabil Baffoun, avait exhorté à se rendre aux urnes, dans une déclaration véhémente une heure avant la fin des opérations.

"Mais où sont les jeunes ? Il s'agit de leur patrie, de leur avenir", s'était ainsi énervé un électeur sexagénaire, Adil Toumi, dans un bureau de Tunis.

"C'est le signe d'une désaffection très profonde vis à vis d'une classe politique qui n'a pas répondu aux attentes économiques et sociales", a déclaré à l'AFP le politologue Hamza Meddeb. "Le dégoût de la classe politique semble se traduire par un vote pour des outsiders", a-t-il ajouté.

Les Tunisiens sont avant tout préoccupés par la crise sociale dans un pays sous perfusion du Fonds monétaire international (FMI), où le chômage est de 15% et l'inflation frôle les 7%.

Le scrutin s'est déroulé dans le calme. Des milliers d'observateurs ont été déployés par les partis et des institutions internationales dans les bureaux de vote. Ils n'ont pas fait état d'infractions majeures dimanche soir.

Avec AFP

Election présidentielle tunisienne ce dimanche

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Fin de campagne présidentielle pour un scrutin incertain

Fin de campagne présidentielle pour un scrutin incertain
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Fin de campagne présidentielle mouvementée, un des favoris reste en prison

Vote municipal dans un centre de tri à Ariana, près de Tunis, le 7 mai 2018.

A deux jours du premier tour de l'élection présidentielle en Tunisie, la justice a décidé vendredi de maintenir l'un des favoris du scrutin en prison, ajoutant à la fièvre d'une fin de campagne mouvementée pour les 26 candidats en lice.

Le publicitaire controversé Nabil Karoui, emprisonné depuis le 23 août pour blanchiment d'argent, passera la journée électorale derrière les barreaux de sa prison de la Monarguia, près de Tunis: la cour de Cassation, se déclarant incompétente, a refusé le recours introduit contre son mandat de dépôt, a annoncé son parti Qalb Tounes (Au coeur de la Tunisie).

Si la décision ne constitue pas une surprise, elle pourrait galvaniser les partisans de l'homme d'affaires de 56 ans, qui accuse le pouvoir d'avoir instrumentalisé la justice pour l'écarter de la course et qui s'est qualifié de "prisonnier politique" dans des entretiens à la presse.

M. Karoui, accusé d'être un populiste ou un escroc par ses détracteurs, s'est construit une forte notoriété ces dernières années en organisant des distributions d'aide dans les régions défavorisées tunisiennes, opérations relayées par la chaîne de télévision Nessma, dont il est le fondateur et qui mène campagne tambour battant pour lui.

Derniers meetings

Les autres candidats jetaient vendredi leurs dernières forces dans la bataille, avant une journée de silence électoral samedi.

La célèbre avenue Bourguiba, "les Champs-Elysées de Tunis", doit notamment accueillir trois rendez-vous concurrents: un meeting d'Abdelfattah Mourou, le candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha; un autre organisé par l'équipe de M. Karoui (qui depuis son incarcération mène campagne par le biais de sa famille); et un rassemblement autour du candidat de la gauche radicale Hamma Hammami.

Le Premier ministre Youssef Chahed effectue quant à lui une dernière tournée dans des quartiers de la capitale, tandis que d'autres candidats feront d'ultimes déplacements en région.

Signe de la nervosité et de la fatigue de fin de campagne, le candidat Moncef Marzouki, qui fut le premier président de la Tunisie post-révolutionnaire, a jeté son micro vendredi à la figure d'un journaliste de la chaîne Euronews, selon une vidéo relayée par la presse locale.

Incertitude

Rarement l'issue d'une élection n'aura été aussi incertaine que pour celle de dimanche, en raison du nombre pléthorique de candidats, de l'éclatement des familles politiques comptant plusieurs postulants rivaux et de la difficulté d'identifier des lignes de partage marquées.

Provocant, le Premier ministre libéral Youssef Chahed a lancé jeudi sur la radio Mosaïque que seuls trois partis --le sien, celui de Nabil Karoui et Ennahdha-- comptaient. "Tout le reste n'existe pas sur le terrain", a-t-il lancé.

Pourtant, d'autres candidats peuvent figurer dans le peloton de tête, comme l'avocate anti-islamiste Abir Moussi, le ministre centriste de la Défense Abdelkarim Zbidi, ou encore l'indépendant conservateur au visage impassible Kaïs Saïed, qui a multiplié les déplacements.

"Cette élection est vraiment celle de l'incertitude", résume le politologue Hatem Mrad.

Et il n'est pas sûr que la campagne ait répondu aux préoccupations majeures des Tunisiens: la crise sociale et économique et la cherté de la vie, entre autres, dans un pays où le chômage est de 15% et où l'inflation frôle les 7%.

La lutte antiterroriste, thème longtemps omniprésent dans une Tunisie traumatisée par les attentats de 2015-2016, n'est plus au coeur des débats.

Pour ajouter à la complexité de la scène politique tunisienne, et au risque de semer davantage la confusion chez les électeurs, une campagne se termine et une autre commence.

En effet, celle des législatives du 6 octobre débute vendredi à minuit. Ce qui fait que, même si samedi est une journée de "silence électoral" pour l'élection présidentielle, la politique continuera.

Le calendrier initial prévoyait la présidentielle en décembre, après les législatives, mais la mort du président Béji Caïd Essebsi en juillet a bouleversé les échéances, et les Tunisiens voteront donc pour élire leurs députés entre les deux tours de la présidentielle.

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