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RDC

Le Chef politique des FDLR est mort en Allemagne

Igance Murwanashyaka, le chef policitique des rebelles hutu rwandais des FDLR, à Rome, 31 mars 2005.

Le chef politique de la rébellion hutu rwandaise, accusé d'avoir commis des exactions en RD Congo en 2009, est mort mardi en Allemagne où il était détenu et où il attendait le réexamen de sa condamnation, a indiqué mercredi le tribunal régional de Stuttgart.

Ignace Murwanashyaka est décédé mardi à 55 ans à la clinique universitaire de Mannheim, a indiqué le quotidien allemand Tageszeitung.

Son état de santé s'était brutalement détérioré le 11 avril en détention, a expliqué l'instance stuttgartoise à l'agence de presse allemande dpa en confirmant la mort mais pas le lieu.

Le tribunal a indiqué ne pas disposer d'informations plus précises sur sa maladie ni sur les causes de sa mort en raison du secret médical.

Ignace Murwanashyaka, président (chef politique) des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), avait été arrêté en novembre 2009 en Allemagne où il vivait depuis les années 80.

Il était accusé, aux côtés du vice-président des FDLR Straton Musoni, d'avoir téléguidé depuis l’Allemagne plusieurs attaques dans la région du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le tribunal de Stuttgart avait condamné Murwanashyaka à 13 ans de prison en septembre 2015, à l'issue d'un long et complexe procès, et Musoni à huit ans.

Mais cette condamnation avait été annulée en décembre par la Cour fédérale de Karlsruhe en raison "d'erreurs juridiques en sa faveur comme en sa défaveur" et devait être réexaminée.

M. Murwanashyaka, né en 1963, et M. Musoni, devaient initialement répondre de 26 crimes contre l'humanité et 39 crimes de guerre, commis en 2009, ainsi que de "la direction d'une entreprise terroriste à l'étranger".

Mais la cour avait finalement abandonné les trois quarts des accusations pour se concentrer sur les meurtres, expliquant ne pas vouloir mettre en péril les enfants-soldats recrutés de force et les femmes violées.

Plusieurs rapports d'experts désignaient Ignace Murwanashyaka comme le chef de l'organisation depuis fin 2001, sous le nom de code Mihigo.

Recherché par Kigali et objet de sanctions des Nations unies depuis 2005, il a fait sa vie en Allemagne après ses études.

Les FDLR sont présentes dans l'est de la RDC depuis 1994. Certains de leurs chefs sont accusés d'être responsables du génocide au Rwanda perpétré par le régime hutu extrémiste sur les Tutsis et les Hutus modérés, avant leur renversement par les forces pro-Tutsi de l'actuel président rwandais Paul Kagame.

La RDC a été ravagée par deux guerres régionales (1996-1997 et 1998-2003), entamées dans le Kivu par des rébellions qui se sont élargies, allant jusqu'à impliquer sept pays africains sur le sol congolais, dont le Rwanda.

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Un chef coutumier et 4 civils tués dans deux attaques à Beni

Soldats des FARDC à Paida, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, le 7 décembre 2018.

Un chef traditionnel et quatre civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques dans le territoire de Beni, théâtre de violences permanentes dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris des sources militaire et administrative.

"Nous avons repoussé la nuit une attaque des ADF (Allied Democratic Forces, rebelles musulmans ougandais) à Magboko près d'Oicha. Les combats se sont poursuivis jusqu'à la fuite de l'ennemi que nous poursuivons. Malheureusement, deux civils ont été exécutés", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu (est).

A Eringeti, situé à 30 km de cette première localité attaquée et à 60 km au nord de la ville de Beni, un chef coutumier a été tué avec deux autres civils dont une femme", a indiqué Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

"Si à Magboko, l'incursion des ADF ayant fait deux morts a débuté vers 23 heures, pour le cas d'Eringeti, les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de cet acte", a précis M. Kibwana.

"Les victimes de Magboko ont été tuées à la machette alors que celles d'Eringeti ont été tuées par balles tirées par des éléments en uniformes non encore identifiés", a souligné Teddy Kataliko, l'un des responsables de la société civile du territoire de Beni.

"C'est inconcevable qu'un chef du village soit abattu dans un milieu où l'armée est déployée", a-t-il ajouté.

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Cette appréciation est remise en cause par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Le village de Mukoko déserté à Beni après les massacres (vidéo)
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Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

Le HCR préocupé par l'urgence de la situation

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Deux élus congolais condamnés à 20 et 10 ans de prison pour meurtres

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Un député provincial et un député national ont été condamnés à respectivement 20 et 10 ans de prison dans deux affaires de meurtres cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo, par ailleurs toujours victime de la violence des groupes armés.

Le député provincial de l'Ituri, Didier Boyoko, a été condamné le 16 juillet à 20 ans de prison par un tribunal militaire à Bunia, ont rapporté les médias congolais. Il était poursuivi avec 13 complices pour le meurtre de deux personnes dont un ressortissant chinois.

Le député provincial "figurait parmi les 14 personnes - dont des militaires - poursuivies dans l'attaque contre un convoi d'exploitants d'or chinois, le 17 juin", a rapporté la radio Top Congo.

Son procès avait commencé en public, en plein air, en plein centre de Bunia le 19 juin, avait rapporté l'AFP.

De son côté, le député national Luc Mulimbalimba a été condamné le 18 juillet à dix ans de prison pour le meurtre d'un civil mi-juin par la Haute cour militaire à Bukavu, a rapporté un correspondant de l'AFP présent à l'audience.

L'auteur matériel du crime, un militaire commis à sa garde, a été condamné à perpétuité.

L'impunité des élus et des élites a souvent été dénoncée dans l'est de la République démocratique du Congo, où des dizaines de groupes armés perturbent la vie des civils.

Près de Beni dans la province du Nord-Kivu, trois civils ont été tués jeudi alors qu'ils travaillaient aux champs, ont rapporté vendredi plusieurs sources.

"Ces trois personnes tuées à la machette allaient chercher à manger pour leur famille", a indiqué l'administrateur de territoire de Beni (responsable local), Donat kibwana, à un correspondant de l'AFP.

Les autorités attribuent comme d'habitude ces trois meurtres aux miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont les responsables présumés du massacre de centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Poursuites demandées en Ituri contre les manifestants qui ont exhibé la tête d'une femme décapitée

Areti, 37 ans, du village de Joo (Mahagoi) dans la province de l'Ituri en RDC, s’est réfugiée, avec sa famille, en Ouganda, 12 avril 2018. (Twitter/MSF).

Des poursuites ont été demandées vendredi contre les manifestants qui ont exhibé la tête d'une jeune femme décapitée pour protester contre les tueries de civils en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

La police a dénoncé "la jeunesse iturienne (...) qui se permet de se promener avec les parties d'un cadavre humain", ainsi que les internautes qui publient "les images de cadavres humains sur les réseaux sociaux".

Ces jeunes ont manifesté mercredi après la découverte des corps de cinq civils près de Bunia, le chef-lieu provincial. Trois nouveaux corps ont été retrouvés jeudi.

Ils ont été dispersés par la police, qui a parlé de cinq personnes interpellées.

La photo du manifestant avec la tête d'une victime à la main a été relayée par plusieurs compte congolais sur Twitter.

"Jean Bamanisa (le gouverneur de l'Ituri, NDLR) a raison : ceux qui ont paradé avec la tête décapitée d'une victime des tueries qui se poursuivent en Ituri doivent être poursuivis. C'est contraire à la dignité humaine et c'est aussi terrifiant que le crime lui-même", selon le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). "En même temps, il faut arrêter ces massacres", ajoute Lucha sur Twitter.

Des dizaines de civils ont été massacrés en Ituri depuis le 10 juin et des dizaines de milliers ont pris la fuite.

Début juillet en Ituri, le président Félix Tshisekedi a annoncé que des opérations militaires d'"envergure" avaient pu "amoindrir" les miliciens locaux accusés d'être à l'origine des massacres.

L'armée a affirmé avoir tué 19 miliciens entre mercredi et vendredi dans leur fief de la forêt de Wago. Quatre militaires sont morts pendant les combats, selon l'armée.

Ces tueries ravivent les douloureux souvenirs du conflit entre deux communautés de l'Ituri, les Lendu et les Hema, qui avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003.

Les autorités et les deux communautés évitent de parler d'une reprise du conflit, s'interrogeant sur une "main noire" derrière les tueries dans cette province frontalière de l'Ouganda riche en or et pétrole.

Les Hema s'estiment les principales victimes des tueries avec une autre communauté, les Alur, qui étaient visés, d'après des témoins, par ces derniers massacres avec décapitation.

Violences dans un parc naturel en RDC : un Pygmée tué, 13 rangers blessés

Un jeune gorille de Grauer est aperçu dans le parc national de Kahuzi-Biega, dans le Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 5 novembre 2012.

Un Pygmée a été tué et treize rangers ont été blessés, dont trois grièvement, dans de nouvelles violences autour du parc naturel de Kahuzi Biega, repaire d'une espèce rare de gorilles dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris vendredi auprès de sources du parc.

"Une patrouille d'éco-gardes qui pourchassait deux braconniers est tombée mercredi dans une embuscade tendue par des Pygmées armés de machettes et de flèches", a déclaré à l'AFP Hubert Mulongoy, chargé de la communication du parc de Kahuzi-Biega, gros atout touristique du Sud-Kivu.

"Dans ces accrochages, nous avons enregistré treize blessés parmi les gardes du parc, dont trois grièvement, qui sont dans un état critique. Leur avenir est incertain", a-t-il ajouté. "Parmi les blessés graves, figure un dont les doigts ont été coupés à la machette".

"Le nommé lwaboshi Simba a reçu une balle dans ces accrochages et est mort sur le champ", a pour sa part déclaré à l'AFP Ntavuna Cizungu, représentant de la communauté pygmée riveraine du parc Kahuzi-Biega. Un autre pygmée a été blessé, ajoute-t-il.

"Nous enregistrons depuis quelques jours un regain de tension entre les peuples autochtones (Pygmées) et le parc de Kahuzi Biega", selon ce porte-parole du parc.

La direction du parc avait dénoncé la mort d'un éco-garde nommé Espoir fin avril dans de précédents accrochages, contestant la mort d'un pygmée alors.

Les communautés pygmées contestent leur mise à l'écart du parc de Kahuzi Biega.

La direction du parc les accuse d'être revenus illégalement dans les limites du parc il y a près d'un an, entre août et octobre 2018.

Les Pygmées se livrent depuis à des actes de "déforestation", avait expliqué en juin à deux journalistes dont un de l'AFP le directeur du parc, Dedieu Byaombe Balongelwa.

Certains Pygmées sont eux-mêmes des éco-gardes, avait constaté l'AFP à cette époque.

L'unité des "rangers" concernée par cette attaque est composée d'anciens militaires et policiers, membre d'une Unité de protection des parcs nationaux (PPN) créé par l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), selon une source de cette structure de l'État congolais.

Le parc Kahuzi-Biega abrite 13 familles de gorilles suivies par le parc dont celle de "Bonne année", un mâle que les visiteurs peuvent croiser à quelques kilomètres de l'entrée.

Ces gorilles appartiennent à une sous-espèce appelée les gorilles de plaines orientales (Gorilla beringei graueri), connue également sous le nom gorille de Grauer, indique le site internet du parc.

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