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Un meeting de l'opposition interdit à Kinshasa


Le président Joseph Kabila de la RDC, 3 avril 2017.

Les autorités de Kinshasa ont interdit un meeting de l'opposition programmé pour ce dimanche dans la capitale congolaise, estimant que ce rassemblement pouvait déboucher à des violences meurtrières, une décision qualifiée vendredi d'"antidémocratique" par les organisateurs.

"Je suis au regret de ne pouvoir prendre acte de l'organisation de votre meeting", écrit André Kimbuta, gouverneur de la ville-province de Kinshasa, aux responsables du Rassemblement de l'opposition dans une lettre datée du 31 août, que l'AFP a pu consulter.

L'opposition avait prévu d'organiser cette réunion publique dans l'espace compris entre le Parlement et le plus grand stade de la capitale afin d'exiger que la présidentielle ait lieu d'ici à la fin de l'année et le départ du pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré le 20 décembre 2016.

Ce site "ne remplit pas (la) condition" imposée par la ville qui exige que des réunions politiques se déroulent "dans des endroits fermés", note M. Kimbuta : "J'ai tout lieu de craindre que votre prestation en ces lieux puisse passer pour une provocation".

Selon le gouverneur Kimbuta, la dissidence du Rassemblement conduite par l'actuel Premier ministre Bruno Tshibala avait également informé les autorités urbaines de son intention d'organiser une réunion publique le même jour "à la même heure, au même endroit"

"Cette décision est antidémocratique. Nous la rejetons", a réagi auprès de l'AFP Martin Fayulu, un des dirigeants du Rassemblent, sans préciser si son camp braverait l'interdiction ou non.

M. Tshibala a été désigné au poste du Premier ministre en vertu de l'application controversée de l'accord pouvoir-opposition du 31 décembre 2016. Ce compromis prévoit un scrutin avant fin 2017 pour le départ et la succession du président Kabila, qui ne peut plus se représenter.

M. Kimbuta rappelle par ailleurs que depuis septembre 2016 les manifestations publiques ont été interdites après des violences meurtrières qui avaient éclaté dans la capitale au cours d'une manifestation de l'opposition pour exiger que M. Kabila quitte ses fonctions au terme de son mandat. Une quarantaine de personnes avaient alors été tuées, selon l'ONU.

Depuis, toutes les manifestations contre le pouvoir à Kinshasa sont interdites ou réprimées.

Avec AFP

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