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Madagascar

La commission électorale se défend des accusations de corruption à Madagascar

Les agents de bureaux de vote remplissent des formulaires officiels avant d’envoyer les résultats à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Antananarivo le 7 novembre 2018

Accusé de corruption par des candidats à la présidentielle du 7 novembre, le président de la commission électorale nationale indépendante (CENI), Yves Herinirina Rakotomanana est sorti de son silence samedi et réclamé des preuves à ses accusateurs.

"J'appelle tous ceux qui nous accusent d'avoir reçu de l'argent d'en apporter la preuve", a-t-il déclaré devant la presse et en présence d’autres membres du bureau de la CENI.

Madagascar, grande île pauvre de l'océan Indien, est régulièrement déstabilisée par des crises politiques et post-électorales depuis son indépendance de la France en 1960.

Vendredi, le directeur de campagne du candidat Marc Ravalomanana, Anisoa Tseheno Rabenja avait déclaré devant la presse: "Nos agents sur le terrain ont signalé de la circulation d'argent pour la CENI, la radio et télévision nationale".

Il a également mis en garde contre toute tentative de fraude. "Nous mettons en garde toute personne ou institution, qui gèrent cette élection pour toute tentative de hold up électorale", a-t-il dit.

Samedi, la comptabilisation des voix du scrutin de mercredi se poursuivait au compte-gouttes.

Selon des résultats très provisoires de la CENI, qui portent sur 3.663 des quelque 25.000 bureaux de vote, la course se joue entre deux anciens présidents: Andry Rajoelina qui arrive en tête (40,90%), devant Marc Ravalomanana (39,09%).

Hery Rajaonarimampianina, un autre ex-chef de l'Etat, est très loin derrière (5,75%).

Jeudi, ce dernier, qui a dirigé le pays de 2014 à septembre 2018, a dénoncé de "nombreuses irrégularités de vote" et indiqué qu'il les transmettrait à la Ceni. Mais il a prévenu qu'il ne laisserait "pas la population se voir dérober son vote".

Les observateurs de l'Union européenne (UE) et de l'Union africaine (UA) ont insisté vendredi pour que les réclamations se fassent "uniquement" par la voie légale.

Madagascar est l'un des pays les plus pauvres au monde. Les trois-quarts de ses 25 millions d'habitants vivent avec moins de 1,9 dollar par jour.

La campagne, calme, a été marquée par une débauche de moyens de la part des trois anciens présidents qui ont promis de lutter contre la pauvreté.

Marc Ravalomanana, 68 ans, et Andry Rajoelina, 44 ans, sont de richissimes hommes d'affaires.

Les deux hommes étaient aussi les principaux protagonistes de la crise sanglante de 2009, qui avait fait une centaine de morts et s'était soldée par la démission de M. Ravalomanana, lâché par l'armée.

L'opposant Andry Rajoelina s'était alors vu confier les rênes du pouvoir jusqu'en 2014, un "coup d'Etat" selon la communauté internationale.

C'est la première fois que les deux hommes s'affrontent dans les urnes, après avoir été interdits de se présenter à l'élection organisée fin 2013 afin de tenter d'apaiser la situation politique.

Mercredi soir, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina s'étaient tous deux dits confiants dans leur victoire.

Avec AFP

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CAF: la commission d'éthique de la Fifa suspend Ahmad Ahmad

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Le président de la CAF Ahmad Ahmad atteint du coronavirus

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad, lors d'une conférence de presse à Accra , Ghana, le 30 novembre 2018.

Ahmad Ahmad, le président de la Confédération africaine de football (CAF), a annoncé vendredi sur Twitter être atteint du Covid-19.

"Ce matin, j’ai été testé positif #COVID19. J’ai de légers symptômes, mais je vais bien. Toutes les personnes côtoyées ont été prévenues. Pour l’instant à l’isolement et pour au moins 14 jours. Prenez soin de vous et des votres", a tweeté le responsable.

Jeudi, la confédération annonçait le report sine die de la demi-finale retour ainsi que la finale de la Ligue des champions d'Afrique, prévue le 6 novembre après avoir déjà été repoussée. De nombreux joueurs, en particulier du club marocain Raja Casablanca, avaient été contaminés.

Parallèlement, M. Ahmad, personnalité controversée, accusée de corruption et de harcèlement, a annoncé mercredi qu'il allait briguer un deuxième mandat à la tête de l'instance africaine, malgré des critiques notamment sur sa gestion financière.

La CAF doit tenir le 12 mars 2021 son Assemblée générale élective chargée de désigner un président.

Le Malgache Ahmad Ahmad candidat à un deuxième mandat à la tête de la CAF

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad, lors d'une conférence de presse à Accra, Ghana, le 30 novembre 2018. (Photo by CRISTINA ALDEHUELA / AFP)

Le président malgache de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmad a annoncé mercredi qu'il allait briguer un deuxième mandat à la tête de l'instance africaine, malgré des critiques notamment sur sa gestion financière.

"La @caf_online_FR a beaucoup changé depuis 4 ans. Je suis fier du travail accompli par mon équipe. Qu'elle soit remerciée, ainsi que les soutiens du #football en #Afrique et au-delà. Après réflexion et consultation, j'ai décidé de me représenter", a-t-il annoncé sur Twitter.

La CAF doit tenir le 12 mars 2021 son Assemblée générale élective chargée de désigner un président.

Cette annonce intervient dans un contexte de défiance entre la CAF et le patron de la Fifa Gianni Infantino dont la tutelle a été rejetée par M. Ahmad en février.

A l'été 2019, le président Ahmad avait demandé l'aide de la Fifa pour superviser son organisation, fragilisée par plusieurs polémiques et des problèmes de gouvernance.

La N.2 de la Fifa Fatma Samoura avait notamment effectué un mandat de six mois. Mais celui-ci, qui visait à accélérer le processus de réforme au sein de l'instance, n'avait pas été renouvelé début février 2020.

Outre les problèmes de gouvernance, M. Ahmad a dû faire face à des accusations de corruption.

En juin 2019 à Paris, le président de la CAF avait été interpellé et placé en garde à vue pour des soupçons de corruption par l'Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff). Il était ressorti libre et sans poursuites de sa garde à vue quelques heures après son interpellation.

Cet épisode avait écorné davantage l'image de l'institution et de son président déjà controversé.

En avril 2019, le secrétaire général de l'instance Amr Fahmy avait été licencié. Ce dernier avait envoyé une lettre à la Fifa dans laquelle il accusait M. Ahmad, de corruption - paiement de pots-de-vin à plusieurs dirigeants, usage personnel de fonds de la CAF - et de harcèlement sexuel à l'encontre de plusieurs salariées de la Confédération.

M. Fahmy avait déposé une plainte devant la justice interne de la Fifa contre la CAFqui a abouti à l'ouverture d'une enquête pour "mauvaise gestion".

L'opposant malgache Harry Laurent Rahajason écope de 44 mois de prison ferme

Des membres du ministère de la justice malgache, lors d'une cérémonie à Antananarivo. (Ministère de la Justice de Madagascar)

Un opposant malgache, ancien ministre, a été condamné jeudi à trois ans de prison pour complicité de manifestation non autorisée en juillet, autour de critiques contre la tisane présentée par l'actuel président comme un remède anti-coronavirus.

Harry Laurent Rahajason, ministre de la Communication de l'ex-président Hery Rajaonarimampianona (2014-2018), "a été condamné à 44 mois de prison ferme" par la justice malgache, notamment pour trouble à l'ordre public et incitation à la haine contre le gouvernement, a déclaré à l'AFP son avocat, Eric Rafidison.

Le 13 juillet, deux jeunes avaient déroulé une banderole sur une route fréquentée de la capitale, réclamant la libération du militant fondateur de leur association estudiantine, incarcéré en juin pour avoir critiqué sur Facebook la tisane Covid Organics, présentée comme un remède au Covid-19 par Andry Rajoelina.

Interpellés et interrogés, ils auraient désigné Harry Laurent Rahajason, arrêté trois jours plus tard, comme leur instigateur.

Mercredi à l'audience, l'ex-ministre aux cheveux blancs, visiblement affaibli après trois mois de détention provisoire, a déclaré ne pas connaître les manifestants: "je n'ai aucun lien ni avec eux, ni avec" leur patron.

"Je suis journaliste. J'ai deux stations de radio (...) Pourquoi aujourd'hui, je paierais des jeunes pour demander la libération d'une personne que je ne connais même pas?", a-t-il plaidé.

Depuis l'arrivée au pouvoir d'Andry Rajoelina en 2019, Harry Laurent Rahajason s'est montré discret, limitant ses apparitions médiatiques.

A l'audience, le ministère public s'était interrogé sur la possibilité que l'un des étudiants ait été payé pour impliquer M. Rahajason, avant de finalement demander la peine maximale.

L'ex-ministre est le troisième membre de l'opposition incarcéré, après deux conseillers de l'ancien président Rajaonarimampianina.

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